Comme chaque année, une conférence de presse s’est tenue avant le début de l’Autofestival, au cours de laquelle Philippe Mersch, président de la Fedamo, a une nouvelle fois souligné les incertitudes qui pèsent sur le marché automobile. Celles-ci résulteraient des mutations technologiques, de la concurrence chinoise et des problèmes liés aux chaînes d’approvisionnement. En revanche, l’Autofestival est un gage de « stabilité, d’orientation et de confiance », a déclaré M. Mersch. Il sert de boussole pour évaluer, dès le début de l’année, l’envie d’achat du Luxembourgeois moyen pour les onze mois à venir. L’Autofestival vous accueille encore jusqu’au 2 février : dans 192 showrooms, des offres spéciales et des innovations en matière de mobilité attendent les visiteurs.
Par rapport aux douze mois précédents, les immatriculations de voitures particulières neuves ont augmenté de 1,1 % en 2025. Selon le service des immatriculations SNCA, seuls 9 % de ces véhicules neufs étaient équipés d’un moteur diesel, comme l’a précisé Manuel Ruggiu, directeur de la SNCA. Les véhicules hybrides (à moteur diesel ou essence) représentaient près de 30 %, et un peu moins de 27 % étaient des véhicules électriques. La part des voitures électriques est donc restée stable par rapport à 2024, tandis que celle des véhicules hybrides a nettement augmenté.
La forte proportion de véhicules hybrides n’avait pas surpris Philippe Mersch lors d’un entretien avec le Land à l’été 2025 : « Il n’y a pratiquement plus de modèles à moteur thermique pur qui arrivent sur le marché », avait expliqué le président de la Fedamo. De plus, la catégorie des hybrides n’est pas particulièrement significative : elle va des voitures à faible consommation à celles à forte consommation de carburants fossiles. Le « mild hybrid », par exemple, ne dispose que d’un petit moteur électrique qui ne sert qu’à assister le moteur thermique ; la conduite entièrement électrique n’est donc pas possible.
Afin d’éviter que le nombre de véhicules électriques ne diminue au sein du parc automobile luxembourgeois, la Fedamo a proposé, lors de sa conférence de presse, de ne pas revoir à la baisse la prime à l’achat en vigueur jusqu’en juin de cette année – celle-ci s’élève actuellement à 6 000 euros. L’électrification du parc automobile a déjà parcouru un certain chemin : il y a dix ans, les véhicules électriques ne représentaient que 0,1 % du parc ; selon les derniers chiffres de la SNCA, cette part atteint désormais près de 9 %. Pour garantir la mobilité électrique, les investissements dans les infrastructures de recharge doivent rester élevés, conseille la Fedamo.
En décembre, la question s’est toutefois posée de savoir si l’UE restait réellement attachée à la mobilité électrique. La Commission européenne a en effet proposé de continuer à autoriser les nouveaux véhicules à moteur thermique même après 2035. Les émissions des flottes des constructeurs automobiles devraient ainsi baisser de 90 %. Le directeur général d’Autopolis, Marc Devillet, y voit un cadeau fait aux constructeurs allemands, qui n’entraînera toutefois pas de véritable revirement sur le marché automobile, comme il l’a expliqué dans le magazine Automoto : la production de voitures électriques serait trop avancée. Et les derniers modèles chinois sont « tout simplement incroyables ».
La rapidité avec laquelle le marché des voitures électriques évolue est également liée aux changements géopolitiques. Lundi, de nouvelles lignes directrices ont été publiées, prévoyant la suppression des droits de douane instaurés par l’UE en 2024 sur les voitures électriques chinoises. Ces droits de douane avaient été décidés afin de protéger le marché des constructeurs européens contre les véhicules subventionnés. Cependant, la Chine est désormais en train de réduire les subventions accordées aux voitures électriques, le marché chinois s’étant stabilisé. Pékin souhaite désormais investir davantage dans la conduite autonome, comme Le Monde l’a rapporté la semaine dernière. De l’autre côté de l’Atlantique, la situation est en revanche confuse : en raison de la préférence du président américain Donald Trump pour les énergies fossiles, les constructeurs américains enregistrent d’importantes pertes dans le domaine de la mobilité électrique. Dans le même temps, des entrepreneurs du secteur des technologies comme Elon Musk misent sur les voitures électriques autonomes. Pris en étau entre ces deux tendances, les constructeurs européens doivent investir dans des technologies innovantes sans pouvoir espérer conquérir immédiatement d’importantes parts de marché.