Nouveauté Lancement du nouveau site internet du Land Voir la boutique en ligne →
Économie nationale 4 min de lecture

De plus en plus d’électricité verte

Rapports 2024 de l'ILR sur le marché de l'énergie

Article paru dans Édition juillet 2025
Partager l'article sur

La production d’électricité ne cesse d’augmenter au Luxembourg. L’année dernière, elle s’est élevée à 1 511 gigawattheures, soit 8,8 % de plus que l’année précédente et 50 % de plus qu’en 2019. C’est ce qu’indique le rapport sur le marché de l’électricité 2024, publié à la fin de la semaine dernière par l’autorité de régulation ILR. La production nationale a couvert environ un quart de la consommation totale (6 197 GWh). 76 % des besoins ont été couverts par les importations. En 2022, la part des importations s’élevait encore à 81 %, pour une consommation totale à peu près identique.

Cette progression s’explique principalement par une augmentation de la production d’électricité issue du photovoltaïque et de la biomasse. L’énergie éolienne est restée en tête en 2024, mais les 467 gigawattheures d’électricité éolienne ont été légèrement inférieurs aux 495 enregistrés en 2023. Les conditions de vent tout au long de l’année jouent certes un rôle, mais le nombre d’éoliennes installées n’a augmenté que de deux en 2024, pour atteindre 80. En revanche, le nombre d’installations photovoltaïques de différentes tailles est passé de 13 622 à 22 610. La puissance solaire installée est passée de 394 à 550 mégawatts, tandis que la production est passée de 294 gigawattheures en 2023 à 360 l’année dernière.

Le photovoltaïque connaît également un essor, car il est de plus en plus prisé pour l’autoconsommation et le « partage » au sein de communautés énergétiques. En 2023, l’ILR a recensé 4 249 autoconsommateurs ou membres d’une telle communauté. L’année dernière, ils étaient au nombre de 12 744. 57 gigawattheures d’électricité solaire ont été consommés sur place ou partagés, soit une fois et demie plus qu’en 2023. Et bien que la grande majorité de l’électricité destinée à l’autoconsommation ne provenait pas de panneaux photovoltaïques, mais de la biomasse, et que ce volume, avec 120 gigawattheures, était deux fois plus important que l’électricité solaire autoconsommée, il ne concernait que trois autoconsommateurs ou participants à une communauté énergétique.

Sur les 1 511 gigawattheures produits au Luxembourg, 93 % (1 387 GWh) provenaient de sources renouvelables. On peut donc affirmer qu’en 2024, l’électricité verte produite dans le pays même a largement suffi à couvrir les 1 035 gigawattheures de consommation électrique de l’ensemble des ménages et des micro-entreprises. La part « verte » augmente notamment parce que la production d’électricité issue des centrales de cogénération au gaz est en recul. Le nombre de ces installations est passé de 107 à 99 entre 2022 et 2024. En 2024, la production d’électricité issue de ce segment s’élevait à 69 gigawattheures, soit un cinquième de moins qu’en 2023.

Il ressort du rapport sur le marché du gaz 2024, également publié par l’ILR, que la consommation est en baisse. En 2020, elle a baissé de près de 10 % en raison de la pandémie de Covid-19, pour s’établir à 8 000 gigawattheures. En 2022, cette baisse s’est poursuivie, la consommation de gaz ayant diminué de 21 % par rapport à 2021. Comme l’explique l’ILR, cette tendance s’est poursuivie en 2024. La consommation totale s’élevait alors à 6 753 gigawattheures.

La part des importations est élevée pour le gaz. En 2024, elle s’élevait à plus de 99 %. Les 43 gigawattheures de biogaz produit localement représentaient 0,63 % des besoins nationaux. Les importations de gaz en provenance d’Allemagne ont presque totalement cessé en 2022. En 2021, elles couvraient encore un cinquième des besoins luxembourgeois, avec 1 780 gigawattheures. Suite à l’invasion russe en Ukraine et aux sanctions de l’UE, elles ont chuté de 98 % en 2022 pour atteindre 40 gigawattheures, puis ont continué à baisser pour s’établir à sept gigawattheures en 2024. Ainsi, la quasi-totalité des importations de gaz transite désormais par la Belgique.

En raison de la crise énergétique et des plafonds tarifaires pour le gaz et l’électricité destinés aux petits consommateurs, décidés en septembre 2022 par la Tripartite, l’ILR a analysé les effets de ces subventions. En 2024, les plafonds tarifaires complets pour l’électricité et le gaz étaient toujours en vigueur. De plus, l’État prenait en charge les coûts de réseau liés au gaz. En 2024, un ménage type payait un « prix intégré » (gaz proprement dit, frais de réseau et taxes) de 82,40 euros en moyenne par mégawattheure. L’intervention de l’État s’élevait à 22,40 euros par mégawattheure ; sans elle, le prix intégré aurait atteint près de 105 euros. En ce qui concerne l’électricité, le prix intégré s’élevait en moyenne à 202,70 euros par mégawattheure pour un ménage type. Sans l’aide de l’État, il aurait été supérieur de 114,50 euros.