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Politique 4 min de lecture

Pas d’aide

CONVERSATION FORTUITE AVEC L'HOMME DANS LE TRAIN

Article paru dans Édition août 2025
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Le ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel était en avance sur son temps. Lorsque l’armée russe a envahi l’Ukraine en 2022, son prédécesseur du LSAP, Jean Asselborn, souhaitait voir le président Vladimir Poutine « éliminé physiquement » (Radio 100,7, 2 mars 2022). Mais les oligarques constituaient une clientèle bienvenue. Conscient de son devoir, le Premier ministre du DP, Xavier Bettel, a pris son téléphone. Il a tenté, « avec les modestes moyens dont je dispose, d’avoir des entretiens entre le président Zelensky et le président Poutine. J’ai également eu des conversations téléphoniques chaque semaine. Pendant des heures » (RTL, 20 août 2025).

Mais la diplomatie était mal vue. Même dans notre pays. « Nous voulons continuer à vous soutenir par des livraisons d’armes », ont promis les Verts aux Ukrainiens au Parlement. « Pour que vous puissiez gagner cette guerre » (2 juin 2022). La paix, c’était du défaitisme. Négocier, c’était de la trahison. Après deux ans de morts dans cette guerre de position, le LSAP a appelé à tenir bon : « Allez, ne nous laissons pas déstabiliser par ces faux apôtres de la paix qui réclament désormais des négociations » (27 février 2024).

Le président américain Donald Trump s’y connaît mieux en matière d’impérialisme. Il a entamé des pourparlers visant à mettre fin au carnage. C’est le signe que l’Ukraine a perdu la guerre. Les États-Unis s’y connaissent. Ils ont déjà perdu de nombreuses guerres. Ils estiment qu’il est vain de la poursuivre.

Les États-Unis et l’Union européenne n’ont jamais cru à une victoire ukrainienne. Ils voulaient profiter de l’occasion pour affaiblir la Russie. L’Union européenne a déclenché une guerre économique. Le gaz naturel et l’électricité ont vu leurs prix augmenter. Le mois prochain, la Commission européenne prévoit d’adopter un 19e train de sanctions. Les 18 précédents n’ont pas été très efficaces.

L’Union européenne a voulu traiter Vladimir Poutine comme un paria. Elle n’a jamais voulu discuter avec lui de l’avenir de l’Europe. Cela arrangeait bien les États-Unis. En Alaska, ils ont déroulé le tapis rouge pour l’autocrate russe. Donald Trump l’a reçu comme un égal. Pour discuter avec lui de l’avenir de l’Europe. Macron, Merz et Starmer peuvent se contenter de faire la première partie.

La cause de la guerre reste l’élargissement de l’OTAN vers l’Est. En novembre, Xavier Bettel s’est réjoui dans sa déclaration sur la politique étrangère : le sommet de l’OTAN à Washington aurait « confirmé que l’avenir de l’Ukraine réside également au sein de l’OTAN ». Aujourd’hui, les États-Unis proposent à la Russie de renoncer à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

« Le Luxembourg reste fermement attaché à l’intégrité territoriale de l’UA », a tweeté Xavier Bettel le 24 février sur X. Le 17 août, Luc Frieden a déclaré sur RTL que « celui qui a envahi un pays, à savoir la Russie, ne peut pas être récompensé pour cela ».

Aujourd’hui, les États-Unis proposent à la Russie de repenser ses frontières avec l’Ukraine. Personne n’est disposé ni capable de reconquérir l’est de l’Ukraine occupé. En l’espace de 48 heures, Luc Frieden a changé d’avis : « Les frontières ne peuvent en aucun cas être modifiées par la force » (RTL, 19 août 2024). Peut-être grâce à une légère pression exercée par Washington.

« Si on s’efforce maintenant de faire venir M. Poutine chez nous », a averti Yves Cruchten, député du LSAP, « il se retrouvera bien vite à notre frontière » (RTL, 15 mars 2025). M. Poutine vient désormais chercher ce qui lui revient. M. Trump aussi : il a déjà dans sa poche un « accord minier » avec l’Ukraine.

Et Mme Backes ? « La menace est bien réelle. La Russie représente une menace bien réelle pour nous tous », a martelé la ministre de la Défense aux auditrices de RTL (3 mars 2025). Afin de justifier les dépenses militaires démesurées. Un accord de paix avec l’ennemi menace d’apaiser la peur de la guerre : la volonté de gaspiller trois milliards d’euros par an.

La Russie s’est assurée une influence en Ukraine. Les États-Unis mènent une guerre commerciale contre leurs alliés. Dans la lutte pour les marchés, les bas salaires, les matières premières et les sphères d’influence, l’Union européenne fait partie des perdants de la guerre en Ukraine. Et donc aussi les classes possédantes de ce pays. Ni Frieden, ni Bettel, ni Backes, ni leurs apôtres de la guerre n’ont pu leur venir en aide. Ils ne sont même pas capables de l’admettre.