La réputation de l’école située rue du Commerce à Stater la précède : trafic de drogue devant la porte, prostituées au coin de la rue. Quelques rues plus loin, dans la partie privilégiée du quartier, se trouve la petite école Michel-Welter. Toutes deux font partie de l’École Gare. Depuis des années, la question de savoir quels enfants fréquentent quelle école fait l’objet de controverses. Le podcast « Schlechte Schüler » (Mauvais élèves) de la station 100,7 illustre, à travers cet exemple, comment les parents aisés influencent les décisions. En effet, alors que l’école Michel-Welter compte 55 élèves et accueille les enfants issus des familles résidant dans les élégantes maisons de maître, l’école de la rue du Commerce est considérée comme le foyer de la précarité sociale. En matière d’interventions auprès des enfants en difficulté, elle occupe l’une des premières places de la capitale. Il peut s’agir d’actes de violence physique ou psychologique, de difficultés d’apprentissage ou d’autres problèmes nécessitant une intervention. L’indice social de l’École Gare est le plus bas de toute la ville. Les responsables politiques n’ont pas intérêt à disséquer davantage ces différences évidentes à l’aide de chiffres.
Le 16 mai, Paul Galles, conseiller scolaire du CSV, a déclaré sur la radio 100,7 que l’école Welter fermerait ses portes à la fin de cette année scolaire. Il a précisé qu’il ne souhaitait pas monter les écoles les unes contre les autres et a affirmé que l’orientation vers le secondaire était la même dans les deux établissements. Une demande concernant l’orientation vers le secondaire est restée sans réponse à l’heure de la clôture de la rédaction. Paul Galles a justifié cette fermeture par un gaspillage de ressources dans un quartier qui a pourtant un besoin urgent de ressources supplémentaires. Il regrette que les discussions de ces dernières années n’aient pas toujours été menées de manière objective, mais aient souvent pris une tournure émotionnelle. Il compte présenter cette fusion aux parents la semaine prochaine lors d’une journée portes ouvertes, avec un « buffet international convivial » et une exposition de l’artiste Letizia Romanini. Ce sera une « école vraiment cool ».
Jean-Marc Cloos, psychiatre, directeur médical du CHDN et représentant des parents d’élèves, considère la décision de fusionner les écoles comme un coup de force du comité de l’École Gare. Il s’est opposé pendant des années à cette fusion ; ses deux fils ont fréquenté l’école Welter. Sa position reflète celle des représentants des parents, explique-t-il dans un entretien accordé au Land. D’autres propositions avaient été avancées, comme celle de faire venir les élèves de la Commerce à la Welter. Ou encore celle de transférer l’intégralité du Cycle 4 à la Welter, ce qui aurait permis d’utiliser la maison des jeunes située en face. L’école doit se doter de moyens bien plus importants pour répondre aux besoins de ses élèves, affirme-t-il. Ses opinions ne sont pas en phase avec celles de son parti, les Verts : ceux-ci prônent la solidarité. Le ministère de l’Éducation précise quant à lui qu’il n’est pas question de lier davantage la répartition des ressources aux résultats scolaires. Toutefois, il est envisagé de mettre à la disposition des écoles à faible statut socio-économique un enseignant spécialisé supplémentaire pour les élèves ayant des besoins spécifiques (I-EBS). L’avenir du bâtiment Michel-Welter reste incertain. À long terme, un tout nouveau bâtiment est prévu pour les élèves de Gar, un « centre éducatif participatif » situé à l’angle des rues Glesener et Adolphe Fischer.