La première création de la saison, en novembre, au TOL porte sur la confrontation avec la mort avec le cabaret Toute dernière fois !

Rencontre sur scène avec la mort

d'Lëtzebuerger Land vom 21.11.2025

Le titre peut, dans un premier temps, intriguer voire rendre mal à l’aise. Mais le descriptif du spectacle, dans la brochure du théâtre, rassure. « Car après tout, qu’est-ce que la mort, sinon un prétexte exquis pour mieux savourer la vie ? » L’équipe des cinq comédiens, accompagnés au piano par Jean Hilger, a choisi une trentaine de textes d’auteurs, notamment des humoristes (Pierre Desproges, Raymond Devos), et des chanteurs (Jacques Brel, Jacques Higelin). Ils ont opté pour une mise en scène collective, sous le regard discret d’Aurore Brugnera.

Cet troupe bien soudée (Félix Adams, Aude-Laurence Biver, Steeve Brudey Nelson, Véronique Fauconnet et Colette Kieffer), qui prend un vif plaisir à jouer, entraîne le public dans les méandres des diverses situations, qui provoquent un franc rire ou font naître un discret sourire. Il met en valeur le talent des divers comédiens et comédiennes à capter l’attention des spectateurs. Le spectacle se déroule le plus souvent à un rythme bien cadencé, sans trop foncer.

Les quelques seuls en scène, notamment à l’occasion d’un texte chanté, s’infiltrent adroitement parmi les scènes à plusieurs qui captent l’attention. Ce qui frappe c’est le talent de ces artistes dans un ensemble bien rôdé, qui n’étouffe pas le talent et l’engagement de chacun. Les textes emmènent les uns dans des situations presque banales, pimentées par moments de pointes inopinées, d’autres donnent dans l’inattendu ou le saugrenu. L’allusion à la mort est forcément récurrente, souvent pour en rire et s’en moquer.

Pour encadrer la panoplie de situations – sobrement mises en lumière par Manu Nourdin – qui frôlent toutes la mort, la scénographe Anouk Schiltz opte pour un large fond de scène, recouvert amplement d’une étoffe soyeuse noire avec deux entrées/sorties cachées à première vue. Au milieu apparaît parfois un encadrement garni de petites lumières pour des mises en évidence privilégiées. La conception des costumes, signés également Anouk Schiltz, se distingue par son élégance, le noir étant parfois rehaussé de paillettes discrètes.

La mort, par de multiples allusions, est certes toujours présente mais tenue à distance par la vivacité des comédiens, et par un certain espace, le côté scène d’un côté, le côté salle de l’autre. Les uns évoquent la mort moyennant des paroles que les autres écoutent. Le public, attentif, se sent finalement rassuré. Certains textes touchent, d’autres sensibilisent à un sujet que d’aucuns préfèrent tenir à distance, ce qui est encore facilité par le rire provoqué par certaines situations montrées ou suggérées.

Le cabaret Toute dernière fois ! embarque le spectateur dans une confrontation avec un sujet grave certes, mais discrètement, par la parole et le jeu théâtral, provoquant un rire franc ou discret, parfois un bout de réflexion, vite noyée dans le bain théâtral entraînant.

Au TOL les 21, 22, 26, 27, 28 et 29 novembre à 20h ainsi que le 23 novembre à 17h

Josée Zeimes
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