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Social 18 min de lecture

Un épisode du 3 septembre

La présidente de l'OGBL et le président du LCGB s'expriment sur la « nouvelle approche du dialogue social »

Article paru dans Édition septembre 2025
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Un épisode du 3 septembre
Patrick Dury et Nora Back lors de l'entretien à la Chambre des salariés © Photo : Sven Becker

Le Premier ministre Luc Frieden a reçu hier un courrier de Nora Back et Patrick Dury. Dans leur lettre, la présidente de l’OGBL et le président du LCGB réitèrent leur reproche à l’encontre du Premier ministre, l’accusant d’avoir mis fin prématurément aux discussions au sein de la table ronde sociale le 3 septembre. Ce qu’il avait présenté au début de la séance comme un état des lieux, il l’aurait ensuite « décrété comme une conclusion définitive ». Ce faisant, le gouvernement aurait « enterré le modèle social luxembourgeois tel que nous le connaissions depuis la fin des années 70 ». Cela contraint l’union syndicale composée de l’OGBL et du LCGB à adopter une « nouvelle approche du dialogue social ». À l’avenir, elle ne soumettra ses revendications, propositions et analyses aux membres compétents du gouvernement que dans le cadre d’échanges bilatéraux. Face à ces conclusions politiques, elle se réserve le recours à tous les moyens syndicaux. Le Comité permanent de l’emploi (CPTE) n’a plus de mandat pour l’OGBL et le LCGB. Le ministre du Travail est invité à convoquer les partenaires sociaux à des entretiens séparés.

d’Land : Nora Back, Patrick Dury, quel est l’objectif poursuivi par l’OGBL et le LCGB avec cette nouvelle approche ?

Nora Back : Nous adaptons notre façon de travailler pour défendre les intérêts des actifs et des retraités. Parce que le gouvernement a décidé de ne plus respecter le modèle tripartite et de ne plus prendre les négociations au sérieux. Parce qu’il pratique une « écoute de façade ». Nous ne servirons pas d’alibi pour que le gouvernement puisse prétendre avoir écouté les syndicats, avant de procéder à des coupes dans les prestations sociales. Cela signifie que nous ferons valoir nos arguments avec encore plus de force à l’avenir. Nous dirons comment le droit du travail devrait fonctionner, quels devraient être les horaires de travail, et ainsi de suite. Nous travaillerons sur le fond, nous informerons et sensibiliserons, nous serons beaucoup plus présents dans l’espace public. Nous nous positionnerons politiquement face aux partis et aux groupes parlementaires. Et si nécessaire, nous descendrons dans la rue.

Souhaitez-vous que le Premier ministre dise : « Asseyons-nous à nouveau autour d’une table, cette fois-ci pour de bon » ?

Patrick Dury : Nous avons participé aux trois cycles de négociations sociales, qui ne devaient pas être qualifiés de « tripartites », dans le but d’éviter un conflit social et de relancer le dialogue social. Ce qui était prévu concernant les conventions collectives, les horaires d’ouverture et le travail dominical dans le commerce de détail correspondait à des revendications patronales que le gouvernement souhaitait mettre en œuvre. Nous avons pu éviter le conflit social car le gouvernement a complètement fait marche arrière sur les conventions collectives. En ce qui concerne le travail dominical et les horaires d’ouverture, il a donné suite à nos principales revendications. Et sans notre mobilisation, la politique en matière de retraites serait aujourd’hui tout autre.

Ce sont des réussites, n’est-ce pas ?

PD : Mais dans ce « consulter et décider » tel que le pratique le Premier ministre, il n’y a plus de véritable dialogue social, plus de négociation. Dans une réunion tripartite, trois partenaires sur un pied d’égalité examinent une situation afin de parvenir ensemble à un résultat. Cela n’a pas été le cas ici. Pendant un an et demi, nous avons négocié avec le gouvernement à tous les niveaux possibles : au sein du CPTE, lors de réunions informelles, lors de rencontres à deux ou à trois avec le Premier ministre. Tout cela n’a rien donné. Seule notre manifestation du 28 juin a porté ses fruits. Nous pourrions nous en contenter, mais c’est très préoccupant pour notre pays. Pour la première fois, nous nous trouvons dans une situation où, malgré les nombreuses discussions, le gouvernement a tiré ses conclusions à la lumière de nos actions et non sur la base de nos arguments. C’est là le point essentiel, cela change tout.

NB : Notre objectif est bien sûr que le gouvernement revienne au modèle précédent, mais nous n’y croyons pas. La confiance est rompue. Nous voulons donc désormais influencer ses décisions pour qu’elles aillent dans le sens de la population. Si nécessaire, dans la rue. Étonnamment, Luc Frieden est en train de se prouver à lui-même que c’est la pression de la rue qui a poussé le gouvernement à revoir sa position. C’est le message qui nous a été transmis. Lors des négociations sociales également, le gouvernement a déclaré : « Comme il y avait tant de monde dans la rue, nous avons dû faire marche arrière. » Il laisse entendre, tant à lui-même qu’à l’opinion publique, que ce ne sont pas les négociations qui mènent à des résultats, mais l’opposition des syndicats.

Si vous ne souhaitez plus entretenir de relations qu’au niveau bilatéral avec les membres du gouvernement : cela signifie-t-il une « politique de la chaise vide » dans toutes les instances à composition tripartite ? Donc pas seulement au sein du Comité permanent de l’emploi, comme vous l’avez annoncé, mais aussi au sein du Conseil économique et social et de la Sécurité sociale ?

NB : Non. Dans la situation actuelle, nous ne pouvons pas nous rendre au CPTE. Car de quoi va-t-on y discuter ? Des horaires de travail. Ce chapitre du programme de coalition est pour nous le plus effrayant. La partie consacrée aux retraites est relativement vague, tandis que celle sur les horaires de travail vise très concrètement à accroître la flexibilité. L’UEL exige toute une série de mesures cruelles.

Le 9 juillet, l’OGBL et le LCGB se sont engagés à discuter des horaires de travail au sein du CPTE. Le gouvernement était revenu sur sa position concernant les conventions collectives ; les syndicats ont alors déclaré qu’ils retourneraient au CPTE. Il a également été annoncé qu’en l’absence d’accord au sein de cette instance, une réunion aurait lieu en octobre avec le Premier ministre.

PD : Les conclusions du gouvernement du 3 septembre ne font aucune mention d’une telle réunion en octobre…

NB : … et le 9 juillet, nous nous sommes engagés, car nous partions du principe qu’un accord serait conclu à l’issue des discussions. Nous voyions vraiment cela d’un œil très positif. Mais désormais, nous devons nous attendre à ce que le gouvernement procède, en matière d’horaires de travail, selon le principe « consulter et décider », comme le 3 septembre. Nous n’avons rien à y gagner. Les discussions au sein du CPTE pourraient alors servir de prétexte pour nous reprocher : « Vous avez pourtant participé aux discussions ! »

PD : Vous aviez posé la question d’une « politique de la chaise vide ». Ce n’est certainement pas notre intention. Mais si le gouvernement souhaite mener une politique en matière d’assurance maladie qui lui permette, en fin de compte, de prendre les décisions, les syndicats lui feront clairement comprendre : pas de réduction des prestations. Des augmentations de cotisations, si nécessaire. Et la gouvernance au sein de la CNS doit être garantie.

L’accord de coalition prévoit que la gouvernance de la CNS fasse l’objet d’un réexamen. Des mesures ont-elles déjà été prises à ce sujet ?

PD : La ministre Martine Deprez a parfois laissé entendre que le modèle tripartite de la CNS pourrait être remis en cause. Nous ne le voulons pas, il n’y a pas à discuter là-dessus. Les salariés paient des cotisations, ils sont donc représentés par les syndicats. Si Martine Deprez souhaite instaurer un autre système, elle devra en discuter avec le patronat, comme cela a été tenté pour les conventions collectives. Nous en informerons alors l’opinion publique. Si l’assurance maladie est dégradée, cela touchera immédiatement les gens. Et si l’on cherche à leur faire payer davantage de leur poche, nous veillerons à ce que les gens en soient informés très rapidement, et nous réagirons en conséquence.

NB : Nous participerons bien sûr à la table ronde quadripartite sur l’assurance maladie, mais avec une attitude différente. Pour tout le reste, nous devrons examiner les choses au cas par cas. Si Luc Frieden convoquait demain une nouvelle réunion sur les questions sociales, il nous serait très difficile d’y participer.

Selon le programme de coalition, si plusieurs tranches d’indexation doivent être versées au cours d’une même année, une réunion tripartite doit être convoquée. Si cela se produit, y participerez-vous ?

PD : Celui qui a mené la plus grande offensive contre le modèle social, en remettant en cause le rôle des syndicats dans les conventions collectives et les conditions de travail dans le secteur privé, et qui, dans le même temps, n’hésite pas à proposer un accord salarial pour la fonction publique ; celui qui a fait tout cela et qui pense ensuite pouvoir faire surgir la confédération syndicale de nulle part quand il en a besoin fait fausse route.

NB : Nous ne participerons certainement pas à une réunion tripartite dans le but de reporter une tranche d’indexation.

Pensez-vous que le Premier ministre ait fait un cadeau politique à vos syndicats pour les inciter à se mobiliser en vue de la manifestation du 28 juin, lorsqu’il a évoqué la réforme des retraites lors du discours sur l’état de la nation du 13 mai, compte tenu de ce qu’il a dit et de la manière dont il l’a dit ? Tout le monde comprend les retraites et l’allongement de la durée de la vie active, mais les conventions collectives, aussi essentielles soient-elles pour les syndicats, sont plus abstraites…

NB : … mais nous avions déjà mobilisé les gens sur la question des retraites avant même le discours sur l’état de la nation, et pas seulement sur les conventions collectives. Cela dit, c’est vrai que le discours sur l’état de la nation, quelques semaines avant la manif, a aidé. Et aujourd’hui encore, personne ne sait pourquoi le Premier ministre a commis cette énorme erreur politique et de communication. D’autant plus que l’on s’est ensuite demandé qui en avait eu connaissance à l’avance : Martine Deprez, les groupes parlementaires, les partis au pouvoir ?

PD : Je pense que le Premier ministre a laissé tomber le masque en trois phrases. Il a montré que l’opération « Schwätzmat » n’était qu’une mise en scène. Sans compter que cela a permis de mettre les syndicats sur la touche dans le dossier des retraites. Comme le patronat ne parlait que de détériorations, n’importe quelle décision du gouvernement aurait de toute façon été plus sociale que les revendications du patronat. Peut-être que le Premier ministre a mal évalué la situation le 13 mai, je ne sais pas. Mais en trois phrases, il a dit ce qu’un chef de gouvernement devrait dire : il a parlé sans détours.

La manifestation ayant été couronnée de succès, le gouvernement a fait de nombreuses concessions à l’OGBL et au LCGB. Avez-vous envisagé de présenter cela comme une victoire à l’extérieur, et les discussions avec le gouvernement et l’UEL auraient-elles pu aboutir à un accord après tout ?

NB : Nous étions même d’accord, tous les trois, avec la CGFP, pour dire que ce n’était pas un succès. En effet, nous nous trouvions dans une situation où nous nous réjouissions de toute détérioration un peu moins grave. Le recul du gouvernement sur les conventions collectives signifie simplement que nous pouvons continuer à les négocier, c’est-à-dire le statu quo. En revanche, cela ne signifie ni davantage de conventions collectives, ni de meilleures conventions collectives. En ce qui concerne le travail dominical dans le commerce de détail, la règle actuelle est que la journée de huit heures n’est possible qu’avec une convention collective ; à l’avenir, cela ne s’appliquera qu’aux entreprises de 30 salariés ou plus. Il en résulte que plus de 90 % des entreprises n’auront pas besoin d’une convention collective pour passer à huit heures. Grâce à notre pression et à notre mobilisation, la situation sera bien moins grave qu’elle n’aurait pu l’être, mais il n’en reste pas moins qu’il y a des régressions. Quant aux retraites : bien sûr, nous sommes heureux que le résultat du 3 septembre soit bien moins grave que les annonces faites lors du discours sur l’état de la nation. Mais si, au final, le Premier ministre déclare : « J’ai écouté et je fais maintenant ce que je veux », cela ne peut pas non plus être considéré comme un succès. Certainement pas sur la forme, et malheureusement pas tout à fait sur le fond non plus, car il y a tout de même toute une série de régressions.

PD : À cela s’ajoute le fait que, lors des discussions, l’UEL affirme vouloir des accords d’entreprise, ce qui nous pose de très gros problèmes, car une délégation sans syndicats se trouve en situation de déséquilibre de pouvoir face au patron ; si, de surcroît, l’UEL souhaite que le droit du travail soit adapté à ses fins dans ces entreprises et souhaite que cela soit fait de manière juridiquement irréprochable par le biais d’une modification législative ; s’il n’y a pas d’accord à ce sujet et que la question est retirée de l’ordre du jour, mais que le président de l’UEL laisse entendre dans des interviews qu’il pourrait la remettre sur la table sous une autre forme au sein du CPTE, alors il faut comprendre que ce n’est pas un succès pour nous. Le conflit social est pour l’instant évité. Cela ne signifie toutefois pas qu’un conflit social de plus grande ampleur ne pourrait pas éclater. Devant la presse, le président de l’UEL a déclaré : « Nous verrons bien combien de conventions collectives nous conclurons encore ». C’est une déclaration de guerre aux syndicats. Si l’UEL venait à vouloir mettre cela en œuvre, nous serons prêts à défendre les intérêts des salariés par tous les moyens.

À propos de la Sécu : je veux dire que, même lorsque l’OGBL et le LCGB ont mobilisé leurs adhérents, la collaboration avec les représentants de l’UEL au sein de la CNS et de la caisse de retraite CNAP s’est bien déroulée. Qu’en sera-t-il avec le nouveau mode de fonctionnement de l’Union syndicale ?

NB : C’est une question importante. Au sein de la CNS, nous n’avons pas d’intérêts contradictoires en soi. Nous avons déjà rédigé, avec les représentants des employeurs, des documents communs à l’intention de la ministre. Au sein de la CNAP, nous étions d’accord avec eux pour qu’elle soit exonérée de certaines dépenses qui n’ont rien à voir avec les retraites. Nous ne sommes pas d’accord à 100 %, mais il existe des alliances sur certaines questions. L’évolution de la situation se jouera surtout sur le sujet brûlant de l’assurance maladie.

PD : Jusqu’à présent, la collaboration au sein de la sécurité sociale s’est déroulée dans un esprit de partenariat social. Mais si le gouvernement soutient une chasse aux sorcières contre les personnes en arrêt maladie, comme le réclame le Patronat, nous pourrions nous retrouver dans une situation similaire à celle que nous avons connue avec le gouvernement ces derniers mois. Et quand j’entends dire qu’« aucun franc supplémentaire provenant des impôts ne doit être versé à l’assurance maladie », alors même qu’elle supporte des charges héritées du passé que l’État lui a imposées, le débat serait très vite clos si davantage d’argent des contribuables était lié à une dégradation des prestations.

Que pensez-vous du fait que les mesures du gouvernement en matière de retraites envoient aux jeunes générations le message que ce sont surtout elles qui devront en supporter le poids ? Alors que cela ne devrait pas être le cas, du moins pas tout de suite, pour les retraités actuels, car le gouvernement ne souhaite pour l’instant pas toucher à l’ajustement, c’est-à-dire l’adaptation des retraites à l’évolution des salaires réels.

NB : La réforme des retraites de 2012 devait faire passer le message que les retraités seraient eux aussi mis à contribution. C’est pourquoi le gouvernement de l’époque avait décidé de revoir l’ajustement à un moment donné. Or, l’ajustement des retraites ne devrait pas être réduit de 50 %, comme le prévoyait la réforme de 2012, mais, selon les intentions du gouvernement actuel, de 75 %, même si cela ne devrait intervenir qu’aux alentours de l’année 2030. Cela touchera donc également les retraités. Nous constatons que le gouvernement n’est pas en mesure d’assurer la pérennité du système à long terme, mais qu’il cherche à gagner trois à quatre ans, après quoi le grand débat s’ouvrira. Je pense que c’est exactement ce que le gouvernement a prévu. Quant à savoir si ce seront plutôt les jeunes qui en feront les frais, la question ne se pose pas encore vraiment aujourd’hui. Ce seront les travailleurs.

Pensez-vous que les groupes parlementaires majoritaires vont encore durcir le projet de loi du gouvernement sur les retraites lorsqu’il leur sera présenté ? Ou bien vont-ils l’adopter sans discussion et laisser les retraites devenir un sujet de campagne électorale ?

PD : Avant même que le texte ne soit présenté au Parlement, nous demanderons leur avis aux groupes parlementaires. Et nous serions ravis qu’ils ne se contentent pas de répondre « on est dans une usine à décisions », mais qu’ils donnent une réponse claire. Mais permettez-moi d’ajouter quelque chose au sujet de l’équité entre les générations. Tant la réforme de 2012 que les mesures actuellement envisagées pèsent sur les générations futures. La réforme de 2012 réduit les retraites sur une période de 40 ans. À l’époque déjà, les syndicats réfléchissaient à la manière de renforcer non seulement le système de retraite, mais aussi l’ensemble de la sécurité sociale grâce à des sources de financement alternatives, afin que nous ne devions pas compter uniquement sur une augmentation des cotisations. La question est en effet de savoir ce que la société est prête à consacrer aux malades et aux retraités. Celui qui part à la retraite n’est pas un parasite, mais a une vie professionnelle derrière lui. Pour ceux qui ont fait de longues études et qui entrent dans la vie active à 25 ou 30 ans, leur retraite est calculée, indépendamment de toute réforme, à un niveau qui n’atteint en réalité son plein potentiel qu’après 40 ans. Ainsi, lorsque ces personnes approcheront la soixantaine, elles examineront le montant de leur retraite et se demanderont si elles doivent continuer à travailler. À condition qu’elles en soient encore capables ! Que se passera-t-il si elles n’en sont pas capables ? Nous n’avons aujourd’hui aucune réponse à cette question. Nous n’en avons pas non plus sur la question de savoir ce qu’il adviendra si quelqu’un estime que ce qu’il peut percevoir au titre de l’assurance retraite légale ne lui suffit pas. Parce qu’il n’a pas 40 ans de carrière derrière lui.

Le gouvernement souhaite rendre les assurances privées plus attractives sur le plan fiscal.

PD : Mais qui peut se le permettre ? Peut-être les 5 % du secteur privé qui gagnent plus que le plafond de cotisation. Ce serait une politique réservée aux plus aisés. Il était absolument impossible d’en discuter. Nous avons donc proposé de rechercher d’autres sources de financement. Par exemple via un impôt spécial, similaire à l’impôt de solidarité. Ou via un tout petit pourcentage sur le modèle des cotisations d’assurance dépendance, pour lesquelles tous les revenus sont pris en compte. Le fait que le gouvernement ait agi ainsi en matière de retraites constitue une faiblesse de sa politique.

Que signifie cette nouvelle approche syndicale pour le LCGB ? Traditionnellement, celui-ci était considéré comme le syndicat le plus attaché au consensus.

PD : Le LCGB s’est déjà doté d’une nouvelle orientation dès 2011. Nous avions déclaré que nous allions nous concentrer sur le secteur privé. En 2014, nous avons inscrit dans nos statuts l’incompatibilité entre mandat syndical et mandat politique. Depuis que je suis président, le LCGB élabore ses programmes d’action en toute indépendance. Nous sommes un syndicat qui s’oriente vers les intérêts de ses membres. Cela semble être reconnu, sinon nos collègues de l’OGBL n’auraient guère formé l’Union syndicale avec nous. De ce point de vue, je ne comprends pas votre question.

Le LCGB a soutenu la décision de l’Index-Tripartite prise en mars 2022, contrairement à l’OGBL.

PD : Une telle situation ne se reproduira plus. Au sein de l’Union syndicale, nous avons établi structurellement que nous agirions de concert. Nous avons préparé ensemble toutes les discussions que nous avons menées avec le gouvernement, et ce que dit l’un vaut également pour l’autre. Si un accord tripartite est proposé, il devra être évalué conjointement, puis nous déciderons ensemble s’il sera signé ou non.

S’agit-il du syndicat unique ou pas encore ?

PD : Il s’agit d’une coopération structurellement plus étroite entre deux organisations. C’est un processus dynamique. Je ne peux pas dire aujourd’hui jusqu’où il ira. Mais c’est à notre coopération que nous devons le succès que nous avons connu. Les temps changent, et nous devons nous y adapter.