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Finance 3 min de lecture

Moins d’impôts, plus de recettes

Peu avant les vacances d'été, le Conseil d'État a encore adopté mercredi quelques mesures afin que l'opposition (CSV et DP) ne puisse plus lui reprocher de n'avoir rien fait ces derniers mois. Les mesures annoncées il y…

Article paru dans Édition juillet 2024
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Peu avant les vacances d’été, le Conseil d’État a encore adopté mercredi quelques mesures afin que l’opposition (CSV et DP) ne puisse plus lui reprocher de n’avoir rien fait ces derniers mois. Les mesures annoncées il y a une semaine par le président du groupe parlementaire du CSV, Marc Spautz, lors d’une conférence de presse sous le nom de « réforme fiscale » et résumées par le ministre des Finances du CSV, Gilles Roth, sous le terme accrocheur de « Entlaaschtungs-Pak », ne recelaient toutefois guère de surprises. La plupart d’entre elles avaient déjà été annoncées par le Premier ministre du CSV, Luc Frieden, dans son discours sur l’état de la nation ; elles s’inscrivent dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer l’économie tout en luttant contre la pauvreté : ajustement du barème fiscal de 2,5 tranches d’indice supplémentaires, augmentation de la « prime participative » de 25 à 30 % du salaire annuel brut, allègement fiscal supplémentaire pour une certaine catégorie de talents immigrés, baisse de l’impôt sur les sociétés de 17 à 16 %, voire de 15 à 14 % pour les petites entreprises, suppression de la taxe d’abonnement afin d’attirer au Luxembourg les fonds ETF, jusqu’à présent surtout populaires aux États-Unis. Par ailleurs, le gouvernement souhaite également venir en aide aux plus démunis : grâce à une augmentation du crédit d’impôt, le salaire minimum non qualifié sera désormais exonéré d’impôt dans toutes les tranches d’imposition. Cela lui évite une augmentation générale du salaire minimum, que le gouvernement considère comme préjudiciable à la compétitivité. Ce crédit d’impôt est toutefois financé par la collectivité ; M. Roth a estimé mercredi son coût à environ 11 millions d’euros. L’augmentation du crédit d’impôt pour les parents isolés, qui passe de 2 500 à 3 500 euros, ainsi que l’ajustement de la formule de calcul du barème de la classe d’imposition 1a, destinés à réduire la « pauvreté infantile », devraient coûter 82 millions d’euros. Par ailleurs, la « classe moyenne » bénéficiera également d’allègements fiscaux : les intérêts débiteurs liés à l’achat d’un logement existant et les crédits relais seront désormais déductibles intégralement pendant deux ans, puis de manière dégressive pendant trois ans supplémentaires. Le gouvernement luxembourgeois n’étant pas parvenu à s’entendre avec le gouvernement allemand sur la non-imposition des heures supplémentaires des frontaliers, il prévoit de leur accorder à l’avenir un crédit d’impôt pour les heures supplémentaires effectuées et rémunérées, d’un montant maximal de 700 euros par an, grâce auquel ils pourront ensuite payer leurs impôts en Allemagne. Cela devrait rendre leur emploi au Luxembourg à nouveau plus attractif financièrement pour eux, d’autant plus que le salaire minimum en Allemagne sera à nouveau augmenté l’année prochaine et ne sera alors plus que légèrement inférieur à celui du Luxembourg. Les allègements fiscaux créent une nouvelle dynamique, une reprise et de la croissance ; ils favorisent les investissements et augmentent les recettes fiscales, a réaffirmé mercredi Mme Roth pour expliquer l’approche du gouvernement, qui peut sembler à première vue légèrement contradictoire. Le ministre des Finances a estimé le coût de cette mesure pour le budget de l’État à plus d’un demi-milliard d’euros.