Stacey Feinberg s’est engouffrée dans le Summerlach médiatique ce mercredi. Sur RTL-Télé, l’ambassadrice américaine s’est targuée de ses efforts pour établir une ligne directe Luxembourg-New York, « une priorité pour moi ». Dans le détail, cela reste éminemment vague (les pourparlers devraient rester « confidential »), Feinberg évoquant simplement « de multiples appels par téléphone et par visioconférence ». La communauté d’affaires serait très intéressée, assure-t-elle. En arrière-plan, une photo encadrée montre l’ambassadrice (et donatrice) au bras de Donald Trump, tous deux le pouce levé. Le sujet apparaît sporadiquement depuis deux décennies. En 2016, François Bausch (Déi Gréng) annonçait que Turkish Airlines y songeait. Après la pandémie, Luxair a brièvement reconsidéré l’option (qu’elle avait lancée puis abandonnée en 1999). « La concurrence est trop forte », expliquait, en juin 2025, son directeur commercial à Virgule.fr. « Trop de compagnies ont cette offre en catalogue, via Paris, Heathrow, Francfort, Munich, Bruxelles, Zurich, Copenhague, Amsterdam… » On verra si une compagnie aérienne internationale finit par se manifester. Et si, le cas échéant, la clientèle d’affaires suivra ; elle qui vole selon sa propre logique, cherchant à cumuler les miles et à profiter des lounges privés. Le chef de Luxair confirme qu’assurer une telle ligne n’est « pas un scénario envisageable pour le moment », mais offre son assistance pour les correspondances vers Londres ou Berlin : « Dat ass eng flott Saach. Dat bréngt och zu Lëtzebuerg méi Transitpassagéier », se réjouit-il sur RTL-Télé.
L’aérogare du Findel a toujours tenté de survivre dans les niches. Son ambition de doubler le nombre de passagers d’ici 2050 (de cinq à dix millions par an) est étonnamment peu remise en question. Alors même qu’il s’agit d’un city-airport, à six kilomètres à vol d’oiseau du Knuedler (sans parler des quartiers du Cents, de Hamm et de Bonnevoie). Quant à une critique climatique du transport aérien, elle reste politiquement taboue. (Comptez quatre tonnes de CO2 pour un aller-retour LUX-NYC en business class, alors que l’objectif carbone se situe autour de deux tonnes par personne et par an.) Ce sont les ONG qui ont soulevé la question inconfortable, ce mercredi, à la veille du Jour du dépassement de la Terre. Une poignée de militants de la coalition Votum Klima se sont rassemblés devant le Findel pour en dénoncer l’extension (un milliard d’euros), voire raviver le sentiment de « flygskam » (« honte de prendre l’avion »). « 1,5 DEGREE : CANCELLED » ; « CLIMATE BREAKDOWN : BOARDING », pouvait-on lire sur un tableau des départs détourné.