Nouveauté Lancement du nouveau site internet du Land Voir la boutique en ligne →
Environnement 3 min de lecture

Les animaux sauvages

Nic Etgen, agriculteur et président de la Fédération des syndicats de chasse (FSCL), s'est prononcé en faveur d'une augmentation des quotas de chasse au gibier. En raison des dégâts causés par le gibier, le…

Article paru dans Édition mai 2024
Partager l'article sur

Nic Etgen, agriculteur et président de la Fédération des syndicats de chasse (FSCL), s’est prononcé en faveur d’une augmentation des quotas de chasse au gibier. En raison des dégâts causés par le gibier, le rajeunissement du peuplement de chênes, par exemple, ne progresse pratiquement pas : « Dès que les jeunes chênes poussent, ils sont aussitôt détruits », a déclaré au journal « Land » le frère du député Fernand Etgen (DP).

L’administration chargée de la protection de la nature souhaite elle aussi réduire les populations de chevreuils, de cerfs et de sangliers grâce à une « chasse professionnelle ». Afin de légitimer une chasse plus intensive et de redorer l’image de la chasse, la FSCL lancera demain samedi 4 mai, au marché hebdomadaire de Luxembourg-Ville, une campagne publicitaire soutenue par l’État : « Weid, gutt fir mech, gutt fir de Bësch » (La chasse, bonne pour moi, bonne pour la forêt) : tel est le slogan de cette campagne. En mettant en avant les bienfaits de la viande de gibier – riche en vitamine B, en fer et en zinc –, la FSCL souhaite encourager la consommation tout au long de l’année de viande de gibier issue de la chasse locale.

L’administration chargée de la protection de la nature, quant à elle, déplore que le sanglier, en particulier, « continue apparemment à se multiplier sans frein ». Du côté du ministère de l’Environnement, on estime désormais que les pièges à cage constituent une « option qui mérite d’être discutée », comme l’a déclaré Claude Origer, responsable de la chasse au sein de la Direction de la protection de la nature, des forêts et de l’eau du ministère de l’Environnement, lors de l’assemblée générale de la FSCL. Lors de cette assemblée, le biologiste Ulf Hohmann, directeur du département de recherche sur le développement forestier à Trippstadt, dans le Palatinat, a également présenté un exposé sur les avantages et les inconvénients des dispositifs de capture. Selon M. Hohmann, l’intelligence des sangliers constitue un obstacle majeur : au fil du temps, les sangliers de la région « apprennent » et ne tombent plus dans les pièges, comme le rapporte le journal « Letzebuerger Bauer » en citant le biologiste.

Cela arrange bien la Fédération Saint-Hubert des Chausseurs du Grand-Duché (FSHCL). En effet, lundi, son secrétaire général, Richard Frank, a déclaré au journal *Das Wort* que les enclos de chasse « n’avaient plus rien à voir avec la chasse ». La FSHCL souhaite chasser le gibier en liberté.

On ignore quelle densité de gibier l’administration chargée de la protection de la nature, les propriétaires forestiers et les chasseurs souhaitent précisément réguler. Les chevreuils, les cerfs, les lièvres et autres animaux sauvages n’ont pas encore été recensés. Peut-être que cela se fera dans les années à venir à l’aide de drones. Le Statec se contente de communiquer les chiffres des prises : lors de la saison de chasse 2015/16, 4 900 sangliers ont été abattus. Sept ans plus tard, ce chiffre s’élevait à 6 530. D’autres inconnues pourraient toutefois freiner cet élan de régulation, comme la quantité annuelle de nourriture disponible, qui varie en fonction des conditions climatiques. De plus, l’intervention dans un écosystème peut entraîner des changements de comportement chez les animaux sauvages, ce qu’aucun régulateur n’a prévu.