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Institutions et démocratie 8 min de lecture

Full damage control

« C’est une situation gagnant-gagnant lorsque l’on parvient à envoyer sur place une personne aussi compétente, qui a d’ailleurs prouvé qu’elle en était capable », a déclaré mardi matin sur RTL le ministre du Commerce…

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« C’est une situation gagnant-gagnant lorsque l’on parvient à envoyer sur place une personne aussi compétente, qui a d’ailleurs prouvé qu’elle en était capable », a déclaré mardi matin sur RTL le ministre du Commerce extérieur, Xavier Bettel. Il faisait référence à la deuxième personnalité politique la plus populaire du pays, Paulette Lenert (LSAP), qui a récemment quitté le Parlement pour occuper un poste au Conseil d’État. Mme Lenert a désormais décidé d’accepter le poste de commissaire pour l’Exposition universelle de Riyad ; M. Bettel la proposera comme candidate au Conseil de gouvernement. « Il est avant tout important de nommer une femme pour Riyad », a expliqué M. Bettel. « Je pense que c’est une valeur ajoutée. (..) Elle n’aura pas là-bas un poste où elle devra veiller sur la flamme jusqu’à ce qu’elle s’éteigne. Ce n’est pas un poste subalterne, c’est un poste à responsabilités. C’est la bonne personne à la bonne place. »

La semaine dernière, c’était Léon Gloden ; cette semaine, c’est Xavier Bettel. Le CSV et le DP regardent avec délectation leur adversaire perdre de son capital politique. Dans un pays où les élections se jouent essentiellement sur la personnalité des candidats et où les ambitions de carrière l’emportent souvent sur les valeurs – à tel point que les partis semblent parfois secondaires –, le LSAP perd pour l’instant un atout majeur en termes de voix. Cela dit, dans un entretien accordé au journal « Le Land », Paulette Lenert déclare pour l’instant « se retirer » pour « s’engager » ailleurs. Elle ne prononce toutefois pas de « non » définitif. « Je sais que cela ne passe pas très bien. » Mais une candidature en tête de liste, comme en 2023, semble désormais hors de question. À propos de son retrait, elle déclare : « C’est l’un après l’autre. » Paulette Lenert en a tiré les conséquences.

Outre le vide laissé par Lenert, le parti est en proie à d’autres problèmes. Depuis environ un an, les querelles internes font de plus en plus souvent surface. Tout a commencé l’été dernier avec un article paru dans le Tageblatt, qui visait la présidente du groupe parlementaire Taina Bofferding – manque de leadership, d’efforts et de présence. La tâche des présidents de groupe parlementaire n’est pas aisée : ils doivent maintenir la cohésion au sein d’une équipe où les egos s’affrontent. Leur mission consiste à déléguer et à garder une vue d’ensemble sur des dossiers très variés. À cela s’ajoute, pour le LSAP, le défi de jouer son rôle d’opposition et de s’imposer comme une véritable alternative politique, après des décennies passées au gouvernement. Et d’élaborer une stratégie pour remporter les élections de 2028 – à une époque où les partis de gauche sont affaiblis dans toute l’Europe, à l’exception de l’Espagne.

Puis, au début de l’année, le responsable du parti, Ben Streff, a démissionné et a attribué des notes aux députés depuis les coulisses. Cinq mois plus tard, il a prêté serment au Parlement et fait désormais partie de ceux-là mêmes qu’il critiquait (d’Land, 12 juin 2026). La semaine dernière, une nouvelle tempête dans un verre d’eau a éclaté autour de la députée Liz Braz, qui ne pouvait se résoudre, au nom de ses principes, à voter contre le pacte sur l’asile et la migration du ministre de l’Intérieur Léon Gloden (CSV). Son groupe parlementaire, fidèle à son ancien ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn, avait redécouvert ses valeurs socialistes lors de la réunion de groupe qui avait précédé la séance plénière. La ligne prévue a été modifiée : le LSAP voterait contre la réforme. Liz Braz a justifié son point de vue par la nécessité de règles européennes dans le débat sur l’immigration. Le fait que Léon Gloden pousse ces règles trop loin ne la dérange pas.

Elle ne s’est donc pas présentée au Parlement pour le vote, même après avoir été sollicitée à plusieurs reprises par ses collègues. Elle a ensuite fait savoir par écrit aux médias qu’elle ne souhaitait pas faire obstacle à son parti, mais qu’elle tenait à « rester fidèle » à ses valeurs. Il n’existe aucune obligation légale pour un élu de se présenter à l’assemblée, mais il y a une question d’étiquette. On peut qualifier cet incident de « coup de tête », comme le font certains au sein du groupe parlementaire. On peut défendre la liberté de conscience et d’expression, comme l’a fait le journal *Das Wort*. En fin de compte, Mme Braz s’est sans doute quelque peu isolée au sein de son parti par cette démarche, mais, à l’instar de Paulette Lenert, elle ne dépend politiquement de son parti que dans une mesure limitée. Dans les rubriques de commentaires en ligne, l’action de Mme Braz est bien accueillie, surtout par ceux qui redoutent l’uniformité des opinions et les prétendues muselières. Le LSAP n’en tire guère profit. Comme l’a souligné le Tageblatt la semaine dernière, cela renforce plutôt l’image d’un groupe parlementaire composé de combattants solitaires, alors que l’unité serait nécessaire en tant que principale force d’opposition. (Entre-temps, les syndicats revendiquent ce rôle pour eux-mêmes, voir pages 3-4).

Le LSAP est désormais passé en mode « gestion de crise totale », car trop de chaos et de dissensions visibles nuisent à son image. « Le groupe parlementaire n’est pas une bande de charlatans », déclare Mars di Bartolomeo dans un entretien accordé au journal *Land*, en rappelant les succès remportés par le LSAP lors des élections européennes. Des députés tels que Ben Streff assurent aux médias, après cet incident, qu’il règne au sein du parti une « culture du débat constructive » (100,7, RTL). « Il faut savoir quand taper du poing sur la table et quand garder la main dans la poche. » Faire avancer les choses si nécessaire semble être la devise de la génération Z au sein du LSAP. Reste à voir comment l’électorat réagira à cela. Le LSAP a réussi son rajeunissement : au sein du groupe parlementaire, Claire Delcourt, Ben Streff, Ben Polidori et Liz Braz ont fait baisser la moyenne d’âge, tandis que l’ancienne présidente des Femmes socialistes, Maxime Miltgen, est devenue coprésidente du parti.

Le LSAP se présente volontiers comme le défenseur de l’État-providence. Mais celui qui se contente d’essayer d’éviter le pire ne participe pas lui-même à la construction – et reste cantonné au rôle de partenaire junior. Dans certains domaines, tels que la santé ou l’immigration, il se démarque davantage du gouvernement noir-bleu. En matière d’éducation et de jeunesse, les différences sont minimes ; dans le domaine de la construction de logements également, son action reste peu marquée. Le LSAP approuve la réforme fiscale du ministre des Finances Gilles Roth (CSV) ; il ne formule des critiques que sur son financement. Dans le Quotidien, Georges Engel, coprésident du parti, a déclaré : « On ne devient pas plus fort en affaiblissant l’autre. On devient plus fort en proposant des idées, en argumentant, en donnant une vision de la société qui rassemble les gens derrière cette vision. » Or, cette vision reste floue. Des initiés du parti expliquent que le groupe parlementaire ne consacre pas suffisamment de temps aux questions de fond. Qu’en raison de l’agenda parlementaire, on passe d’un sujet d’actualité politique à un autre. « Il manque un espace pour les discussions de fond », déclare Paulette Lenert dans un entretien accordé au Land.

Le congrès du parti, qui s’est tenu à la discothèque Encore de Hollerich, n’a pas suscité chez tous les membres du parti l’euphorie que la nouvelle direction, sous les projecteurs, dégageait sur scène. Là encore, la discussion a été laissée aux responsables du parti, le groupe parlementaire restant en retrait. Seul le député Franz Fayot a mis en garde contre le risque de se positionner trop au centre, afin de ne pas contrarier le CSV actuel (d’Land, 20 mars 2026). Dans le programme politique, qui a été discuté lors de l’Encore et qui vise à moderniser le LSAP, le terme « salaire minimum » a disparu. Le LSAP continue de se préoccuper de l’emploi – mais plus tant des « ouvriers », comme le définit le nom du parti. Le parti continue néanmoins d’obtenir de meilleurs résultats électoraux dans les zones où vivent davantage de personnes titulaires d’un diplôme de fin d’études primaires, ainsi que dans les communes où le salaire médian est plus faible, où l’on compte davantage d’ouvriers et davantage de chômeurs (d’Land, 13 octobre 2023). Son électorat reste populaire. Combien de compromis peut-on raisonnablement lui demander ?

Le calme ne devrait pas revenir de sitôt. Car au-dessus de tout cela plane la question de la direction, que le parti évite systématiquement d’aborder dans les médias. Personne ne souhaite pour l’instant prendre position, l’essentiel étant le fond. De même, aucun candidat ne se détache comme une figure naturelle et charismatique. Revenir vers le député européen Nicolas Schmit ne semble pas être une option. Lorsque le Tageblatt a demandé en février aux présidents sortants du parti, Dan Biancalana et Francine Closener, quelles devaient être les qualités d’un candidat de tête, Francine Closener a répondu : « Plus de substance que le candidat de tête probable du DP. De la crédibilité. De la fiabilité. Plus d’empathie que le candidat de tête probable du CSV. » Qui cela pourrait-il bien être ? Taina Bofferding et Georges Engel sont sans doute ceux qui s’imposent en raison de leur expérience gouvernementale. p