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Ça coûte un peu

L'amitié commence par l'argent : les associations de médecins AMMD et MSH (Médecins salariés du secteur hospitalier) ont annoncé mercredi soir leur collaboration. Auparavant, l'assemblée générale annuelle de l'AMMD…

Article paru dans Édition décembre 2025
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L’amitié commence par l’argent : les associations de médecins AMMD et MSH (Médecins salariés du secteur hospitalier) ont annoncé mercredi soir leur collaboration. Auparavant, l’assemblée générale annuelle de l’AMMD avait adopté trois motions : les tarifs médicaux doivent être indexés sur la valeur-point de la fonction publique ; ils ne doivent jamais pouvoir être revus à la baisse ; un audit réalisé par des experts doit évaluer l’efficacité des hôpitaux.

La présidente de la MSH, Monique Reiff, était présente à l’assemblée de l’AMMD et a remercié devant la presse le président de l’AMMD, Chris Roller, d’avoir permis à la MSH d’envoyer un « observateur » aux négociations avec la CNS concernant les conventions pour les médecins et les dentistes. « Il ne fait aucun doute » que l’AMMD est l’association représentative au niveau national.

Ces motions relèvent davantage de la politique que de la CNS. Jusqu’à la crise de l’acier des années 80, les tarifs médicaux étaient indexés sur la valeur du point. En 1982, cet indexage a été supprimé, tout comme l’indexation des tarifs, qui ont par ailleurs été réduits de 10 %. L’AMMD a dû attendre vingt ans avant que la coalition Juncker-Polfer ne fasse augmenter les tarifs de 6,67 % et ne réintroduise l’indexation. Avec la CNS, il semble qu’il soit aujourd’hui également question d’argent ; l’AMMD a évoqué les « convenances personnelles » et le supplément de 1re classe à l’hôpital. Ces deux points avaient déjà fait l’objet des dernières négociations avec la CNS, qui avaient échoué il y a onze ans. L’AMMD souhaitait une augmentation de deux à trois fois supérieure en 1re classe et un CP8, tel qu’il peut être calculé en médecine dentaire « avec tact et mesure », également applicable à la médecine en général : afin de pouvoir proposer « ce pour quoi il n’existe pas encore de tarif » ; cette argumentation était similaire à celle avancée avant que l’AMMD ne résilie, fin octobre, les conventions avec la CNS.

L’alliance AMMD-MSH sur la question financière n’est pas surprenante : que ce soit à l’hôpital ou en dehors, les tarifs médicaux sont les mêmes. Au CHL, où les médecins sont salariés, il faut ajouter que le budget médical commun sert non seulement à payer les salaires des médecins, mais aussi à financer les secrétariats des cabinets que les médecins du CHL gèrent au sein même de l’établissement. Ce qui indique que les revendications financières de l’AMMD, avec lesquelles Monique Reiff s’est déclarée « tout à fait d’accord », constituent non seulement des provocations, mais aussi un signal d’alarme pour l’ensemble du système de santé. Quiconque souhaite améliorer la prise en charge devrait commencer par s’attaquer à la médecine hospitalière. Un audit d’efficacité constituerait peut-être un pas dans cette direction. Il reste à voir dans quelle mesure l’AMMD et la MSH sont sur la même longueur d’onde à ce sujet. Ensemble, Roller et Reiff ont toutefois adressé un « message aux responsables politiques » soulignant que le progrès médical « a un coût ». Roller a déclaré que l’AMMD souhaitait s’entretenir non seulement avec la ministre Martine Deprez, mais aussi avec « M. Frieden ». À la question de savoir s’ils avaient formé un « front syndical », Reiff et Roller ont réagi avec bonne humeur.