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Politique européenne et internationale 16 min de lecture

Un tournant historique

En subventionnant le réseau de gaz et en stabilisant le prix de l'électricité, le gouvernement entend alléger la charge qui pèse sur les ménages tout en freinant l'inflation, afin de retarder l'ajustement automatique des salaires. Reste à voir si cette stratégie s'avérera payante sur les plans économique et politique.

Article paru dans Édition mars 2022
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Énergies de la paix « La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a été au cœur des discussions entre le chancelier fédéral Olaf Scholz et le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel à Berlin. Les deux pays s’accordent à dire que cette violation flagrante du droit international marque un tournant pour l’Europe et le monde occidental », a indiqué mardi le service de presse du gouvernement fédéral (le gouvernement luxembourgeois a utilisé dans son propre communiqué son expression favorite, « changement de paradigme »). Le chancelier social-démocrate Scholz avait déjà évoqué dimanche, lors de son discours au Bundestag, de manière solennelle un « tournant historique », et le ministre de l’Économie socialiste Franz Fayot s’est rallié à cette expression mercredi dans une interview. La crise ukrainienne aurait renforcé la cohésion de l’UE et accru l’importance de l’OTAN. Dès le début de la pandémie, l’Europe avait compris qu’elle devait
, afin de retrouver une plus grande indépendance vis-à-vis des importations. La reprise économique post-Covid a mis en évidence la fragilité des chaînes d’approvisionnement et la dépendance de l’UE vis-à-vis des importations d’énergie. La transition énergétique est toutefois loin d’être achevée et tant que les « énergies de la paix » (Claude Turmes) ne seront pas disponibles en quantité suffisante, l’Europe restera dépendante des importations de pétrole, de gaz et de charbon.

Les prix de l’énergie avaient déjà augmenté l’été dernier, mais le gouvernement a longtemps hésité à prendre des mesures. Apparemment, il s’attendait à ce qu’ils redescendent bientôt et a délibérément ignoré les revendications de l’OGBL visant à plafonner les prix de l’énergie, à augmenter et à étendre l’indemnité de vie chère, ainsi qu’à inclure la taxe sur le CO₂ dans le panier de consommation utilisé pour l’indice des prix. Lors d’un débat à la Chambre sur le pouvoir d’achat, demandé par le CSV le 9 février, les esprits se sont échauffés et les chrétiens-sociaux et la gauche, en particulier, ont formulé des revendications très similaires à celles des syndicats. Le LSAP, qui se présente comme la conscience sociale de la coalition tripartite, a laissé entrevoir un chèque énergie d’au moins 100 euros pour tous les ménages. Au final, les partis de la majorité ont adopté une motion prévoyant la mise en place d’une aide ponctuelle, mais socialement sélective. C’était avant que la Russie n’attaque l’Ukraine.

Depuis une semaine, la situation ne cesse de s’aggraver. Selon les données de l’Union européenne publiées en début de semaine, le prix du gaz naturel sur le marché a augmenté de 288 % en l’espace d’un an. Les 27 États membres de l’UE s’approvisionnent en moyenne à plus d’un tiers en gaz naturel auprès de la Russie. Au Luxembourg, qui importe 75 % de son gaz de Belgique et 25 % d’Allemagne, le gaz russe représentait environ 25 % des importations en 2020, selon Eurostat ; le ministre socialiste de l’Économie, Franz
Fayot a évoqué lundi sur RTL une part de gaz russe comprise entre 15 et 20 %. En raison des sanctions économiques imposées à Poutine, l’Europe craint désormais des contre-sanctions qui pourraient faire grimper encore davantage le prix du gaz. L’électricité pourrait également devenir encore plus chère. Sans oublier que l’UE importe un quart de son pétrole de Russie. Un litre d’essence ou de diesel coûte au consommateur final environ un tiers de plus qu’il y a un an, tandis que les prix du fioul de chauffage ont même augmenté de plus de 50 %. Ces hausses de prix constituent un fardeau financier non seulement pour les ménages, mais aussi pour l’industrie ainsi que pour les petites et moyennes entreprises.

Energiedësch. C’est apparemment ce qui préoccupe le plus le gouvernement, puisque lundi matin, les ministres se sont réunis au sein de l’Energiedësch, créé spontanément la semaine dernière, avec les fournisseurs de gaz et d’électricité Arcelor-Mittal Energy et Sotel ; Enovos, Nordenergie, Leo et Steinergy ; Hoffmann Frères Energie et Bois, Sudenergie et Sudstroum, ainsi qu’avec le Groupement pétrolier et l’Institut luxembourgeois de régulation. Les syndicats n’ont pas été invités à Senningen, à leur grand regret, mais ils n’ont pas non plus protesté contre cette absence, car ils ne s’attendaient pas à ce que des décisions concrètes soient déjà prises autour de cette table, explique la présidente de l’OGBL, Nora Back, au journal « Land ». Les syndicats se sont toutefois trompés, car à l’issue de l’« Energiedësch », le Conseil de gouvernement a adopté de premières mesures destinées avant tout à soulager les ménages. Ainsi, l’État prendra en charge, jusqu’à nouvel ordre, la part des coûts de réseau figurant sur la facture de gaz, ce qui permettra aux clients de bénéficier d’un allègement pouvant atteindre 500 euros par an, a expliqué le ministre de l’Énergie vert Claude Turmes. Cette mesure, qui doit encore faire l’objet d’une loi, serait sans doute la plus importante, car le prix du gaz est le plus touché par le conflit en Ukraine, a déclaré M. Turmes.

Le gouvernement prévoit également de stabiliser les prix de l’électricité pour les ménages, en augmentant la part de l’État dans le mécanisme de compensation mis en place il y a 20 ans dans le cadre de la libéralisation du marché de l’électricité, afin de créer une redevance liée à l’injection d’énergies renouvelables et d’éviter toute distorsion de concurrence. Pour les ménages défavorisés ayant droit à l’allocation de compensation de la hausse des prix, le gouvernement a annoncé un chèque énergie dont le montant varie entre 200 et 400 euros en fonction des revenus. Cette prime unique peut également être demandée par les ménages dont les revenus dépassent de 25 % au maximum le plafond applicable à l’allocation de compensation du coût de la vie, à savoir le salaire minimum non qualifié. Une fois la demande déposée, il faut compter un délai d’attente de trois mois avant le versement des fonds. Une extension de l’allocation de vie chère au salaire minimum qualifié aurait également été discutée, mais elle a échoué en raison du veto du DP. À plus long terme, le gouvernement souhaite renforcer les aides financières destinées aux rénovations énergétiques, aux systèmes de chauffage fonctionnant aux énergies renouvelables et à la mobilité durable. M. Turmes ne présentera les détails qu’au cours des prochaines semaines. Le gouvernement prévoit dans un premier temps de consacrer environ 75 millions d’euros à ces quatre mesures ; les trois partis au pouvoir soutiennent ces décisions, a déclaré Xavier Bettel.

Les aides destinées aux entreprises ne sont pas encore définitives, a déclaré M. Fayot lundi. Il semble toutefois qu’elles seront adaptées aux besoins de chaque entreprise, car certaines souffrent davantage que d’autres de la hausse des prix de l’énergie. Cela semble lié à leurs contrats d’énergie. Les prix ayant déjà augmenté l’été dernier après la reprise économique, et les experts économiques ayant prévu qu’ils baisseraient à nouveau prochainement, certaines entreprises avaient pris leur temps avant de renouveler leurs contrats à long terme. Or, c’est exactement le contraire qui s’est produit et elles doivent désormais acheter leur électricité et leur gaz sur le marché spot, où les prix sont élevés. Certaines seraient désormais contraintes de fonctionner à perte, car les prix de l’énergie auraient quadruplé, voire quintuplé, a expliqué M. Fayot. Cette situation touche aussi bien les grandes entreprises industrielles que les petites et moyennes entreprises. En raison des règles européennes de concurrence, les gouvernements ne sont pas autorisés à intervenir massivement sur le marché de l’énergie. Des solutions doivent désormais être recherchées à l’échelle de l’UE à l’aide d’une « boîte à outils » commune. Selon M. Fayot, le chômage partiel, déjà mis en œuvre pendant la pandémie de coronavirus et dont le cadre juridique a été assoupli il y a quelques mois seulement, constitue une aide rapide pour l’économie luxembourgeoise.

Avec les mesures qu’il a prises lundi, le gouvernement entend faire d’une pierre deux coups. Il part du principe que le subventionnement par l’État des coûts de réseau et la stabilisation des prix de l’électricité permettront non seulement d’alléger la charge pesant sur les ménages, mais aussi de freiner l’inflation et, par là même, de retarder le déclenchement du mécanisme d’indexation. Samedi, sur RTL Radio, le directeur de Statec, Serge Allegrezza, avait déclaré qu’il était tout à fait possible que deux tranches d’indexation doivent être versées cette année. Mardi, le directeur de la Chambre de commerce, Carlo Thelen, avait même mis en garde contre trois tranches et une stagflation. Interrogé mercredi par Land, M. Allegrezza a contredit ces affirmations, expliquant que, même si les prévisions de croissance étaient revues à la baisse en raison de la guerre en Ukraine et que l’inflation resterait probablement élevée cette année, une stagflation restait néanmoins peu probable.

Il est toutefois encore trop tôt pour dire dans quelle mesure les mesures qui viennent d’être adoptées permettront réellement de freiner l’inflation ; on ne dispose pas encore de prévisions fiables. Dès que les détails opérationnels seront disponibles, le Statec calculera les répercussions, a déclaré M. Allegrezza au journal *Der Land*. Dans sa note de conjoncture de février, l’Office des statistiques avait tablé sur une hausse de l’inflation à 4,4 % cette année, en raison des prix élevés de l’énergie et des perturbations des chaînes d’approvisionnement, avant un retour à 1,4 % en 2023. Mais en raison de la crise ukrainienne, l’inflation pourrait s’avérer encore plus élevée, a déclaré M. Allegrezza samedi sur RTL Radio.

Viande : outre l’énergie, les denrées alimentaires vont (encore) devenir plus chères. Une hausse des prix a déjà été observée ces derniers mois, comme le rapporte la Revue cette semaine. L’agriculture européenne dépend fortement de la Russie et de l’Ukraine. L’UE importe un tiers de ses engrais de Russie, dont les prix ont augmenté de 142 % en l’espace d’un an. L’Ukraine est un fournisseur important de céréales et de graines oléagineuses : l’UE s’approvisionne à hauteur de 57 % en maïs, 47 % en tourteau de tournesol et 30 % en blé auprès de ce pays d’Europe de l’Est. Elle achète en Russie 50 % de son tourteau de colza, 34 % de son tourteau de tournesol et 35 % de ses graines de tournesol. Les prix mondiaux de ces produits, principalement utilisés comme aliments pour animaux dans l’industrie de la viande, ont augmenté de 5 à 10 % cette semaine et atteignent désormais des niveaux presque aussi élevés qu’au début de la crise financière de 2008. Le directeur du Service d’économie rurale du ministère de l’Agriculture, Pierre Treinen, parle au journal *Der Land* d’une « hausse dramatique ». Il est encore trop tôt pour évaluer les répercussions que cela aura à moyen et long terme sur les prix des denrées alimentaires. Pour l’instant, les stocks sont encore pleins, mais des problèmes pourraient se poser lors de la prochaine saison. Les prix de la viande bovine et du lait, en particulier, auraient déjà atteint un niveau aussi élevé qu’il y a 15 ans. Une forte hausse est également attendue pour la viande de porc.

Jusqu’à présent, la Chambre des députés n’a débattu de ces problèmes que lors d’une seule réunion de commission. Le LSAP avait certes demandé la tenue, mardi, d’une séance publique d’actualité consacrée au conflit en Ukraine, mais celle-ci a principalement porté sur des questions géopolitiques et militaires ainsi que sur des manifestations de solidarité ; seuls les Verts ont surpris en déclarant vouloir soutenir l’idée du CSV selon laquelle il fallait au moins débattre de la question de savoir si l’énergie nucléaire ne devrait pas, après tout, faire partie des « énergies de la paix ». Aucun parti n’a évoqué les mesures prises par le gouvernement pour alléger la facture énergétique des ménages. En dehors du débat parlementaire également, les réactions se sont jusqu’à présent faites rares. Parmi les partis au pouvoir, seul le LSAP a indiqué qu’il saluait ces annonces, car elles compensaient la perte de pouvoir d’achat causée par la hausse des prix de l’énergie. Déi Lénk, seul parti d’opposition, a critiqué le fait que ces mesures ne constituaient pas une aide directe et simple, et a réclamé une augmentation et une extension des aides pour tous les ménages dont les revenus sont inférieurs au revenu médian ; les ménages qui se chauffent encore au fioul devraient également bénéficier d’un soutien. Du côté de la société civile, seule l’association de défense des consommateurs s’est exprimée cette semaine. L’ULC juge ces aides insuffisantes et réclame des mesures d’allègement pour les habitants et les navetteurs qui dépendent de leur voiture. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a décidé cette semaine de libérer massivement des réserves de pétrole brut afin de stabiliser les prix sur le marché mondialisé et, dans l’idéal, de les faire même légèrement baisser. Le Luxembourg y participe également. Les mesures nationales visant à soulager les ménages, telles qu’une baisse du taux de TVA de 14 à 12 %, seraient complexes à mettre en œuvre ; une suspension de la taxe sur le CO₂ n’est actuellement pas envisageable pour le gouvernement.

Les représentants du monde économique avaient récemment exprimé des inquiétudes, notamment concernant les deux ou trois tranches d’indexation qui pourraient intervenir cette année. Le premier versement pourrait avoir lieu dès le 1er avril, a déclaré M. Allegrezza samedi sur RTL Radio. Carole Muller, directrice générale de la grande boulangerie Fischer, a souligné dans la même émission que l’index pesait davantage sur les entreprises que la hausse des prix des matières premières, car les coûts salariaux représentaient près des deux tiers de l’ensemble des dépenses de son entreprise. Elle s’est donc demandé si l’ajustement salarial automatique était encore le bon moyen de soutenir de manière adéquate les ménages à faibles revenus, car, en fin de compte, cela ne ferait que contribuer davantage à l’inflation. Carlo Thelen, de la Chambre de commerce, a déclaré mardi à RTL qu’il fallait avant tout éviter que deux ou trois tranches d’indexation ne se succèdent. Avec ses mesures, le gouvernement semble désormais avoir répondu à ces attentes ; du moins, il a essayé.

Les syndicats se sont jusqu’à présent montrés réservés dans leurs critiques à l’égard des mesures adoptées lundi, car ils s’attendaient à ce que l’inflation soit compensée par l’indexation automatique des salaires, explique la présidente de l’OGBL, Nora Back, dans un entretien accordé au journal « Land ». Le fait que la prochaine tranche d’indexation doive désormais être artificiellement reportée ne leur plaît pas. Elle regrette que le gouvernement n’ait pas tenu compte de leurs revendications visant à inclure la taxe sur le CO₂ et les frais de logement dans le panier de consommation utilisé pour l’indexation. Sans cela, un ajustement salarial aurait sans doute eu lieu bien plus tôt. C’est uniquement en raison de la pandémie que l’OGBL s’est jusqu’à présent abstenu d’organiser des actions de protestation, souligne la présidente de l’OGBL.

Acquis sociaux Alors que la crise ukrainienne semble rapprocher l’UE et le « monde occidental », elle pourrait constituer une épreuve décisive sur le plan de la politique intérieure pour le gouvernement bleu-rouge-vert. Bien que Franz Fayot ait affirmé mardi, lors d’une importante réunion de commission, que l’indice n’était pas remis en cause, on évoque déjà en coulisses son plafonnement, sa modulation ou un allègement du panier de consommation. Selon des sources gouvernementales, l’indice ne contribuerait de toute façon pas à la redistribution sociale, car les ménages à revenus élevés et moyens en bénéficieraient plus que la moyenne. Au lieu de cela, ce sont surtout les Verts qui souhaitent soulager les ménages dans le besoin grâce à des mesures socialement plus ciblées, telles que des crédits d’impôt ou l’extension de l’allocation de vie chère. En tout état de cause, il ne faut pas s’attendre à des cadeaux fiscaux en raison de la charge supplémentaire que représentent le coronavirus et la crise ukrainienne pour le budget de l’État. L’OGBL et le gouvernement s’accordent toutefois à dire que l’indice deviendra sans doute le sujet politique majeur de l’année 2022.

On peut douter que le LSAP ait tout à fait intérêt, à 18 mois des élections, à mettre en péril la paix sociale. Jusqu’à présent, ce sont presque toujours les socialistes qui ont tiré profit, en termes de voix, des débats sociopolitiques autour du pouvoir d’achat. Par exemple, lors de la crise pétrolière de 1973, lorsque le LAV avait rassemblé entre 25 000 et 35 000 personnes dans la capitale pour réclamer davantage de participation des salariés dans les entreprises, la promotion du logement social et des améliorations dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Un an plus tard, le gouvernement CSV-DP fut battu aux élections et, pour la première fois depuis la fin de la guerre, les libéraux et les socialistes purent former une coalition sans le CSV, qui inscrivit l’indice dans la loi en 1975 en tant que principe général. Ou encore au début des années 1980, lorsque le gouvernement noir-bleu a voulu améliorer la compétitivité de l’économie luxembourgeoise et a donc réduit l’indice en 1983 de telle sorte que, l’année suivante, seule une adaptation salariale sur trois devait avoir lieu. De cette « guerre de l’indice » (d’Land du 13 janvier 1984), ce ne sont pas seulement les syndicats qui sont sortis vainqueurs, mais aussi les socialistes, qui ont gagné sept sièges lors des élections à la Chambre du 17 juin et sont revenus au gouvernement. L’indice a été modulé pour la dernière fois il y a dix ans, pendant la crise financière et économique. À l’époque, le LSAP était déjà au gouvernement. En 2010, après l’échec d’une concertation tripartite, les syndicats avaient accepté que, de 2012 à 2014, une seule tranche soit versée par an. Lors des élections de 2013, les socialistes n’ont néanmoins perdu que peu de voix, ce qui s’expliquait principalement par le fait que l’OGBL attribuait au CSV de Jean-Claude Juncker la responsabilité de la manipulation de l’indice. Avec l’affaire des services secrets, qui a conduit à des élections anticipées, le climat politique dans le pays a basculé, ce qui a permis au DP, au LSAP et aux Verts de former, pour la première fois depuis 1979, un gouvernement sans le CSV. En 2015, le mécanisme d’indexation a été rétabli.

Au cours des derniers mois, les socialistes avaient pris une nouvelle assurance grâce à l’extraordinaire popularité de Paulette Lenert, et l’impression s’était répandue que le pouvoir d’achat n’était plus aussi important pour les électrices, qui ne s’intéressaient plus qu’au changement climatique, à la Covid et à la diversité culturelle. La crise ukrainienne a peut-être également marqué un tournant à cet égard. Le congrès régional qui se tiendra samedi à Vianden permettra de voir ce qu’en pense la « base » socialiste.