La mendicité contre les sanctions
Lundi, lors d’une réunion des 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE, Xavier Bettel (photo : sb) a empêché l’adoption d’un ensemble de sanctions à l’encontre d’officiers rwandais et de la milice M23. Ces derniers occupent actuellement des territoires dans l’est du Congo et ont tué à ce jour environ 7 000 personnes. Dans un communiqué de presse, Xavier Bettel explique qu’il faut attendre « les résultats des efforts de médiation africains » « avant de mettre en œuvre des sanctions ». Déi Lénk a vivement critiqué cette décision dans un communiqué de presse. Les Pirates et déi Gréng ont déposé des questions parlementaires afin d’en savoir plus sur les relations entre le Rwanda et le Luxembourg. SM
Une question d’honneur
Flavio Becca, homme d’affaires et investisseur immobilier, a perdu vendredi dernier son procès contre RTL en première instance. Il avait poursuivi la chaîne dans le cadre de l’« affaire Aurena » pour atteinte présumée à sa réputation. Eric Ewald, alors journaliste chez RTL, avait expliqué dans un article les événements liés aux projets commerciaux prévus à Wickringen/Livingen et avait évoqué l’affaire de corruption concernant les montres de luxe. Dans ce qui constitue la plus importante action en justice de type « SLAPP » (stratégie de poursuite abusive visant à intimider les opposants) jamais intentée en Allemagne, Becca avait réclamé un total de 365 000 euros de dommages-intérêts. Dans leur jugement, les juges indiquent que les soupçons de blanchiment d’argent étaient connus depuis longtemps dans la presse et que Flavio Becca, bien qu’il ne soit « pas une star de cinéma », doit néanmoins être considéré comme une personnalité publique. Le grand public aurait donc un intérêt légitime à obtenir des informations sur ces affaires. Les juges considèrent la plainte de l’homme d’affaires comme une tentative d’intimidation et de menace « avec pour but de lui accorder un traitement préférentiel au vu (…) des autres procédures judiciaires en cours ». Becca doit verser 1 000 euros au journaliste au titre des frais d’avocat. On ignore encore si le plaignant fera appel. sp
Loi SpaceLU
Dans le dernier numéro de la revue « Blätter für Politik », l’historienne et journaliste Jennifer Stange aborde la question de la privatisation de l’espace. En 2017, le Luxembourg a été le deuxième État, après les États-Unis sous Obama, à adopter une loi autorisant les entreprises à exploiter les ressources spatiales. Depuis lors, le Grand-Duché serait devenu un « port d’attache de l’économie spatiale et de ses organisations de lobbying
». Des juristes tels que Stephan Hobe, de l’ université de Cologne, font valoir qu’il n’existe toutefois « aucun accord international légitimant les activités des acteurs privés dans l’espace ». En effet, l’ONU a négocié dans les années 1960 un traité sur l’espace dans lequel les zones extraterrestres ont été définies comme un bien commun. Au Centre luxembourgeois de droit européen, on voit les choses différemment : son juriste Günes Ünüvar estime qu’il n’est pas « réaliste » d’« interdire aux entreprises privées d’exploiter ou de posséder des ressources spatiales ». Il souligne que le Traité sur l’espace ne se prononce pas sur les entreprises privées. Peut-être parce qu’il y a 65 ans, on ne pouvait encore imaginer des entrepreneurs privés souhaitant se rendre sur Mars. Sous le premier gouvernement Trump, un décret avait déjà été promulgué, selon lequel l’espace n’est plus considéré comme un « bien commun mondial » (et n’a pas été révisé par les démocrates jusqu’en 2025). SM
Inacceptable
« Il est absolument inacceptable que les mesures compensatoires proposées par le ministère de l’Environnement ne reposent sur aucune base technique », a déclaré Blanche Weber, présidente de Méco, lors d’une conférence de presse consacrée à la réforme de la législation sur la protection de la nature, mercredi matin, dans la salle de réunion. « Méi a méi seier bauen » : telle est la devise du gouvernement DP-CSV et la justification de sa réforme de la loi sur la protection de la nature. En réalité, l’idée de s’attaquer « de manière globale » à de grands projets de compensation écologique serait louable, mais le ministère dirigé par Serge Wilmes (CSV) avance à l’aveuglette : Il n’existe aucun inventaire de la biodiversité présente sur les parcelles constructibles – on ne sait donc pas si et comment les espèces particulièrement dignes de protection seront préservées. Or, selon la législation européenne, il faut garantir un recensement à long terme des espèces rares, telles que notamment le muscardin, le grand-duc, les espèces d’orchidées indigènes et la fougère royale. « Même les arbres pionniers ne sont plus protégés dans les zones urbaines dans le projet de loi actuel », déclare Claire Wolff, responsable de la biodiversité au Méco. Si le ministère ne remédie pas à cette situation, le Méco compte saisir la Cour de justice de l’Union européenne. Blanche Weber a par ailleurs regretté que l’on insinue souvent que la loi sur la protection de la nature freine les projets de construction. « Mais les communes sont confrontées à d’autres défis ; elles craignent par exemple les coûts induits par la croissance démographique. De plus, cinq à dix pour cent de tous les logements sont inoccupés », a déclaré la présidente du Méco. SM
Retour au corps
Le ministre libéral de l’Éducation, Claude Meisch (photo : sb), a présenté, dans le cadre de la campagne « Screen-Life-Balance », des activités « hors écran » visant à réduire le temps passé devant les écrans par les jeunes. Ces activités s’adressent aux enfants âgés de zéro à douze ans : Les crèches (« Bëschcrèchen ») doivent être développées et rendues plus attractives ; dans les Maisons Relais, l’activité physique quotidienne doit être renforcée dès la rentrée 25/26 ; de son côté, la LASEP souhaite élargir son offre et proposer deux cours de ce type chaque jour. Les structures d’accueil bénéficieront d’injections financières pour investir dans des jeux de société (ludothèques), et les éducateurs et éducatrices recevront une formation plus approfondie sur la manière d’intégrer judicieusement les médias numériques dans le quotidien des enfants et des adolescents. Les élèves de septième, sixième et cinquième bénéficieront progressivement de trois heures d’éducation physique par semaine au lieu de deux. Le SNJ développe par ailleurs ses colonies de vacances axées sur le sport. sp
Protection du patrimoine
Paul Ewen, président de la Fédération luxembourgeoise pour la protection du patrimoine, est neuropsychologue de profession et non psychothérapeute, contrairement à ce qu’indiquait l’article « Graue Energie » paru dans l’édition du 21 février. Les « 180 000 logements » également mentionnés dans cet article ne sont pas une estimation de M. Ewen, mais celle de l’Institut national pour le patrimoine architectural. C’est d’ailleurs l’INPA qui recommande de classer 21 038 bâtiments (et non 21 000 logements) dans les PAG communaux en tant que « constructions à conserver ».