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Économie nationale 3 min de lecture

Prendre une douche avec le LSAP

« Il faut garantir des prix de l'électricité stables et abordables. » Telle est la plus controversée des dix revendications formulées mercredi par le groupe parlementaire du LSAP sur la question de l’électricité. Il…

Article paru dans Édition février 2025
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« Il faut garantir des prix de l’électricité stables et abordables. » Telle est la plus controversée des dix revendications formulées mercredi par le groupe parlementaire du LSAP sur la question de l’électricité. Il préconise également de réintroduire le plafonnement total des prix pour l’année en cours, puis d’examiner à la fin de l’année s’il convient de maintenir ce plafonnement. Cela remet déjà en cause la libéralisation du marché en vigueur dans l’UE depuis environ 30 ans. L’idée d’une garantie la remet encore davantage en cause. En effet, les prix du produit doivent être régulés par le marché, tandis que les redevances de réseau sont fixées par un régulateur indépendant, en l’occurrence l’ILR au Luxembourg. « Je sais que nous ne pourrons pas revenir en arrière », a déclaré le député et ancien ministre Georges Engel lors de la conférence de presse aux côtés de la présidente du groupe parlementaire Taina Bofferding et du député Ben Polidori. « Mais nous devons conserver un certain contrôle sur les prix. »

La question intéressante serait de savoir comment. Les prix finaux désormais plus élevés figurant sur la facture d’électricité résultent avant tout de la réduction de moitié du plafond tarifaire appliqué à l’électricité elle-même. Ce n’est qu’en second lieu qu’ils sont liés aux nouveaux frais de réseau ; c’est en tout cas ce qui ressort de deux exemples de calculs présentés par le LSAP. Elle savait pertinemment que ce plafond finirait par être supprimé lorsqu’elle l’avait soutenu au sein du gouvernement précédent. Le maintenir aurait fini par fausser le marché et enfreindre les règles de l’UE. Le LSAP ne semble pas savoir exactement comment s’y prendre pour étendre ce plafond et peut-être le maintenir en vigueur. Elle ne sait pas non plus pour qui elle s’engage. Pour les personnes à faibles revenus peut-être, puisqu’elle souhaite redéfinir la « pauvreté énergétique » ? Ou pour la « classe moyenne », qui a été particulièrement « laissée pour compte », comme l’estime Taina Bofferding ?

Peut-être pour les deux. Le LSAP s’efforce surtout de jouer son rôle de premier parti d’opposition. Comparé aux Verts et à la Gauche, il s’est exprimé tardivement sur les prix de l’électricité et tente désormais, avec d’autant plus de vigueur, de retourner la polémique persistante autour de ces prix contre le gouvernement et le ministre de l’Économie du DP, Lex Delles. « On ne peut tout de même pas demander aux gens de sortir leurs enfants du lit à deux heures du matin parce que la douche coûte moins cher à cette heure-là ! », s’est exclamé Georges Engel. Comme l’aurait peut-être fait Gilles Roth s’il était encore dans l’opposition. Or, les fonctionnaires de Delles avaient modifié, avec l’ILR, les nouveaux tarifs de réseau jusqu’à la fin de l’année dernière par rapport aux premières annonces faites par l’ILR à l’automne : seule la consommation étalée dans le temps devrait être avantageuse pour les propriétaires de voitures électriques. En d’autres termes, une recharge rapide à pleine charge deviendrait coûteuse. Le message ne devrait pas être de ne pas allumer le chauffage le soir. Mais cela n’a pas été largement communiqué. Taina Bofferding n’avait donc pas tort de constater : « Les gens ne s’y retrouvent plus. C’est le chaos le plus total. »