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Économie 4 min de lecture

Le milliard pour l’aérogare

Le Cargo Center bien une priorité

Article paru dans Édition juillet 2026
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Le conseil de gouvernement a donné son feu vert vendredi dernier au projet de loi permettant l’augmentation de capital de LuxAirport visant à rassembler le milliard d’euros nécessaire à l’extension et la rénovation de la zone aéroportuaire. Le « masterplan », dont les contours ont été présentés en avril, sera déroulé d’ici 2032. Environ 200 millions d’euros seront apportés par l’État pour des projets purement étatiques, comme la fuel farm, le salon d’honneur et la tour de contrôle, explique au Land Gilio Fonck, président de la société exploitant l’aéroport et responsable de l’aviation au ministère des Transports. LuxAirport aboulera les autres 800 millions par apport de fonds propres et des financements externes, possiblement bancaires ou obligataires. Le Monsieur aéroport de Yuriko Backes (DP) précise que le schéma de financement n’est pas encore finalisé.

Concernant l’augmentation de capital, Gilio Fonck informe que l’État produira cent millions en numéraire, en deux versements, l’un fin 2026, l’autre début 2029. À cela s’ajoutera une incorporation de réserves d’un montant comparable, de façon à porter le capital à 245 millions d’euros. Le projet de loi doit encore être déposé. Concernant les développements opérationnels, Gilio Fonck confirme que le Cargo Center (pour lequel le masterplan n’indiquait pas de calendrier autre que « durant la prochaine décennie ») fait bien partie du programme, avec une réalisation en deux phases : d’abord une nouvelle construction permettant de transférer les activités actuelles, puis une rénovation complète de l’infrastructure existante. L’objectif affiché est d’avoir achevé l’extension et commencé la rénovation d’ici 2032.

Cargolux avait proposé de financer et conduire le projet de rénovation du site qu’elle exploite, avec sa filiale LuxCargo Handling (LCH). La compagnie de fret aérien (détenue par l’État luxembourgeois et une province chinoise) voulait devenir maître des horloges. Face au Land, Gilio Fonck dit être conscient de l’urgence (Cargolux lui rappellerait « tous les jours »), mais le gouvernement préfère conserver les droits de superficie et contrôler l’opportunité de travaux. Lorsque Luxair détenait ces droits, la compagnie aérienne n’aurait pas vu d’intérêt à rénover.

Le terminal passagers a récemment fait l’objet de vives critiques par ses utilisateurs de la communauté d’affaires. Sur Linkedin, étaient notamment pointés du doigt le manque de sanitaires, les goulots d’étranglement aux contrôles et le recours fréquent aux embarquements par bus. Fonck répond que des toilettes ont déjà été ajoutées et que d’autres suivront. Une première extension du terminal doit permettre d’installer de nouvelles lignes de sécurité avec des scanners de nouvelle génération (à travers lesquels le passager passe sans avoir à trier ses affaires). Cette étape est annoncée pour 2028. Année des élections ? « Année qui précède la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’UE », réplique Gilio Fonck.

D’ici 2032, la surface du Terminal A devrait quasiment doubler. Sont prévus plus de commerces et des portes d’embarquement aménagées pour réduire au maximum le recours aux navettes. La vision de long terme est celle d’un aéroport disposant, à l’horizon 2050, de 53 parkings pour avions avec une connexion au terminal par des bras télescopiques. Soit environ le double de la situation actuelle. Gilio Fonck replace ce masterplan dans une trajectoire de croissance plus large sur base de projections tablant sur 10,5 millions de passagers et plus de 1,2 million de tonnes de fret en 2050. À ses yeux, le projet permettrait d’absorber cette évolution au moins jusqu’à la seconde moitié des années 2060, sans nécessité de construire un second aéroport. Le ministère des Transports recherche en outre un emplacement pour une éventuelle construction d’un aérodrome pour l’aviation non-marchande, le site du Findel ne disposant pas de la superficie nécessaire à la construction d’une deuxième piste (à cause de la norme sur l’espacement entre deux pistes). « Nous recherchons un site qui soit connecté aux transports publics et suffisamment proche de bassins d’activités, mais nous n’avons pas encore formulé de propositions », informe Fonck.