La semaine dernière, le conseil municipal de Bissener a approuvé un accord avec la société LB Technology Google S.à r.l.. Sept conseillers de la majorité ont voté en faveur de cet accord. L’opposition du CSV s’est abstenue. Un chemin de terre, une conduite d’eau potable, une canalisation d’eaux usées et quatre regards vides doivent être déviés. Cela permettra à la société américaine Google de construire un centre de données sur le Busbierg.
Le PDG de Google, Sundar Pichai, était assis aux côtés de la famille Trump, entre Elon Musk et Jeff Bezos, lorsque Donald Trump a prêté serment lundi à Washington. Trump a recueilli 77,3 millions de voix en novembre. C’est un capital politique. Google, Tesla, SpaceX, Amazon, Apple et Facebook ont pris part à l’aventure. Des investisseurs en capital-risque et des acteurs du secteur des cryptomonnaies participent également à « The Second Coming ».
Le capital high-tech et le capital financier investissent dans Donald Trump. Sa base électorale est censée légitimer démocratiquement leur modèle économique : l’accumulation illimitée du capital. Il doit éliminer les derniers obstacles : lois, impôts, syndicats, démocratie, environnement.
L’État et le capital ne font plus qu’un. La corruption devient superflue. Le gouvernement de Trump compte plus d’une douzaine de milliardaires. Au nom des gens opprimés, ils promettent la violence effrénée du marché, la loi du plus fort. Aux États-Unis, partout dans le monde, sur Mars.
Son prédécesseur, Ronald Reagan, faisait la distinction entre le royaume du mal et celui du bien. Il n’y avait pas que le LSAP et le CSV de Bissen à le croire. Aujourd’hui, la Russie et les États-Unis sont tous deux dirigés par des autocrates et des oligarques. Les oligarques de Vladimir Poutine s’enrichissent grâce aux combustibles. Les oligarques de Donald Trump s’enrichissent grâce à l’électronique. Poutine a fait envahir l’Ukraine. Trump menace d’annexer le Canada, le Groenland et le Panama. Poutine a financé Marine Le Pen. Trump invite Giorgia Meloni. Les jambes écartées, l’un promet de redonner sa grandeur à la Russie, l’autre aux États-Unis. Le désarroi gagne du terrain : « nos amis américains » et nos libérateurs ne se distinguent plus de l’« ennemi » russe. L’Europe de von der Leyen, de Meloni, d’Orbán et de Macron n’est guère rassurante. À qui peut-on encore faire confiance ?
La promesse de démocratie du capitalisme a toujours été sélective. Aujourd’hui, il y renonce. Il la remplace par une promesse de salut technocratique : « Ce sont justement toutes ces nouvelles avancées en matière d’intelligence artificielle qui pourraient nous aider à relever ces grands défis. Nous voulons tous y arriver, mais surtout y arriver ensemble. Le changement climatique et le réchauffement de la Terre, nous pourrons peut-être, grâce à l’IA, commencer à les maîtriser. Sauver des vies humaines, car les systèmes peuvent anticiper les catastrophes. Pour ensuite, peut-être plus tard, mieux y faire face. » s’est enthousiasmée Corinne Cahen, rapporteure du budget, au Parlement (17 décembre 2024).
« IA » est le mot-clé qui désigne la privatisation totale et la commercialisation du système de santé, de l’éducation et de la lutte contre le changement climatique. Un « cloud » à Bissen pourrait calculer la rentabilité en temps réel.
« C’est pourquoi nous présenterons également une nouvelle stratégie en matière d’IA au cours des prochains mois », a souligné Luc Frieden lors de son interview du Nouvel An. « Oui, l’IA est un domaine dans lequel le Luxembourg doit également jouer un rôle » (RTL, 1er janvier 2025).
Le capital high-tech s’allie aux semi-fascistes et aux fascistes purs et durs. Donald Trump relance la chasse aux plus démunis. La mondialisation se fracture en blocs économiques hostiles. Prêts pour des guerres économiques, des guerres froides et des guerres chaudes. Le LSAP, déi Gréng et le DP ont déjà doublé les dépenses d’armement.
C’est sous la pluie d’argent du néolibéralisme que le paradis fiscal s’est épanoui. Google, Apple, Tesla et Amazon veulent, avec l’aide de Donald Trump, transformer le monde en un seul et même paradis fiscal. Peut-être alors renonceront-ils à leurs petits paradis fiscaux de longue date.