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Que des mauvaises nouvelles

Comme si quelqu'un avait tiré le bouchon, les mauvaises nouvelles se succèdent depuis une semaine autour de la CMCM, la Caisse médico-complémentaire mutualiste. Alors qu’elles portaient dans un premier temps sur les…

Article paru dans Édition mars 2024
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Comme si quelqu’un avait tiré le bouchon, les mauvaises nouvelles se succèdent depuis une semaine autour de la CMCM, la Caisse médico-complémentaire mutualiste. Alors qu’elles portaient dans un premier temps sur les circonstances, laissant présager des intrigues, dans lesquelles le président du conseil d’administration de la CMCM, André Heinen, a été démis de ses fonctions, les accusations à l’encontre du directeur général Fabio Secci se sont ensuite multipliées : Cet ancien cadre d’UBS, qui avait pris la tête de la caisse mutualiste en 2015, s’était déjà vu attribuer, il y a deux ans, des collègues directeurs au sein d’un « comité » chargé de le seconder. Cette mesure visait à « encadrer » M. Secci, selon un informateur anonyme qui, depuis lundi, sous le pseudonyme « E besuergte Mutualist », transmet des informations internes de la CMCM à certains médias, dont le journal « Land » : des e-mails qui laissent supposer une gestion maladroite du personnel par Secci pendant la crise du Covid, ou encore un rapport de la commission des finances du conseil d’administration du CMCM datant de janvier 2023 : Celui-ci conclut : « il convient de constater que le système de rémunération mis en place présente un caractère amateuriste qui risque d’aboutir à des abus voire renferme en lui un risque de fraude fiscale (aggravée ?) ». Il semble toutefois que cette commission n’ait pas enquêté uniquement sur le directeur général et les avantages qui lui ont été accordés, mais aussi sur les avantages accordés à l’ensemble de la direction.

Un article paru mercredi dans le journal *Das Wort* a apporté un nouvel éclairage sur cette affaire : les assureurs privés DKV/Lalux, Foyer et Axa auraient, apparemment depuis des années, introduit des recours devant le tribunal administratif contre les décisions du ministère des Affaires sociales, qui a toujours jugé les activités de la CMCM conformes à son agrément public. Ces recours remettent en cause le modèle économique de la CMCM qui, sous la direction de Secci, a en effet été orienté vers une concurrence avec les assureurs privés. C’était et cela reste risqué : en tant que caisse de mutualité, la CMCM bénéficie d’un statut particulier. Une loi, dont le projet avait été élaboré en 2018 par Romain Schneider, alors ministre des Affaires sociales du LSAP, visait à moderniser la base juridique vieille de 50 ans, mais était avant tout destinée à la caisse complémentaire de maladie, qui compte 280 000 membres (d’Land, 2 février 2018). Elle l’exempte des règles européennes de solvabilité auxquelles sont soumis les assureurs privés. À condition que la CMCM ne fasse pas obstacle à ces règles. Or, selon les trois assureurs et l’association professionnelle Aca, c’est bien le cas.

Alors que jusqu’à présent, seul le « Mutualiste inquiet » affirmait que des « copains » au ministère des Affaires sociales protégeaient Fabio Secci, membre du LSAP, l’affaire a définitivement pris une dimension politique avec la révélation des plaintes déposées par les assureurs. À la demande des Verts, la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Martine Deprez (CSV), s’exprimera le 20 mars devant la commission parlementaire compétente au sujet de la CMCM.