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Un pas en avant

Les médecins qui effectuent leur spécialisation au Luxembourg bénéficieront d'un véritable statut. C'est ce dont ont convenu les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur avec l'Association luxembourgeoise…

Article paru dans Édition mars 2025
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Les médecins qui effectuent leur spécialisation au Luxembourg bénéficieront d’un véritable statut. C’est ce dont ont convenu les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur avec l’Association luxembourgeoise des médecins en voie de spécialisation (Almevs), avant de l’annoncer lundi. Des discussions avaient déjà eu lieu avec le gouvernement précédent. Les futurs médecins spécialistes – que le jargon médical désigne par l’abréviation « Mevsen » – mènent jusqu’à présent une existence professionnelle très particulière : après six ans de formation médicale de base et munis de leur autorisation d’exercer, ils se situent à mi-chemin entre l’interne, le salarié et le travailleur indépendant. Or, alors que pour les stagiaires, les horaires de travail doivent figurer dans le contrat de stage, ce n’est pas toujours le cas pour les « Mevs ». Alors que pour les stages étudiants, l’établissement doit prendre en charge l’assurance accidents, les futurs médecins doivent la payer eux-mêmes, car ils sont considérés à cet égard comme des « travailleurs indépendants ». La rémunération n’est clairement réglementée que pour ceux qui effectuent leur spécialisation dans l’un des trois domaines actuellement proposés par l’Université du Luxembourg : médecine générale, oncologie et neurologie. Le CHL s’est aligné sur cette pratique, tandis que dans d’autres cliniques, cela doit faire l’objet de négociations. Ceux qui effectuent leur spécialisation dans un cabinet médical perçoivent une rémunération de l’État, qui doit faire l’objet d’une demande mensuelle. En 2023, selon l’Inspection générale de la sécurité sociale, 170 Mevs exerçaient au Luxembourg, dont 151 dans des hôpitaux.
L’accord conclu avec les ministères est « un compromis, mais un grand pas en avant », déclare Lisa Zangarini, membre du comité directeur de l’Almevs, au journal « Das Land ». L’association n’a toutefois pas réussi à faire valoir son souhait d’une convention collective, telle qu’elle existe par exemple en Allemagne et qui aurait généralement débouché sur un contrat de travail pour les MEVS au Luxembourg. À la place, il est prévu de mettre en place une « convention de stage uniformisée », qui comprendra par exemple des règles uniformes en matière de sécurité sociale, notamment en matière de protection de la maternité et de protection pendant la grossesse. Avec ce statut, les futurs médecins spécialistes se situeraient à mi-chemin entre les salariés et les indépendants. Cela doit être inscrit dans une loi.
Des règles uniformes concernant la rémunération des heures supplémentaires, du travail de nuit et du week-end ainsi que des gardes restent encore à définir. Le gouvernement souhaite en discuter au sein d’un groupe de travail auquel devraient également participer l’association des hôpitaux, l’association des médecins et le Collège médical. Lisa Zangarini souligne que le ministère de la Santé souhaite mettre en place une réglementation dont il contrôlerait le respect. Cela profiterait notamment aux patients. Le gouvernement, quant à lui, comme on peut facilement le comprendre, doit avoir à cœur de valoriser le Luxembourg en tant que pôle de formation spécialisée. Selon l’Almevs, la pratique actuelle des « faux indépendants » est particulièrement dépassée par rapport aux autres pays de l’UE.