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Social 16 min de lecture

Nous ne sommes pas aussi puissants que certains le prétendent

Pour la CGFP, l'accord tripartite est un signe de solidarité envers les personnes à faibles revenus et les entreprises. Dans cette interview, son président, Romain Wolff, explique également pourquoi les fonctionnaires devraient maîtriser les trois langues administratives et comment rendre la fonction publique plus attrayante pour les femmes.

Article paru dans Édition août 2022
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Nous ne sommes pas aussi puissants que certains le prétendent
Romain Wolff © Photo : Sven Becker

d’Land : Monsieur Wolff, avez-vous fait preuve de naïveté lors de la réunion tripartite fin mars, lorsque le gouvernement et Statec vous ont affirmé que l’inflation se situerait entre 4 et 5 % cette année et entre 1 et 2 % l’année prochaine, et que l’UEL se plaignait de la situation difficile des entreprises ?

Romain Wolff : C’était une autre époque. Peut-être que l’accord tripartite est intervenu un peu trop tôt, car les chiffres qui nous ont été présentés ne correspondaient déjà plus à la réalité peu de temps après. Si les négociations avaient eu lieu un peu plus tard, les répercussions de la guerre en Ukraine auraient pu être prises en compte. À l’époque, nous étions partis du principe que les prévisions du Statec étaient exactes : qu’il n’y aurait aucune tranche d’indexation en 2023 et que la suivante n’interviendrait qu’à la mi-2024. Nous continuons à soutenir l’accord tripartite, car nos instances nous avaient confié la mission d’agir en faveur des personnes à faibles revenus et de préserver le mécanisme d’indexation. Nous avons rempli cette mission.

Début mars déjà, le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn avait averti sur la radio 100,7 qu’une solution au conflit ukrainien ne serait pas possible sous la présidence de Vladimir Poutine. Il ne s’attendait donc pas à ce que la guerre prenne fin rapidement.

Il serait trop facile de dire que cet accord ne s’applique plus à nous désormais. Personnellement, j’ai moi aussi cru que la guerre serait terminée plus rapidement. Nous parlons beaucoup en ce moment des prix de l’énergie, tout en sachant pertinemment que ces prix avaient déjà considérablement augmenté avant même le début de la guerre. D’un autre côté, la guerre fait toujours rage en Ukraine et de nombreuses personnes y perdent la vie, tandis que nous discutons ici des coûts. Il ne faut pas l’oublier.

Les syndicats étaient-ils mal préparés ?

À l’issue des négociations, nous aurions peut-être mieux fait de prendre un peu plus de temps pour prendre une décision. Mais tout à coup, il a fallu agir très vite : les vacances approchaient à grands pas et le gouvernement a insisté pour que l’accord soit conclu. Je constate toutefois encore aujourd’hui que les revendications formulées au départ par le patronat n’ont pas été prises en compte, de sorte qu’il s’agit pour nous d’un accord de solidarité. De tels accords, comportant des décalages d’indexation et des mesures de compensation, ne doivent toutefois pas devenir la norme. En tout cas, lors de la prochaine réunion tripartite, il ne faudra pas se contenter de parler de l’indice.

La CGFP a accepté le report de la tranche d’indexation, tout comme le crédit d’impôt sur l’énergie qui vient la compenser. Ce crédit d’impôt profite avant tout aux ménages à faibles revenus, c’est-à-dire pas nécessairement aux personnes que votre syndicat représente.

Le Comité national de la CGFP s’est clairement prononcé en faveur d’une compensation excessive pour les personnes à faibles revenus. Nos délégués ont ainsi envoyé un signal de solidarité sans équivoque, même s’ils ne sont pas ceux qui en tirent le plus grand bénéfice.

Quelle est la position de la CGFP concernant la réduction sur le prix du carburant, qui a été prolongée avant les vacances d’été jusqu’à fin août ?

Nous n’avons pas exprimé d’avis précis à ce sujet. Il est d’ailleurs probable que la réduction sur le prix du carburant ne puisse pas être prolongée indéfiniment. Le fait est que les multinationales de l’énergie profitent actuellement de la guerre en Ukraine pour réaliser des bénéfices qui pourraient battre tous les records. Les responsables politiques doivent se demander combien de temps encore ils comptent rester les bras croisés face à ces agissements. Il sera intéressant de voir comment les prix de l’énergie vont évoluer. À l’heure actuelle, une grande incertitude règne quant à ce qui va réellement se passer à l’automne ; de nombreux facteurs restent inconnus. Personne ne sait si la Russie continuera à fournir du gaz. La pandémie n’est pas encore terminée non plus. C’est pourquoi la prochaine réunion tripartite doit être très bien préparée.

Selon les dernières prévisions de Statec, l’inflation devrait rester élevée au cours des prochains mois, mais la prochaine tranche de l’indice pourrait déjà être réduite dès l’automne. L’accord tripartite prévoit dans ce cas une nouvelle série de négociations tripartites. Qu’attendez-vous de cette réunion, qui pourrait avoir lieu dès le mois d’octobre ?

Avant la réunion tripartite, le comité national de la CGFP se réunira une nouvelle fois pour définir nos positions. Cette fois-ci, nous ne voulons pas nous contenter de parler de l’indice. Le Luxembourg est confronté à tant d’autres problèmes, comme par exemple la pénurie de logements. Le ministre de l’Économie, Franz Fayot, a récemment déclaré dans une interview que la Tripartite ne pouvait se substituer au Parlement. C’est bien sûr vrai, mais il serait néanmoins souhaitable que le gouvernement prenne au sérieux les objections des partenaires sociaux et prenne le temps de réfléchir, au lieu d’imposer une nouvelle fois la Tripartite à la va-vite.

Les déclarations de Franz Fayot ne portaient pas seulement sur la pénurie de logements, mais aussi sur la politique fiscale. La semaine dernière, sur RTL Radio, il a de nouveau réclamé l’ajustement du barème fiscal en fonction de l’inflation. La ministre des Finances, Yuriko Backes, avait toutefois déjà écarté cette possibilité lors du débat fiscal au Parlement, au motif que cela coûterait trop cher.

Si, lors de la dernière réunion tripartite, le barème fiscal avait été adapté à l’inflation, cela aurait vraiment aidé les gens. C’est pourquoi nous maintenons cette revendication. Ce n’est pas par le biais de l’indice, mais par la politique fiscale que l’on mène une politique socialement sélective. C’est pourquoi nous réclamons depuis longtemps la création de tranches d’imposition supplémentaires au milieu du barème, afin d’atténuer la progression à froid et d’alléger la charge fiscale pesant sur la classe moyenne. En effet, chaque fois qu’une tranche d’indexation baisse, de nombreux salariés sont reclassés dans une tranche d’imposition supérieure et paient ainsi davantage d’impôts. Si l’État a enregistré cette année autant de recettes fiscales supplémentaires, c’est aussi parce que le barème n’a plus été réajusté depuis 2009. Il est bien sûr juste d’aider les classes de revenus les plus modestes, mais il serait tout aussi important de soulager celles dont les salaires ne dépassent que légèrement ce seuil. Or, celles-ci semblent être oubliées, et cela ne doit pas être le cas.

Il est peu probable que l’ajustement de la grille d’imposition en fonction de l’inflation soit effectué avant les élections. Revenons plutôt à l’indice. Le report de plusieurs tranches entraîne une accumulation. Si les entreprises devaient les verser en une seule fois à un moment donné, cela leur coûterait très cher. Il en va de même pour l’État et les communes, qui sont tout de même les principaux employeurs.

Je suppose que cela serait plus facile pour certaines entreprises que pour d’autres. En revanche, on peut aussi se demander s’il est raisonnable d’exiger des gens que leurs salaires ne soient plus automatiquement adaptés à la perte de pouvoir d’achat pendant plusieurs années. Les salariés doivent apparemment s’accommoder de réductions, mais pas les entreprises. Il serait temps désormais de rechercher des solutions appropriées. L’une d’entre elles consisterait à verser normalement les tranches d’indexation. Si, en outre, le gouvernement souhaite aider les ménages à faibles revenus, qu’il n’hésite pas à le faire.

Le plus simple serait sans doute de supprimer tout simplement une ou deux tranches…

C’est hors de question pour nous.

La CGFP pourrait en effet compenser la perte de ces tranches grâce à la convention salariale du secteur public, qui doit faire l’objet d’une renégociation.

Je ne voudrais pas que l’on mélange ces deux choses. Il est vrai que l’accord salarial arrive à échéance à la fin de cette année. Nous n’élaborerons nos revendications qu’au cours des prochaines réunions du Comité national. Je tiens toutefois à souligner que nous avons déjà renoncé à toute revendication salariale pendant la crise financière et la pandémie de coronavirus, et que nous avons également fait preuve de solidarité lors de la dernière réunion tripartite, en soutenant l’accord. Tout cela influencera certainement nos discussions au sein du comité.

Tous ses membres bénéficient d’une convention collective, sans doute la meilleure qui soit au Luxembourg. Êtes-vous dans une situation privilégiée par rapport aux autres syndicats ?

Pour les autres syndicats, la situation est bien sûr quelque peu différente de la nôtre, mais je ne parlerais pas pour autant d’une position de luxe. Les fonctionnaires ont avant tout des devoirs à remplir. Sur les grandes questions de société, les trois syndicats représentatifs au niveau national ont toujours cherché à élaborer des positions collectives, et je pars du principe que, lors de la prochaine réunion tripartite, nous ferons à nouveau front commun et formulerons des revendications communes.

Ces dernières années, les syndicats semblaient en effet s’être quelque peu rapprochés. Les divergences de positions exprimées lors de la dernière réunion tripartite ont-elles changé la donne ?

Nous défendons tous les intérêts des salariés. Même si nous sommes sortis de la réunion tripartite de mars avec des points de vue divergents, je ne constate aucune fragmentation du mouvement syndical. Je serais favorable à ce que nous nous réunissions avant la prochaine réunion tripartite afin de définir une ligne commune.

Depuis des années, le patronat se plaint que l’État constitue une concurrence déloyale pour le secteur privé, car il verse des salaires plus élevés et offre de meilleures conditions de travail, notamment aux jeunes professionnels. Cette critique est-elle justifiée selon vous ?

Je ne comprends pas comment, en ces temps où tout le monde appelle à la solidarité, de hauts représentants patronaux peuvent parler de concurrence déloyale et exiger la réintroduction de la règle des 80-80-90 (salaires d’entrée plus bas ; note de la rédaction) au sein de la fonction publique. Je ne comprends absolument pas leur exigence envers le gouvernement, selon laquelle l’État ne devrait plus embaucher personne. Compte tenu de l’évolution démographique, cela n’a tout simplement aucun sens. Nous avons fait preuve de solidarité envers les entreprises en soutenant l’accord tripartite. Mais à peine celui-ci est-il signé qu’une nouvelle attaque du patronat ne tarde pas à suivre. Je trouve cela déplorable.

De nombreuses entreprises se plaignent d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée, mais l’État est lui aussi à la recherche de « talents ». En 2019, la part des employés de l’État dans l’effectif total n’était que de 12 à 13 %. Ces dernières années, les recrutements ont certes été supérieurs à la moyenne, mais dans le classement de l’OCDE, le Luxembourg occupe l’avant-dernière place. L’État dispose-t-il d’effectifs suffisants pour être performant ?

La CGFP n’a jamais réclamé de recrutements massifs, mais l’État a besoin de collaborateurs fiables, au service de la collectivité. Il n’est pas toujours facile d’en trouver. Certains pensent que tout le monde au Luxembourg travaille dans la fonction publique. Ce n’est pourtant pas le cas. La pandémie a mis en évidence l’importance d’un État performant. Dans un tel environnement, il est plus agréable de vivre et de travailler. C’est pourquoi nous devons continuer à veiller au bon fonctionnement de la fonction publique, dans l’intérêt de tous, tant de la démocratie que des entreprises.

Sur les plus de 50 000 salariés de l’État et des communes, la grande majorité possède la nationalité luxembourgeoise. Si l’on extrapole ce chiffre à l’ensemble des salariés, près de 40 % des Luxembourgeois travailleraient dans la fonction publique. Certes, de nombreux secteurs ont été théoriquement ouverts aux citoyens de l’UE, mais dans la pratique, l’État et les communes mènent encore une politique de recrutement très protectionniste. Le maître-nageur de la piscine du Campus Geesseknäppchen doit-il vraiment maîtriser les trois langues administratives ?

Je pense qu’il faudrait maîtriser ces trois langues. Dans les administrations, on est toujours content de pouvoir parler sa langue. Aujourd’hui, on exige même l’anglais, ce qui fait qu’il faut en réalité maîtriser quatre langues.

Au Luxembourg, la proportion de femmes dans la fonction publique, qui s’élève à environ 40 %, est bien inférieure à la moyenne de l’OCDE. Seule la Turquie compte encore moins de femmes dans la fonction publique. La situation n’est guère meilleure pour les femmes occupant des postes de direction au sein de l’État. La CGFP doit-elle s’impliquer davantage dans ce domaine ?

Je ne pense pas que nous puissions y changer grand-chose. Nous négocions actuellement avec le ministre de la Fonction publique, Marc Hansen, pour obtenir de meilleures conditions de télétravail, ce qui pourrait déjà aider. À l’Enregistrement, le service administratif où j’ai travaillé il y a 20 ans, la proportion d’hommes et de femmes était équilibrée. Dans d’autres secteurs, la proportion de femmes est plus élevée. Je ne sais pas d’où proviennent ces chiffres.

D’après une étude de l’OCDE datant de 2021. Celle-ci déplore également que l’État luxembourgeois ne mène pas une politique de recrutement suffisamment proactive et ne veille pas à la diversité lors des embauches.

Les femmes sont très nombreuses à travailler dans les secteurs de l’éducation et du social, mais elles sont moins nombreuses dans d’autres domaines. Je pense toutefois que nous sommes sur la bonne voie pour parvenir à la parité.

Au sein de la CGFP non plus, la parité n’est pas vraiment au rendez-vous. Sur les 19 membres du comité exécutif, on ne compte que quatre femmes, et le bureau exécutif ne compte qu’une seule femme. Le syndicalisme serait-il plutôt l’apanage des hommes ?

Le militantisme syndical s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes. Au sein de la CGFP, l’exécutif n’a en effet longtemps compté que des hommes. Aujourd’hui, nous comptons une femme parmi nos membres et je pense qu’elles seront encore plus nombreuses à l’avenir. Ce serait en tout cas souhaitable.

Ce n’est un secret pour personne que, au sein de l’État et des communes, les recrutements sont souvent motivés par des considérations politiques ou influencés par des relations personnelles. D’un point de vue syndical, trouvez-vous ce marchandage de postes acceptable ?

Autrefois, on disait qu’il fallait se classer parmi les premiers à l’examen pour pouvoir choisir son poste. Lorsque j’ai été recruté par l’État dans les années 80, à l’époque encore dans la carrière d’expéditionnaire, j’ai eu le plaisir de figurer en tête du classement de l’examen. Mais on m’avait alors fait savoir que les neuf premiers postes étaient déjà attribués et qu’il ne restait pour moi qu’un poste à la Poste, à l’Enregistrement ou à l’administration fiscale. De nombreux postes dans les ministères étaient déjà réservés avant même l’examen. Je suis bien sûr d’avis que la procédure de sélection et l’attribution des postes doivent se dérouler de manière équitable et que les candidats les plus compétents doivent être privilégiés. Cela me semble évident. En tout cas, dans mon administration, il n’y a pas eu de favoritisme. Nous pouvions travailler en toute indépendance politique ; je ne me souviens pas qu’un ministre soit jamais intervenu pour nous dicter notre conduite. Je pars du principe qu’il en va de même aujourd’hui.

Pour les hauts fonctionnaires, la situation est encore plus compliquée. Comme ils sont pour ainsi dire inamovibles, ils sont mis à l’écart après un changement de gouvernement ; s’ils ne partent pas de leur plein gré, ils continuent tout simplement à percevoir leur salaire élevé. N’est-ce pas là un gaspillage de talents et d’argent ?

À mon avis, il ne faudrait pas faire de distinction à ce sujet. Quand on a des collaborateurs qui font du bon travail et qui ont beaucoup d’expérience, il faudrait les garder au lieu de les remplacer par d’autres. Nous avons besoin de continuité dans la fonction publique. En tout cas, cela ne me plaît pas, même si je sais bien que cela arrive régulièrement.

Avec ses 33 000 membres officiels, la CGFP est le plus petit des trois syndicats représentatifs au niveau national. Elle dispose néanmoins de la position de négociation la plus forte, car la quasi-totalité des plus de 50 000 fonctionnaires et employés qu’elle représente ont le droit de vote. Cela vous rend-il plus puissant que l’OGBL, bien que celui-ci compte plus du double de membres ?

Il est en tout cas hors de question que nous devenions un jour le plus grand syndicat. Nous restons le représentant de la fonction publique et n’envisageons pas d’étendre notre action au secteur privé. Il est vrai que bon nombre de nos adhérents sont également des électeurs, mais il ne faut pas surestimer cet aspect. Nous ne sommes pas aussi puissants que certains le prétendent. Dans l’intérêt de nos adhérents, nous devons veiller à entretenir de bonnes relations avec les décideurs politiques afin de pouvoir mener des discussions et des négociations avec eux. Ce n’est pas toujours évident. Chaque syndicat s’efforce de défendre ses adhérents avec les moyens dont il dispose.

Vous êtes néanmoins probablement mieux placés que d’autres syndicats pour influencer le comportement électoral. Allez-vous formuler des recommandations cette fois-ci ?

Nous avons pour habitude de poser des questions aux partis, ce que l’on appelle les « critères d’évaluation électorale ». Nous continuerons à le faire l’année prochaine. Nous ne ferons jamais de recommandations de vote. Les citoyens sont capables de décider eux-mêmes pour qui ils peuvent voter et pour qui ils ne le peuvent pas. À titre personnel, je dois vous dire que si je devais voter aujourd’hui, je ne saurais pas pour qui.

syndicaliste de la fonction publique

Romain Wolff (61 ans) est entré dans la fonction publique en 1982. Il a débuté sa carrière à l’Administration de l’enregistrement, des domaines et de la TVA, où il a ensuite travaillé au sein du Service anti-fraude. Au sein de la CGFP, il s’est engagé au sein du comité directeur de l’Association générale des cadres, qui lui est affiliée et qui défend les intérêts des rédacteurs. En 2002, il a été élu deuxième vice-président de la CGFP. À peine trois ans plus tard, M. Wolff a été promu secrétaire général, succédant ainsi à l’« éternel » Jos Daleiden, qui occupait ce poste depuis la création de la CGFP en 1967. Dès sa nomination, il a dû faire face au rapport dit « Fontagné », qui réclamait une modification du système d’ajustement salarial automatique et une plus grande ouverture de la fonction publique aux non-Luxembourgeois. La CGFP a réussi à empêcher ces deux mesures. En 2015, lors du référendum, elle s’est prononcée contre le droit de vote pour les non-Luxembourgeois. Sous la présidence d’Emil Haag, Wolff a représenté pendant des années la CGFP auprès du public en tant que secrétaire général. Cela n’a pas changé lorsqu’il a succédé à Haag en 2016. Le nouveau secrétaire général, Steve Heiliger, n’a pas encore réussi à sortir de l’ombre de Wolff. Dès 2015, Romain Wolff a pris la présidence de la Chambre des fonctionnaires d’État. Depuis 2012, il est également président de la Confédération européenne des syndicats indépendants.