Lundi soir, RTL a annoncé : « Le diesel va bientôt coûter 12 centimes de plus. » Trois jours auparavant, le gouvernement iranien avait déclaré que le détroit d’Ormuz était désormais « ouvert » et Donald Trump avait écrit : « THANK YOU ! » La baisse des cours du pétrole brut qui s’en est suivie s’est répercutée dans les stations-service. Mais comme on le sait, le détroit est à nouveau fermé et les cours du pétrole ont recommencé à grimper. La première conséquence en est la hausse du prix du diesel de quatre centimes par litre par rapport à hier, jeudi, et celle du fioul domestique de 4,1 centimes.
Douze centimes de plus ou de moins, cela fait une grande différence pour tous ceux qui paient cette taxe. La différence était encore plus marquée lorsque le prix du diesel a grimpé de 16 centimes entre le 3 et le 4 avril. Si l’on exclut les 17 % de TVA, cela revenait à augmenter d’un seul coup la taxe sur le CO2 de onze tranches annuelles. En réalité, elle reste fixée à 45 euros par tonne de CO2 pour cette année. Chaque augmentation annuelle de cinq euros se répercute sur le carburant et le fioul à hauteur de 1,1 à 1,2 centime hors TVA par litre.
Face à ces flambées des prix, dont on ne voit pas encore la fin, il est étonnant que le gouvernement ne mène pas une campagne offensive en faveur de l’efficacité énergétique. Lorsque le Premier ministre Luc Frieden a annoncé mercredi, lors d’une conférence de presse, la convocation d’une réunion tripartite spécialement consacrée à la crise énergétique, il a mentionné tout à la fin, comme pour ajouter « ce que je voulais encore dire », que « c’est aussi le moment où chacun doit se demander comment consommer moins d’énergie ». Le gouvernement souhaite que cela se fasse « sur une base volontaire ».
Mais c’est justement lorsque le principe du volontariat doit s’appliquer qu’une campagne de communication serait, dans les circonstances actuelles, pour le moins indiquée. Une campagne qui démontrerait dans quelle mesure le remplacement d’un chauffage au fioul par une pompe à chaleur électrique est rentable. Ou qui mettrait en évidence les avantages financiers d’une voiture électrique par rapport à un véhicule à moteur thermique de taille comparable, en tenant compte non seulement de la prime à l’achat, mais aussi des coûts d’entretien et de réparation moins élevés. La Fondation Idea, rattachée à la Chambre de commerce – qui n’est pas tout à fait étrangère au Premier ministre –, avait évoqué début décembre ce qu’elle considérait comme le « minimum syndical » pour promouvoir davantage la mobilité électrique.
La présentation, vendredi dernier, du plan social pour le climat par Serge Wilmes, ministre de l’Environnement du CSV, et Lex Delles, ministre de l’Énergie du DP, aurait également pu être l’occasion de donner un coup de pouce supplémentaire à la « transition énergétique » face à la crise. Ce plan comprend 45 mesures destinées en premier lieu aux ménages à faibles revenus – un « leasing social » de voitures électriques, par exemple, ou des systèmes d’incitation à la rénovation énergétique pour les propriétaires ayant des locataires, afin de protéger ces derniers contre les prix élevés du fioul et du gaz. Par exemple. De nouvelles orientations politiques ont ainsi été annoncées.
Si Wilmes et Delles n’ont pas saisi cette occasion pour lancer une offensive face à la crise, c’est peut-être parce que de nombreux aspects doivent encore être « étudiés » en détail, comme ne le cache pas le plan social pour le climat. Mais celui-ci ne cache pas non plus qu’aucune mesure n’a encore été inscrite au budget. Cela doit se faire année après année dans le cadre de la procédure budgétaire nationale.
Mais ces nouvelles mesures pourraient alors se heurter à des problèmes de financement. La taxe sur le CO₂ ne devrait plus s’appliquer à partir de 2028. Le Luxembourg souhaite alors adhérer au système européen d’échange de quotas d’émission pour les carburants et combustibles fossiles utilisés dans les transports et le bâtiment. Cela donnera lieu à un prix du CO₂ à l’échelle de l’UE. Une chose est d’ores et déjà claire : le Luxembourg ne recevra que neuf millions d’euros par an d’un fonds européen à des fins sociales, du moins jusqu’en 2032. La taxe carbone, dont la moitié est automatiquement affectée à des fins « sociales », rapporte dix fois plus. Par conséquent, le Trésor public devra apporter une contribution importante, ne serait-ce que pour le crédit d’impôt carbone destiné aux personnes à faibles revenus, et encore davantage pour les mesures d’efficacité énergétique. Le nouveau système d’échange de quotas d’émission rapportera peut-être beaucoup d’argent, mais personne ne peut dire combien. Le gouvernement souhaite maintenir le système d’accises sur les carburants avec le différentiel par rapport aux pays voisins, ce qui permet de tirer profit du tourisme à la pompe, ou de ce qu’il en reste. On peut toutefois se demander combien cela rapportera. Si ce n’est peut-être pas dès 2028, mais progressivement, les prix pourraient atteindre des niveaux aussi élevés qu’actuellement en raison du détroit d’Ormuz, toujours bloqué.