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Politique 4 min de lecture

dialogue social

CONVERSATION FORTUITE AVEC L'HOMME DANS LE TRAIN

Article paru dans Édition août 2025
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Dans l’accord de coalition, le CSV et le DP ont affirmé : « Le dialogue social fait partie intégrante de notre système social et il est le garant de la paix sociale dans notre pays » (p. 173). Le gouvernement et les patrons ont ensuite tenté d’instaurer la paix sociale sans dialogue social, en affaiblissant les syndicats.

Les syndicats n’ont pas accepté cette situation. Ils ont refusé de participer aux réunions, se sont alliés et sont descendus dans la rue. La paix sociale a pris de l’importance. Au Parlement, la présidente du DP, Carole Hartmann, a salué « le dialogue social qui, depuis des décennies, garantit la paix sociale ici au Luxembourg et qui doit continuer à la garantir » (14 mai 1925).

Le Luxemburger Wort écrivait dans son éditorial : « La grève générale prévue pour le 28 juin [sic] » rappelle « combien il est important non seulement de promettre le dialogue, mais aussi de le mener » (1er juin 25). « Le dialogue passe au second plan », déplorait le journal. Il le considère comme l’essentiel. Peut-être même comme une fin en soi.

L’apogée du dialogue social national a été le compromis entre les classes sociales lors de la crise de la sidérurgie. Il est ensuite devenu un rituel, destiné à légitimer, tous les deux ou trois ans, des manipulations d’indices. Au début, ce processus s’accompagnait de grèves générales qui ont été annulées à plusieurs reprises.

Après la crise bancaire de 2008, les entrepreneurs considéraient le dialogue social national comme un jeu à somme nulle. Ils ont préféré éviter ce risque inutile. Mais les syndicats étaient trop puissants. En 2013, le gouvernement CSV/LSAP a capitulé. Pendant la pandémie de Covid, l’État a distribué des aides financières. Le dialogue social a été salué de toutes parts.

Le « dialogue social », véritable fétiche, reste indispensable. Il est censé prévenir et mettre fin aux conflits sociaux : il isole les responsables syndicaux, enfermés dans leurs salles de réunion, du pouvoir de la rue. Il vise à priver les syndicats de leurs seuls moyens d’action : manifestations, grèves, occupations d’entreprises. Tout comme l’obligation de paix sociale prévue par la loi sur les conventions collectives.

Au cours des débats budgétaires au Parlement, Marc Spautz, porte-parole du groupe parlementaire du CSV, a posé la question suivante : « Pourquoi le dialogue social est-il si important ? C’est très simple : parce qu’il contribue à préserver la paix sociale et, par là même, la cohésion sociale. Et c’est aussi un facteur de compétitivité pour notre pays » (18/12/24).

« Le facteur d’attractivité », a renchéri la députée verte Sam Tanson, « pour nos entrepreneurs, ce n’est pas seulement une question de baisse des recettes fiscales, ce n’est pas seulement une question de simplification administrative, c’est aussi celle de la paix sociale dont nous jouissons ici, dans notre pays » (18/12/24).

La paix sociale sert à garantir une production qui ne soit pas perturbée par des manifestations, des grèves ou des occupations d’usine. Elle permet une rentabilisation plus rapide du capital investi. Son outil, c’est le dialogue social. Accompagné, de temps à autre, de concessions matérielles accordées aux salariés. De plus en plus souvent remplacées par des valeurs immatérielles telles que l’attachement à son lieu de travail : le capitaine et les rameurs sont tous dans le même bateau.

Le dialogue social reflète un rapport de forces inégal entre les propriétaires d’usines, de banques, d’ateliers et de magasins, d’une part, et ceux qui doivent vendre leur force de travail chaque matin, d’autre part. Les syndicats ont le droit de jouer le jeu. À condition qu’ils ne remettent pas en cause les règles du jeu.

La social-démocratie est la solution idéale pour garantir la paix sociale. Depuis la tribune de l’Assemblée, la porte-parole du groupe parlementaire du LSAP, Taina Bofferding, a lancé un appel à la classe ouvrière locale. Elle devrait se montrer plus sage que ses méchants voisins : « Quand on entend dire qu’ils sont en grève là-bas en ce moment et que leur paix sociale y est également menacée, je pense qu’il ne faut pas faire la même chose ici, dans notre pays » (19 mars 1925).

Fin juin, des dizaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues de la capitale. Elles manifestaient contre une « réforme » – en réalité une déréglementation – du régime de retraite et du temps de travail. Michel Reckinger, porte-parole des entrepreneurs, était abattu : « Le dialogue social, tel qu’il se déroule actuellement, montre que nous ne sommes plus capables de nous réformer » (Luxemburger Wort, 24 juillet 2025).