« La deuxième phase de la « vaste consultation » sur les retraites, organisée via le site Internet schwätzmat.lu, se veut plus « thématique et interactive », a souligné mercredi Martine Deprez, ministre des Affaires sociales du CSV. Elle a d’ailleurs annoncé, dès sa conférence de presse, que les questions étaient disponibles en ligne « dès à présent ».
Depuis mercredi, on trouve en ligne non seulement des questions portant sur trois grands thèmes, mais aussi l’ensemble des 2 022 commentaires soumis lors du premier cycle de consultation, ainsi que de brefs comptes rendus des réunions que Martine Deprez a tenues depuis octobre. Certains contiennent des passages intéressants. Par exemple, Mme Deprez a fait savoir à la CGFP et à la FGFC que par « large consultation », on entendait dès le départ une discussion « globale », c’est-à-dire portant également sur les retraites dans le secteur public. Dans le compte-rendu, la ministre laisse toutefois entendre que le gouvernement ne souhaite pas remettre en cause les retraites dans le cadre du régime transitoire.
Hormis le procès-verbal de la réunion avec les deux syndicats du secteur public, seul celui conclu avec l’association étudiante Acel contient des déclarations de la ministre. Elle a assuré à l’Acel qu’elle mettrait des « experts » à disposition afin que celle-ci puisse suivre le rythme lors de la deuxième phase de consultation. L’association étudiante avait déclaré que la question des retraites était « très technique », raison pour laquelle elle n’était pas en mesure de « présenter des mesures concrètes ». Les formations suivies entre 18 et 27 ans devraient toutefois continuer à être reconnues comme périodes complémentaires pour l’octroi d’une retraite anticipée. Les formations continues suivies plus tard dans la vie professionnelle devraient également être prises en compte dans cette période totale de 108 mois.
L’UEL a expressément déclaré qu’elle ne formulait pas de « revendications », mais qu’elle soumettait des « propositions ». Cela tenait peut-être au format « consultation » de la discussion, car les propositions de l’UEL coïncident avec les revendications qu’elle a formulées dans le rapport sur les retraites du Conseil économique et social. Mais peut-être tenait-elle également à ne pas entrer en contradiction avec la fondation Idea de la Chambre de commerce : Idea a présenté tout un éventail de propositions. Une réduction des retraites y figure tout autant qu’une augmentation des cotisations. Le Conseil de la durabilité peut envisager l’une comme l’autre ; une augmentation des cotisations, toutefois, uniquement « le cas échéant ». L’OGBL et le LCGB ont plaidé en faveur de la suppression du plafond de cotisation fixé à cinq fois le salaire minimum, mais ont apparemment renoncé à exiger que cela n’entraîne pas d’augmentation des prestations de retraite. Ce qui s’explique peut-être par un souci de ménager la CGFP.
La deuxième consultation en ligne devrait se poursuivre jusqu’au 9 mars. De fin mars à fin avril, trois « réunions d’experts » auront lieu sur les trois thèmes faisant l’objet de la consultation en ligne. Outre les trois grands syndicats et l’UEL, sont invités une députée de chaque parti représenté au Parlement et un représentant de la section jeunesse de chaque parti, ainsi que sept organisations de la société civile – de l’ACEL au Conseil national des femmes en passant par le Mouvement écologique.
Alors que la première consultation en ligne permettait de soumettre jusqu’à 500 caractères, la deuxième phase comprend six à huit thèses dans chacun des domaines suivants : « capacité d’adaptation », « durabilité » et « équité ». Les participants sont invités à indiquer dans quelle mesure ils sont d’accord ou non avec ces thèses et à justifier leur position. Les thèses sont formulées de manière positive et supposent que les participants maîtrisent les liens entre politique économique et politique sociale. « Réduire les retraites » n’est pas une thèse, mais par exemple : « L’augmentation de la productivité et des investissements est d’une importance cruciale pour soutenir le système de retraite. »
Toutes les thèses ne sont pas bien fondées. Ainsi, dans la section « Capacité d’adaptation », on trouve six thèses sur les départs à la retraite « flexibles ». En introduction, il est indiqué que ceux qui travaillent plus longtemps renforcent le financement des retraites. C’est faux, compte tenu de la configuration actuelle du système : ceux qui cotisent plus longtemps acquièrent davantage de droits à la retraite, alors que les promesses en matière de retraites sont importantes. Le financement ne serait renforcé que si les retraites étaient réduites au préalable.