pour la recharge dans les maisons individuelles et les immeubles d’habitation, ainsi que pour les bornes de recharge dans les entreprises. Le fait que l’électricité soit pratiquement non taxée au Luxembourg, que l’entretien des voitures électriques soit moins coûteux que celui des véhicules à moteur thermique et que les prix à l’achat des voitures électriques baissent renforce leur attractivité.
En 2030, la part des voitures à batterie ou hybrides rechargeables dans le parc automobile devrait atteindre 49 %. Le gouvernement CSV-DP s’en tient également à cet objectif. Or, selon la Fondation Idea, ce chiffre n’était que de 11,6 % en mai, et si l’on se base sur les tendances actuelles, on atteindrait au mieux 20 % d’ici cinq ans. Si cet objectif doit être maintenu, une « forte accélération immédiate des politiques publiques » s’impose.
La politique menée jusqu’à présent se concentre sur les mesures incitatives et les subventions : une prime à l’achat pouvant atteindre 6 000 euros ; des conditions plus avantageuses pour les voitures électriques dans le cadre du leasing de véhicules de fonction ; des aides pour
Idea a calculé le coût de l’évitement d’une tonne de CO₂ grâce à la mobilité électrique. Et quel est l’avantage financier pour les particuliers si l’on tient également compte des frais d’entretien, des coûts d’électricité et de la taxe automobile. Pour ce faire, 15 paires de véhicules à moteur thermique et de voitures électriques de type similaire ont été comparées. Résultat : dans 12 cas, la voiture électrique est plus économique. Sur une durée de six ans, l’économie réalisée s’élève en moyenne à 1 255 euros. Mais uniquement avec la prime à l’achat. Sans celle-ci, l’utilisation d’une voiture électrique sur six ans coûterait en moyenne 4 145 euros de plus que celle d’un véhicule à moteur thermique.
Idea estime que le coût pour la collectivité, toutes mesures confondues, s’élève à 393 à 923 euros pour chaque tonne de CO2 évitée grâce à la mobilité électrique. Ce dernier chiffre s’applique lorsqu’une voiture électrique est importée de l’extérieur de l’Europe et que l’on tient également compte de l’impact environnemental lié à l’énergie importée. C’est beaucoup par rapport au prix du CO₂ qui s’élève actuellement à 75 euros dans le cadre du système d’échange de quotas d’émission de l’UE. Idea considère que la prime, qui pèse lourd dans ce calcul, est politiquement indispensable. C’est pourquoi des mesures supplémentaires, même « impopulaires », sont nécessaires. Des modifications de la taxe automobile, par exemple, ou une taxe d’immatriculation – qui n’existe pas au Luxembourg – et dans le cadre de laquelle les voitures électriques pourraient bénéficier d’un traitement plus favorable. Il est impératif de mieux communiquer sur les avantages financiers des véhicules électriques, qui ne sont pas si faciles à percevoir.