Lorsqu’une population est peu nombreuse, comme c’est le cas ici, elle n’apporte que peu de valeur ajoutée. Elle ne peut pas disposer de main-d’œuvre qualifiée dans tous les domaines. La demande de main-d’œuvre fait grimper les salaires de manière incontrôlée. L’intelligence artificielle n’est pas la solution à tout. C’est pourquoi les classes aisées ont davantage besoin de main-d’œuvre immigrée qu’ailleurs.
Tous les travailleurs immigrés ne sont pas accueillis comme des frontaliers, des talents ou des « inpats ». Il existe également une main-d’œuvre excédentaire. Des personnes qui ne sont même pas employées au noir comme aides de cuisine ou, contre un pourboire, comme livreurs de repas. Dans une société fondée sur le travail salarié, cela est illégal. Les sans-papiers sont des personnes qui ont souvent fui la pauvreté, la guerre ou les persécutions au péril de leur vie.
Il y a deux semaines, le CSV, le DP, l’ADR et le Parti des Pirates ont adopté au Parlement une loi relative au fonctionnement d’un « Centre de Filtrage ». Dans ce centre, la main-d’œuvre excédentaire en provenance d’Afrique, d’Asie et d’Europe de l’Est doit être déclarée inemployable en l’espace de quelques jours, renvoyée illégalement et, le cas échéant, placée en détention. Sous la gestion du centre de rétention. L’article 6 de la loi stipule : « Les autorités de filtrage au sens de l’article 2, point 10), du règlement (UE) 2024/1356 comprennent les autorités suivantes : 1° le ministre ; 2° la Police grand-ducale ; 3° le Service de renseignement de l’État. »
L’expulsion des personnes rejetées reste difficile. Leurs pays d’origine ne manifestent guère d’intérêt pour leur réadmission. De nombreux pays de l’UE souhaitent une expulsion plus rapide et plus impitoyable. C’est pourquoi le Parlement européen a adopté la semaine dernière une résolution relative à un « système commun pour le retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier dans l’Union ».
L’Union européenne encourage désormais la création de centres de rétention situés en dehors de ses frontières. L’accord conclu entre le gouvernement néofasciste italien et l’Albanie corrompue sert de modèle. Il s’agit de la création d’un « centre de filtrage » à Shëngjin et d’un « centre de rétention » à Gjadër. La mise en service de ces centres financés par l’Italie s’est jusqu’à présent heurtée à des obstacles juridiques et administratifs. La résolution de l’UE vise désormais à remédier à cette situation.
L’Union européenne collabore depuis des années avec des trafiquants d’êtres humains en Libye. L’Australie a détenu des demandeurs d’asile sur les îles de Nauru et de Manus. Les États-Unis expulsent, contre rémunération, des détenus vers le Salvador. Le Royaume-Uni a tenté d’expulser des demandeurs d’asile vers le Rwanda.
Les États les plus pauvres doivent être rémunérés pour diversifier leur économie grâce à un « complexe industriel pénitentiaire ». C’est là que sont déportés les travailleurs excédentaires de l’Union européenne pendant la durée de leur procédure d’asile. C’est là qu’ils sont privés de toute protection juridique dans des pays qui leur sont inconnus.
Si, par exemple, un État membre de l’UE estime qu’il est politiquement délicat d’expulser des demandeurs d’asile vers l’Afghanistan, il préfère les envoyer dans un camp en Ouzbékistan. Afin que l’Ouzbékistan les expulse, sous sa propre responsabilité, vers l’Afghanistan voisin. On ne punit jamais assez ces pauvres gens.
La résolution du Parlement européen a été adoptée par les partis de droite unis. Dans un effort commun visant à attiser jusqu’au sang la concurrence nationale entre les pôles économiques et entre les travailleurs. En tant qu’alliance entre le Parti populaire européen, qui secoue la tête depuis des années face à l’obstination de ceux qui se noient en Méditerranée, et les groupes politiques des Conservateurs et Réformistes européens, des Patriotes pour l’Europe et de l’Europe des nations souveraines. Qui, la nuit, se masturbent devant des vidéos YouTube montrant des ICE.
Les sociaux-démocrates, la Gauche et les Verts ont voté contre la résolution. Les libéraux étaient à la fois pour et contre. Après le vote, les députés de droite ont applaudi en rythme et ont scandé : « Renvoyez-les ! Renvoyez-les ! » Les députées européennes du CSV, Isabel Wiseler-Lima et Martine Kemp, ont voté en faveur de la résolution. On ignore si elles se sont jointes aux cris.