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À la suite d'une question posée par le député David Wagner (Die Linke), la cellule scientifique du Parlement a élaboré un document de 63 pages consacré au harcèlement scolaire. Ce travail s'appuie sur les données les…

Article paru dans Édition octobre 2025
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À la suite d’une question posée par le député David Wagner (Die Linke), la cellule scientifique du Parlement a élaboré un document de 63 pages consacré au harcèlement scolaire. Ce travail s’appuie sur les données les plus récentes disponibles sur le sujet : l’étude « Health behaviour in school aged children », ainsi que certains éléments de l’étude PISA. Sans grande surprise, les données disponibles jusqu’en 2022 montrent que les difficultés scolaires, ainsi que les troubles psychiques et physiques, augmentent le risque d’être victime de harcèlement. Or, de telles expériences vécues pendant l’enfance peuvent avoir des conséquences à long terme : elles augmentent le risque de souffrir de dépression, d’anxiété et de troubles liés à la dépendance à l’âge adulte.

Le Luxembourg se situe dans la moyenne en comparaison internationale. En France, le phénomène est moins marqué, tandis qu’il est un peu plus prononcé en Allemagne. Les différences entre les lycées du pays sont toutefois frappantes : 21 % des élèves les plus jeunes de la filière « Préparatoire » sont victimes de cyberharcèlement, soit près de deux fois plus que dans la filière « Classique » pour la même tranche d’âge (12 %). Le glissement du harcèlement vers Internet est avéré depuis 2018. Alors que le harcèlement dans la vie réelle diminue au Luxembourg, le cyberharcèlement est en hausse.

La cellule scientifique souligne l’absence totale de données concernant les enfants de moins de onze ans. Cela s’explique notamment par l’absence de SEPAS (Service psycho-social et d’accompagnement scolaire) dans l’enseignement fondamental. Dans son rapport de 2024, le Médiateur pour les enfants et les jeunes (Okaju) avait souligné la nécessité de mettre en place ce service à l’école primaire. L’accord de coalition noir-bleu ne formule rien de concret à ce sujet, si ce n’est la volonté d’améliorer le bien-être à l’école.

La différence entre les sexes est tout aussi manifeste. « En effet, la masculinité hégémonique, qui valorise la répression des émotions, l’agressivité, la compétitivité et le pouvoir, favorise les comportements de harcèlement physique. Les garçons ont souvent recours à la violence physique pour affirmer leur masculinité et éviter de paraître faibles, tandis que les filles ont tendance à recourir à des formes d’exclusion sociale pour conserver leur statut au sein d’un groupe », indique le rapport. Dans les pays où l’égalité est moins développée, les garçons sont davantage auteurs et victimes ; dans des pays comme le Luxembourg, ce sont plutôt les filles qui sont victimes. Cela suggère que « les normes sociales et les rôles de genre correspondants seraient intériorisés et joueraient un rôle important dans la dynamique du harcèlement ». La dynamique familiale joue également un rôle déterminant : alors qu’une communication agressive et négative ainsi qu’un style éducatif autoritaire constituent des facteurs de risque, l’empathie, la réceptivité émotionnelle et une éducation autoritative (alliant une grande attention et de la chaleur à une forte autorité) sont considérées comme des facteurs de protection.

Depuis deux ans, les White Tigers, entre autres, mènent des actions de prévention dans les écoles et les Maisons Relais. Et ce, d’une manière inhabituelle : ils accompagnent en moto les victimes de harcèlement jusqu’aux lieux où elles ont vécu ces expériences. Ils organisent également des ateliers de sensibilisation. « On fait appel à nous », explique Anna Casalegno, secrétaire des White Tigers, lors d’un entretien avec le journal *Der Land*. Beaucoup d’enfants ne sont pas conscients des conséquences du harcèlement. Les Tigers ne s’occupent pas des auteurs, mais uniquement de la protection de la victime. Les auteurs écarquillent généralement les yeux lorsque les Tigers arrivent, explique Anna Casalegno, et demandent : « Qui sont-ils ? » La plupart du temps, la situation se calme ensuite.

Le ministère de l’Éducation élabore actuellement un plan national de lutte contre le harcèlement (Pan), qui devrait être publié en 2026 et entrer en vigueur à la prochaine rentrée scolaire. Une attention particulière sera accordée au cyberharcèlement et à l’« utilisation responsable et respectueuse » des outils numériques. Selon le ministère de l’Éducation, les quatre axes principaux sont la prévention, la protection, les compétences et la gouvernance. Des consultations sont actuellement menées auprès des parents, du personnel enseignant et des élèves.