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Social 4 min de lecture

répartition des charges

. Il s'agit de l'un des meilleurs articles sur le thème des retraites.

Article paru dans Édition mai 2025
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Lorsque l’OCDE s’est exprimée sur le système de retraite luxembourgeois, elle l’a toujours fait jusqu’à présent sur un ton accusateur. Les prestations seraient trop généreuses, l’âge de la retraite particulièrement précoce. À long terme, cela ne saurait pas bien se passer. Les responsables politiques devaient agir. Ce lundi, l’OCDE s’est à nouveau exprimée sur les retraites, au chapitre 2 du

Cela tient bien sûr aussi au fait que le débat sur les retraites n’en est pas encore un. Le gouvernement n’a pas encore fait connaître ses intentions. Tant que cette situation perdure, les syndicats et l’UEL, principaux acteurs du débat, restent sur leurs positions respectives. Les partis politiques n’ont pas non plus de raison de s’avancer trop loin. C’est alors qu’un document rassemblant différentes positions, à l’instar de ce qu’a fait l’OCDE, retient l’attention.

Au fond, l’OCDE poursuit l’approche de la réforme des retraites de 2012 mise en œuvre par le gouvernement CSV-LSAP de l’époque. Celle-ci vise un partage des charges, mais sans aller jusqu’au bout de cette logique. Les actifs doivent accepter une réduction de 15 % de leurs prestations de retraite ou travailler au moins trois ans de plus. Les retraités seront mis à contribution dès que les dépenses de la caisse de retraite dépasseront ses recettes provenant des cotisations : l’indexation des retraites existantes sur l’évolution des salaires réels sera alors réduite d’au moins la moitié. Les entreprises ne doivent être mises à contribution qu’en principe. La loi de réforme stipule simplement que le taux de cotisation « peut » être augmenté. L’OGBL en veut toujours au LSAP d’avoir donné son accord à cette mesure.

L’OCDE propose davantage de cohérence. Elle avancerait à 2037 la réduction de 15 % qui doit entrer pleinement en vigueur en 2052. L’indexation des retraites sur les salaires réels serait supprimée définitivement ; seul l’indice resterait en vigueur. La prise en compte des années d’études pour pouvoir bénéficier d’une retraite anticipée à partir de 60 ans serait supprimée. Justification : les personnes plus diplômées vivent plus longtemps et profitent donc plus longtemps de leur retraite. L’OCDE recommande d’« indexer » l’âge légal de départ à la retraite et celui de la retraite anticipée au fil des décennies, en fonction de l’augmentation de l’espérance de vie. Il serait progressivement repoussé afin de maintenir à peu près stable le rapport entre la durée de la vie active et celle de la retraite. Le taux de cotisation serait relevé d’un point de pourcentage. Étant donné qu’au Luxembourg, ce taux – fixé à 8 % tant pour les salariés que pour les entreprises – est inférieur aux moyennes de l’OCDE, de l’UE et des pays voisins, un doublement à 18 % ne serait « pas nécessairement dangereux ». D’autant plus qu’en Allemagne, une augmentation de deux points de pourcentage est prévisible d’ici 2035. Soit deux fois plus que ce que l’OCDE envisage pour le Luxembourg, et ce en partant d’un taux de cotisation qui, en Allemagne, est déjà supérieur de deux points à celui pratiqué ici.

Ce dernier point est particulièrement remarquable. Venant d’une OCDE qui, par le passé, n’a cessé de critiquer cet indice. Mais une réforme des retraites qui donnerait l’impression de manquer de solidarité serait difficile à faire passer sur le plan politique. Notamment parce qu’au final, elle ne s’appliquerait pas seulement au secteur privé, mais devrait également être transposée dans les régimes spéciaux du secteur public. Cela en fait un enjeu électoral majeur pour 2028. Le partage des charges implique une augmentation des cotisations. Il ne serait pas surprenant qu’elle figure parmi les propositions du gouvernement. Ou que celui-ci l’envisage comme élément d’un compromis, une fois que tous les arguments auront été échangés.

En mars, dans le cadre de la préparation du débat parlementaire sur les retraites, l’Inspection générale de la sécurité sociale avait calculé ce qu’une augmentation des cotisations permettrait de réaliser. Une hausse d’un point de pourcentage du taux de cotisation générerait des recettes supplémentaires équivalentes à 1,2 % du PIB. Une augmentation de deux points du taux de cotisation doublerait ce montant. En conséquence, la réserve de retraite ne serait alors probablement épuisée qu’au début des années 2060. Il est presque certain que des voix s’élèveront pour rappeler qu’un taux de cotisation de 10 % au lieu de 8 % pour tous les concernés avait déjà fait l’objet d’un consensus au sein du Conseil économique et social. Mais cela remonte déjà à 50 ans.