Une meilleure protection
Hier, jeudi, c’était la Journée mondiale de l’enfance. À cette occasion, le rapport annuel de l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (Okaju) a été publié cette semaine. Ce rapport plaide en faveur d’une réglementation accrue en matière de protection des enfants sur Internet, et notamment de la mise en place d’un cadre juridique régissant l’utilisation des réseaux sociaux : L’Okaju propose un âge minimum de 15 ans. (L’Australie a instauré une limite d’âge de 16 ans ; la Nouvelle-Zélande et le Danemark devraient bientôt lui emboîter le pas.) La protection contre les contenus pornographiques est également abordée. Le médiateur Charel Schmit met en garde contre le « double discours » de l’État, qui tire un profit économique de ce secteur. Une proposition judicieuse, mais difficile à mettre en œuvre dans la pratique, consiste à interdire l’utilisation d’écrans avant l’âge de trois ans. Compte tenu du lien entre la consommation de CSAM (child sex abuse material) et les abus sexuels, le rapport souligne la nécessité d’une analyse des risques institutionnalisée dès qu’une adresse IP d’un auteur présumé est identifiée. En collaboration avec l’Unicef, l’Okaju plaide également en faveur de réformes visant à réduire la pauvreté infantile dans le pays – qui touche un quart des enfants : il faudrait apporter une aide plus ciblée plutôt que de procéder à des distributions à l’aveuglette. sp
Politique améliorée
Xavier Bettel (DP) peine à se démarquer en tant que ministre des Affaires étrangères. L’ancien Premier ministre enchaîne en revanche les coups de pub retentissants dans sa circonscription. Après la promenade du teckel Aspro avec la délégation du Cap-Vert, voici l’apparition au gala de la Croix-Rouge en compagnie de la star de la pop, Camila Cabello (3,2 milliards d’écoutes pour son titre « Señorita » sur Spotify) et de son compagnon, Henry Junior Chalhoub, héritier d’une dynastie du commerce de luxe au Moyen-Orient… et administrateur à Luxembourg de Barents Reinsurance (photo : XB/Insta). Le nom de ce dernier figure dans le rapport d’activité 2022 du Premier ministre Bettel, qui recevait parfois des « connaissances » au ministère, comme nous le confirment d’anciens membres de son entourage. Le 11 mai 2022, le (alors) chef du gouvernement avait reçu Henry Chalhoub en compagnie d’un autre « golden boy », Christian Angermayer, patron du groupe Apeiron qui investit aujourd’hui aux côtés de Peter Thiel dans l’organisation de Jeux (pseudo) olympiques, Enhanced Games, où le dopage est autorisé. Dimanche, Xavier Bettel a publié sur son profil Instagram une photo d’Aspro et de Camila. You can’t compete. Pso
« Populisme de Bëllege »
Robert Mehlen, ancien député et, jusqu’à il y a deux jours, président d’honneur de l’ADR, a annoncé son départ du parti. « La coupe est pleine », a-t-il écrit dans une lettre adressée aux médias, après avoir fait part de cette nouvelle à la présidente du parti, Alexandra Schoos. La raison de son départ serait la politique à l’égard de la Russie menée par le député européen Fernand Kartheiser, qui s’est à nouveau rendu en Russie la semaine dernière. Les déclarations de Kartheiser, selon lesquelles il aurait prié pour la paix avec des responsables russes, relèvent d’une « hypocrisie lamentable » ; son attitude est contraire au droit international et n’est plus compatible avec les valeurs de Mehlen. Les divergences avec l’ADR s’annonçaient déjà depuis quelques années : Mehlen n’était pas d’accord avec la campagne anti-vaccination menée pendant la pandémie de Covid ni avec la politique climatique de la nouvelle ADR, en particulier la campagne électorale provocatrice en faveur du moteur à combustion. « Villes se nourrit d’un populisme éhonté », explique-t-il dans un entretien accordé au journal *Land*. Il est toutefois resté au sein du parti, notamment par solidarité et par gratitude envers la famille Schoos, qui est également implantée à l’Est. sp
Question de préjudice
Le 16 décembre 2025 marquera-t-il un tournant dans le droit de la presse ? La Cour d’appel se prononcera alors sur l’affaire opposant l’avocat Jean-Philippe Lahorgue à la journaliste Véronique Poujol (photo : sb), à Reporter.lu et à son rédacteur en chef, Christoph Bumb. En février 2024, Reporter avait publié le récit signé par Véronique Poujol concernant la procédure disciplinaire engagée par le Barreau à l’encontre de cet avocat. Ce dernier avait alors porté plainte pour diffamation au pénal (par voie de citation directe). Jean-Philippe Lahorgue avait été débouté en première instance et avait interjeté appel. Lors des plaidoiries mardi, l’avocat de la journaliste, Pierre Hurt, a souligné « la portée de l’arrêt que la Cour est susceptible de rendre, un arrêt qui pourrait dépasser le cas d’espèce », s’il établit le caractère abusif de la plainte et l’identifie comme une procédure bâillon. Ce serait une première. Pierre Hurt a insisté sur l’importance de l’indemnisation des journalistes victimes de ces « Slapps », une qualification également retenue par la représentante du Parquet général dans son réquisitoire. Notamment parce que Lahorgue réclame un préjudice moral « manifestement excessif » de 200 000 euros. « On ne donne même pas ça aux parents pour un enfant décédé », s’est emporté Pierre Hurt à la barre. « Le slappeur gagne même quand il perd devant les tribunaux. Il aura fait supporter les frais de défense et obtenu un préjudice moral. Il faut à tout prix indemniser les journalistes », a poursuivi le spécialiste de la liberté d’expression (d’Land, 14/11/2025) après avoir recensé la poignée de procédures intentées contre sa cliente ces deux dernières années. Sont demandés le remboursement des frais d’avocat, 10 000 euros de préjudice moral et 5 000 d’indemnités de procédure, afin de « mieux protéger les journalistes, gardiens contre les abus de pouvoir en démocratie ». Au juge d’en prendre acte. pso
Pas de rayons X au GridX
Les élus du Sud qui, avec les représentants d’Arcelor-Mittal, composent le conseil d’administration du Chem disent « njet » au GridX (photo : sb). Dans un communiqué publié ce lundi, le Centre hospitalier Émile Mayrisch indique que son conseil d’administration a « à l’unanimité » mis fin « avec effet immédiat » à l’examen d’un projet d’antenne de radiologie au sein du méga-complexe de la famille Giorgetti. Il faut dire que Christian Weis, président du Chem et maire d’Esch, s’était montré réticent : « Je ne pense pas qu’il faille créer une antenne par principe, juste pour avoir une antenne », déclarait-il dès le mois dernier. Le député d’Esch, Marc Baum (Déi Lénk), avait lancé la polémique : « Le promoteur a déjà les poings serrés », s’exclamait-il sur RTL-Radio. Le Chem souhaite désormais se concentrer sur le futur Südspidol à Esch, ainsi que sur ses sites actuels à Differdange et Dudelange, trois projets qui feraient l’objet d’une « priorité absolue ». bt