Nouveauté Lancement du nouveau site internet du Land Voir la boutique en ligne →
Social 16 min de lecture

Transgressions

Les manifestations de samedi dernier ne portaient pas uniquement sur les mesures liées au coronavirus et une prétendue obligation vaccinale. Elles reflétaient également une opposition (libertaire de droite) au système démocratique.

Article paru dans Édition décembre 2021
Partager l'article sur

Chicaniers : samedi, un rassemblement organisé par des « citoyens inquiets » a dégénéré. Sur la place d’Armes, ils ont pris d’assaut un marché de Noël ; sur la place de la Constitution, ils ont occupé le socle du « polysémique » symbole national « Gëlle Fra » et, à Bonneweg, ils ont manifesté devant la résidence du Premier ministre, ont lancé des œufs sur la façade et rayé la portière d’une voiture appartenant au mari de Xavier Bettel. Le nombre exact de participants à la manifestation reste incertain. Les autorités parlent de 2 000 personnes, mais certains participants affirment qu’ils étaient bien plus nombreux. Selon la police, il y a eu deux manifestations : l’une s’est rassemblée au Glacis, l’autre à la Kinnekswiss, où les deux cortèges se sont rejoints vers 15 h avant de défiler ensemble à travers la ville.

La manifestation organisée à Kinnekswiss avait été officiellement déclarée ; il s’agissait de la traditionnelle « polonaise solidaire contre la dictature du coronavirus », qui défile chaque samedi depuis plus d’un an dans la capitale, attirant un public modeste. Les organisateurs sont Jean-Marie Jacoby (56 ans), ancien membre du KPL et journaliste au journal « vum Lëtzebuerger Vollek », et Peter Freitag (46 ans), ancien collaborateur du Parti pirate. Freitag s’est présenté aux élections législatives de 2013 ; Jacoby a figuré à plusieurs reprises sur des listes électorales, mais n’a jamais réussi à remporter de mandat politique. Tous deux étaient déjà connus avant la pandémie comme des fauteurs de troubles : en 2019, Freitag a accusé des membres de la direction du Parti pirate de harcèlement, a publié des documents internes et a ensuite quitté le parti ; Jacoby, membre du groupe marxiste-léniniste « Roude Fiisschen », a fait campagne en 2005 contre le traité constitutionnel européen et s’est allié quelques années plus tard au dissident de l’ADR Aly Jaerling, pour revenir en 2011 au KPL, dont il avait été exclu pour la première fois en 2004 (en décembre 2020, Jacoby avait « démissionné » du KPL pour la deuxième fois, après avoir enfreint les statuts du parti). Avec la pandémie de coronavirus, tous deux ont trouvé un nouveau terrain d’action politique. Il y a un mois, Jacoby et Freitag ont fondé l’association Mir d’Vollek avec Toni Fernandes, coordinateur de la branche luxembourgeoise de l’association européenne de lobbying anti-vaccins European Forum for Vaccine Vigilance (EFVV). L’EFVV mène également une campagne massive contre la vaccination contre la Covid-19 au Luxembourg ; dans une « étude », l’association affirme avoir récemment découvert que les personnes vaccinées, contrairement aux non-vaccinées, seraient chargées d’énergie électromagnétique. Mir d’Vollek souhaite devenir un nouveau mouvement politique afin de tenir compte des « changements sociétaux », comme l’indique son site web.

Radicalisation : La manifestation organisée au Glacis n’avait pas été déclarée. On ignore apparemment qui en a été l’initiateur, mais elle a été activement promue sur les réseaux sociaux par les membres du comité d’initiative en faveur d’un référendum constitutionnel et leur entourage (cf. d’Land du 12 novembre 2021). Parmi eux figurent, outre des membres de la famille Bettendorf-Reinert de Christnach, le blogueur Sasha Borsellini d’Esch-sur-Alzette, l’« influenceuse » Jessica Polfer et Mireille Fürst, qui a retransmis en direct l’intégralité de l’événement de samedi dernier sur sa chaîne Facebook « Mim’s Freiheit – Alternativ Media ». Alors que Borsellini, ainsi que Chantal Reinert et son fils David Bettendorf, s’opposent depuis déjà un an au port du masque, à la vaccination et aux mesures gouvernementales liées au coronavirus, Jessica Polfer, âgée de 26 ans – qui, selon ses propres dires, est une parente de Fernand Kartheiser – n’est active sur Facebook que depuis quelques mois et s’est surtout fait remarquer récemment par des vidéos promotionnelles en faveur du référendum constitutionnel, dans lesquelles elle défend les positions de l’ADR. Alors que Chantal Reinert et Jessica Polfer rejettent toutes deux toute étiquette politique, on constate une radicalisation politique notamment chez Borsellini, qui se déclare lui-même adepte de Hayek. Sur sa page Facebook, ce blogueur charismatique divertit sa fidèle communauté de près de 900 abonnés avec de petites anecdotes personnelles et des déclarations critiques à l’égard du gouvernement, du système et des médias, pour lesquelles il recueille un soutien relativement important. Il a déjà été invité sur la chaîne conspirationniste BasTV (qui n’est plus active depuis cette semaine) et a également prononcé un discours samedi lors de la Kinnekswiss. Le fait que ses réflexions philosophiques sur la « nouvelle normalité », publiées les 11 et 24 août sur la « nouvelle normalité » n’aient pas été rédigées par lui-même, mais qu’il s’agisse de plagiats légèrement modifiés et traduits en luxembourgeois d’auteurs tels que le philosophe et journaliste allemand Gunnar Kaiser, qui ne fait pas l’unanimité, ou l’écrivain américain CJ Hopkins, cela n’a sans doute guère d’importance pour ses fans. Kaiser définit la « nouvelle normalité » comme « une grande restructuration de la société vers un ordre mondial centralisé et à économie planifiée », à laquelle il faut s’opposer. Comme beaucoup d’autres récits conspirationnistes, cette approche fait également référence au concept de « Great Reset » du Forum économique mondial, qui promet une refonte mondiale, supposée plus juste sur le plan social, de la société et de l’économie après la pandémie de coronavirus. Lorsque Borsellini déplore, dans un message du 28 novembre, « l’érosion de notre “culture occidentale” » qui mènerait « inévitablement au socialisme » et présente « l’individualisme absolu » comme seule issue, le chemin vers l’AfD n’est pas bien loin.

Dans une vidéo critique envers les médias datée du 4 mai, Borsellini fait la promotion du livre *Die bürgerliche Revolution* (La révolution bourgeoise), publié en 2020 par l’économiste allemand Markus Krall. Krall est depuis 2019 PDG de la société Degussa Goldhandel GmbH qui, selon les recherches menées par le Spiegel et la WOZ, a cofinancé la création de l’AfD en tant que parti politique en 2014 et 2015. Dans cet ouvrage, Krall prédit l’effondrement de l’économie nationale dès cette année. Selon lui, l’Antifa et les islamistes tenteraient alors de construire leur propre société. Une contre-révolution conduirait alors, dans un premier temps, à l’émergence d’un État minimal doté d’une démocratie restreinte ; seuls les acteurs performants ne recevant aucune aide financière de l’État seraient autorisés à voter, explique le sociologue Andreas Kemper dans une analyse. L’objectif à long terme de Krall serait l’abolition de l’État, de la démocratie et du suffrage universel au profit d’une société régie exclusivement par le droit privé, dans laquelle régneraient de grands groupes et un monarque électif élu à vie. Dans son nouvel ouvrage publié cette année, *Freiheit oder Untergang* (Liberté ou déclin), Krall élabore une « constitution post-révolutionnaire » que Kemper qualifie de « sacro-néo-propriétariste » et de « fanatisme de droite catholique en faveur de la propriété privée ». Pour le dire sans détours, son objectif est de légitimer le pouvoir des Trump de ce monde, ce qui devrait également le rendre attractif aux yeux de l’ADR. Au sein des groupes opposés aux mesures sanitaires, Krall appelle en outre de plus en plus à la résistance contre l’État. Krall est un invité de choix au sein de l’AfD, mais aussi dans d’autres cercles libéraux sur le plan économique et conservateurs sur le plan des valeurs (notamment au sein de la CDU et du FDP). On ignore si et dans quelle mesure Sasha Borsellini, gardien de prison employé par l’État, partage les opinions antidémocratiques de Krall. La formulation de ses fantasmes insurrectionnels et de ses reproches à l’encontre des médias « financés par l’État », diffusés dans des vidéos et des textes, laisse en tout cas supposer qu’il s’est penché sur les idées de Krall. Borsellini a rejeté une demande d’entretien adressée par le journal *Der Land* en indiquant qu’il n’avait pas vraiment confiance dans la presse et qu’il ne pouvait, dans sa situation actuelle, se permettre une interview présentant le risque que les faits soient présentés de manière erronée ou incomplète. Peu avant la demande du journal *Land*, il s’était encore plaint dans un article que les médias rejetaient son offre de répondre à leurs questions et tentaient, dans son dos, de glaner des informations à son sujet afin de le discréditer publiquement.

Un grand réveil : ces deux exemples montrent que la manifestation de samedi dernier allait bien au-delà d’une simple protestation contre les mesures liées au coronavirus et une prétendue obligation vaccinale. De manière générale, les participants à ces manifestations sont très hétérogènes, comme l’ont souligné la plupart des députés mardi lors du débat à l’Assemblée sur les incidents de samedi dernier. La contestation touche toutes les couches sociales et tous les milieux. Le groupe le plus nombreux est sans doute celui des anthroposophes et des adeptes de l’ésotérisme, qui, à quelques exceptions près, se font toutefois plutôt discrets. La criminologue allemande Christine Henschel tente d’expliquer, dans un article publié dans la revue scientifique Leviathan, ce qui relie finalement toutes ces personnes, comment elles parviennent à forger et à maintenir une unité, et pourquoi la présence d’extrémistes de droite est tolérée lors de tels rassemblements. Outre la conquête commune de l’espace public lors des soi-disant « promenades », le récit du « grand réveil », partagé selon Henschel par de nombreux participant·e·s et qui occupe également une place centrale chez QAnon et la Nouvelle Droite, joue un rôle fédérateur. Ce phénomène serait précédé d’un « changement de conscience qui commence par un sentiment de malaise (« il y a quelque chose qui cloche », « qu’est-ce qui se cache derrière tout ça ? ») et qui se caractérise par des recherches personnelles ». La quête de la « vérité profonde » qui en découle serait perçue comme un réveil d’un état de torpeur ou d’une illusion, un thème que l’on retrouve aussi bien dans les discours spirituels que dans ceux liés aux théories du complot et à l’extrême droite. La participation à la société majoritaire serait troquée contre une action clandestine, les sanctions menaçantes seraient acceptées de plein gré, ce qui conduirait à la constitution d’un mouvement qui ne veut « pas se diviser ».

Les groupes Telegram concernés, sur lesquels Reporter a enquêté la semaine dernière, regorgent d’offres de ce type de discours qui, d’une part, renforcent ce « sentiment de malaise » et, d’autre part, fournissent des informations sensationnelles et prétendument secrètes que le(s) gouvernement(s) et les médias voudraient soi-disant cacher au « peuple ». Selon Henschel, cet « éveil » revendique une responsabilité morale et une longueur d’avance sur les autres « moutons endormis », ce qui conduit à ce que « des idéologies auparavant marginalisées, extrêmes, voire ridiculisées, deviennent soudain plausibles et acceptables ». Un autre élément commun est l’attente que ceux qui « nous ont fait ça » reçoivent la punition qu’ils méritent.

Selon l’analyse de la criminologue, le mouvement « Corona » se distingue des mouvements sociaux révolutionnaires de notre époque, tels que Black Lives Matter ou Fridays for Future, en ce qu’il n’articule « aucune conception concrète du changement, mais un “bruit de changement” », afin que tout reste tel quel. Si cette analyse peut s’appliquer à la « Marche blanche silencieuse », l’événement de samedi, au cours duquel la résistance contre le système politique s’est manifestée non seulement verbalement, mais aussi par des actions concrètes, a parfois pris des allures subversives.

Instrumentalisation : l’ADR porte une part évidente de responsabilité à cet égard. Par son attitude ambiguë et contradictoire, elle a attisé de manière perfide les tensions ces dernières semaines et a instrumentalisé à des fins politiques les critiques – parfois même compréhensibles pour une grande partie de l’opinion publique – à l’encontre des mesures liées au coronavirus. Sa campagne constitutionnelle, qui ne visait qu’en apparence à promouvoir la tenue d’un référendum, mais qui avait en réalité pour objectif de saboter l’ensemble de la réforme, s’est appuyée sur la peur et la désinformation. Roy Reding abuse de son statut parlementaire et du pouvoir que lui confère cette fonction pour appeler, sur les réseaux sociaux, à la grève et à la résistance contre les mesures anti-Covid, tout en acceptant sciemment que des journalistes et d’autres citoyens puissent se retrouver en difficulté. Lorsque les autres partis ont exigé mardi sa démission pour cette raison, il a refusé d’assumer la responsabilité de ses actes et s’est présenté comme une victime. Son collègue de parti, Kartheiser, a mis en garde au Parlement contre l’État policier, mais a exigé dans le même temps une extension des moyens et des compétences de l’appareil d’État répressif.

Les émeutes de samedi dernier ont provoqué cette semaine un « réveil » chez les « moutons endormis » et les responsables politiques. Sous le hashtag #etgeetdeckduer, les partisans de la vaccination ont exprimé leur mécontentement face aux manifestations sur les réseaux sociaux. Le modèle luxembourgeois, fondé sur le consensus, le corporatisme et la proximité, a été ébranché dans ses valeurs fondamentales par les flambées de violence et les transgressions de certains manifestants. Le fait que des personnes non vaccinées se comparent aux victimes de la Shoah et s’approprient symboliquement l’étoile jaune a été vivement condamné par plusieurs institutions et l’ensemble des partis représentés au Parlement. Une douzaine de partisans de la vaccination a fondé cette semaine l’initiative « Mir Birger vu Letzebuerg ! » et appelle au respect mutuel, à la solidarité, à la démocratie participative et à la responsabilité citoyenne. Elle invite la population à klaxonner vendredi à midi si elle se trouve en voiture, ou à se faire entendre bruyamment pendant 15 secondes par d’autres moyens.

Dans le même temps, l’unité au sein du mouvement de protestation commence à s’effriter. Cela s’explique notamment par le fait que la plupart des participant·e·s souhaitaient en réalité rester pacifiques. Selon Chantal Reinert, les organisateurs anonymes de ce rassemblement non déclaré n’avaient même pas prévu de « se promener », mais souhaitaient simplement discuter de la marche à suivre face aux nouvelles mesures. Par exemple, en raison de la règle des « 3G » prévue sur le lieu de travail, ils auraient voulu discuter de la création d’un fonds de solidarité pour les personnes non vaccinées qui ne gagnent pas assez pour payer leur test rapide quotidien. Ou encore d’organiser des grèves ponctuelles pour protester contre ces mesures. Ou encore de retirer les enfants de l’école pendant quelques jours afin de faire pression sur le plan politique. Finalement, le cortège s’est tout de même mis en marche, mais Mme Reinert affirme qu’elle n’avait à aucun moment prévu que la manifestation dégénérerait à ce point. Pourtant, la semaine dernière, des organisateurs anonymes avaient explicitement appelé à un grand « Rassemblement national » et à la résistance. Bien que les soi-disant leaders d’opinion aient exhorté à rester pacifiques malgré toute cette émotion, certains estimaient que la violence était « justifiée pour se défendre », comme l’a révélé Reporter.

Ces émeutes n’étaient donc pas tout à fait inattendues. Bien que personne n’ait été blessé, le député du CSV, Laurent Mosar, a critiqué mercredi l’attitude trop passive de la police face aux émeutiers et a laissé entendre que l’intervention avait été mal planifiée. Dans un article publié mercredi dans *Das Wort*, des policiers ont repris cette critique et ont déploré que les règles sanitaires liées au coronavirus soient appliquées de manière stricte dans certains cas et pas du tout dans d’autres. Des participant·e·s à la manifestation non déclarée ont déclaré au journal *Der Land* que la police avait bien coopéré avec eux, ce qui est également confirmé par plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux. Selon la police, cela faisait partie de sa tactique de désescalade, comme elle l’a expliqué jeudi lors d’une conférence de presse. Chantal Reinert souligne qu’elle et ses collègues ont appelé à plusieurs reprises les manifestants, à l’aide d’un mégaphone, au calme et à la raison. Cela n’a toutefois pas fonctionné avec tout le monde.

Kloertext L’identité des responsables des émeutes n’a apparemment pas encore été établie. Des rumeurs circulent selon lesquelles il s’agirait de « gilets jaunes » venus de France ou de Belgique. Certains observateurs affirment également avoir reconnu des « hooligans » luxembourgeois parmi les émeutiers. Ni la police ni le ministre compétent, Henri Kox (Verts), n’ont pu ou voulu s’exprimer publiquement à ce sujet jusqu’à présent. Cela fait également partie du « modèle luxembourgeois » ; dans d’autres pays, une telle discrétion aurait depuis longtemps été interprétée comme un signe d’incompétence de la part du ministre et de son administration.

À la suite des émeutes, Henri Kox a annoncé qu’à l’avenir, les manifestations ne seraient autorisées qu’à l’intérieur d’un périmètre défini et le long d’un parcours prédéterminé. Ce week-end, la police devrait en outre procéder à des contrôles d’identité. Amnesty International a annulé la marche aux flambeaux en faveur des droits de l’homme prévue vendredi et a déplacé la veillée dans un lieu privé.

Cette semaine, pratiquement aucun des militant·e·s se déclarant « pacifist·e·s » ne s’est explicitement distancié·e des émeuteurs. Seuls les organisateur·rice·s de la Marche blanche ont tenu des propos clairs et Bas Schagen s’est retiré des réseaux sociaux. Beaucoup d’autres ont relativisé la violence, minimisé l’importance des actions, rejeté la responsabilité de la voiture rayée sur d’autres et continué à appeler à la cohésion. Chantal Reinert et Jessica Polfer ne souhaitent toutefois pas participer aux marches annoncées ce week-end. Elles prévoient cette fois-ci de se réunir en privé, en petit comité, afin de discuter de la suite à donner à leur action. À l’origine, elles voulaient simplement se faire entendre, explique Chantal Reinert dans un entretien accordé au journal « Land ». Elle et Jessica Polfer voulaient intervenir dans l’émission « Kloertext » sur RTL et expliquer à la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), pourquoi la nouvelle loi imposant la règle « 2G » pendant les loisirs et la règle « 3G » sur le lieu de travail est, selon elles, injuste et manque de solidarité, en particulier envers les personnes non vaccinées qui ne gagnent que le salaire minimum. Une personne de leur entourage aurait craché du sang après la vaccination. Ce n’est tout de même pas normal, estime Chantal Reinert.