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Environnement 4 min de lecture

Danger extrême

La bourse située sur le boulevard Joseph II s’appelle « the Luxembourg Green Exchange (LGX) ». Elle se présente également comme « la première et principale plateforme mondiale dédiée à la finance durable ». Avec « 1 300…

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La bourse située sur le boulevard Joseph II s’appelle « the Luxembourg Green Exchange (LGX) ». Elle se présente également comme « la première et principale plateforme mondiale dédiée à la finance durable ». Avec « 1 300 milliards d’euros via les titres LGX, plus de 2 400 obligations labellisées, plus de 3 400 titres » (luxse.com). Ces investissements ont-ils permis de freiner le changement climatique ? La bourse ne fournit aucune information à ce sujet. Le thermomètre, lui, en dit plus : il a affiché de nouveaux records de chaleur.

Le Luxembourg est compétitif à l’échelle internationale : samedi, le service météorologique du ministère de l’Agriculture a enregistré une température de 41 degrés à Remich. À Tamanrasset, au cœur du Sahara, il faisait 37 degrés ce jour-là. Dans la Vallée de la Mort, dans le désert de Mojave en Californie, on a mesuré 43 degrés.

L’agence météorologique nationale Meteolux a émis toute la semaine des alertes de « danger extrême ». Un anticyclone a acheminé de l’air chaud depuis l’Afrique du Nord vers l’Europe. Selon World Weather Attribution, ce sont « les niveaux critiques du réchauffement climatique qui ont provoqué une hausse si brutale des températures » (Financial Times, 27 juin 2026).

Le « réchauffement climatique » a commencé avec la révolution industrielle, il y a plus de 200 ans. Il repose sur le travail salarié et l’accès gratuit à l’eau, à l’air et aux puits de carbone, ainsi que sur l’accès à bas prix ou par la force à l’énergie et aux matières premières. Son moteur, c’est la concurrence pour l’accumulation : transformer le capital en davantage de capital. Jusqu’à ce que ce moteur surchauffe, fume et empeste.

Luc Frieden souhaite devenir président de la Chambre de commerce. Au début de son mandat, il a présenté la politique climatique du gouvernement : Par rapport à la compétitivité et à la construction de logements, « la lutte contre le changement climatique est un projet qui s’inscrit davantage dans le moyen et le long terme, contrairement aux besoins à court terme de notre société » (RTL, 1er janvier 2024).

Le gouvernement ne considère pas le changement climatique comme une menace pour la reproduction de la société. Il le considère comme un enjeu de la protection de la nature. Il considère la protection de la nature comme une activité de loisirs louable. Le vice-Premier ministre Xavier Bettel possède même un teckel.

Pour Luc Frieden, l’enrichissement privé au détriment de la collectivité et du climat n’est pas un problème, mais une solution : « Si nous avions une société dans laquelle nous n’autoriserions plus aucune activité, nous ne pourrions tout simplement pas financer les mesures de lutte contre le changement climatique. » Si nous ne produisons pas de déchets, nous ne gagnons pas d’argent pour les faire éliminer.

Pendant la campagne électorale, le CSV et le DP ont imputé la responsabilité de la hausse des prix de l’immobilier aux chauves-souris. Ils souhaitent mettre en place une « simplification administrative », c’est-à-dire un assouplissement des contraintes environnementales. Ils se sentent confortés dans leur position par le fiasco électoral des Verts.

Le CSV et le DP ne sont pas des climatosceptiques de droite, des partisans des moteurs à combustion ni des opposants aux éoliennes. Ils n’ont rien contre la protection du climat. Même s’ils voient d’un bon œil le recul de l’Union européenne en matière d’écologie.

Les Frieden, Roth et Delles sont même prêts à consacrer les recettes issues du tourisme à la pompe à des mesures visant à maintenir le statu quo : afin de pouvoir continuer à gérer et à administrer le pays comme auparavant, même par 40 degrés ou plus. Afin de subventionner les entreprises pour qu’elles réalisent des économies d’énergie et de matières premières. Afin de rechercher des solutions pour préserver les acquis de leurs électeurs issus de la classe moyenne, qui vivent dans des maisons individuelles, des bureaux climatisés et des lieux de villégiature exotiques.

En revanche, la classe ouvrière est censée transpirer. C’est apparemment le sort auquel ils sont voués : les ouvriers du bâtiment, les tourneurs, les serveuses, les livreurs de repas, les saisonnières travaillant sous un soleil de plomb, dans des hangars métalliques surchauffés ou des logements mal isolés. Le gouvernement leur recommande de faire preuve de « résilience » pour supporter le changement climatique.

Les objectifs climatiques fixés lors des conférences internationales ne sont pas respectés. Peut-être la crise climatique est-elle tout simplement inéluctable dans le contexte économique actuel. Elle est aggravée par la course aux armements et les préparatifs de guerre. Par la prise de pouvoir de démagogues autoritaires, nationalistes et hostiles au climat, qui souhaitent préserver ces conditions économiques à tout prix. p romain hilgert