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Sociétal 5 min de lecture

En sueur

Devant la loi, tous sont censés être égaux. Dans la réalité, les femmes en particulier sont bien plus exposées que les hommes à la violence sexuelle sous toutes ses formes imaginables. Tous les hommes ne partagent pas…

Article paru dans Édition mai 2026
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Devant la loi, tous sont censés être égaux. Dans la réalité, les femmes en particulier sont bien plus exposées que les hommes à la violence sexuelle sous toutes ses formes imaginables. Tous les hommes ne partagent pas ce point de vue ; certains croient en un principe d’égalité de traitement au sens absolu. Un exemple récent illustre comment ce type de malentendu social continue d’influencer les processus décisionnels. Depuis le 1er mai, le centre aquatique Les Thermes à Strassen a suspendu sa demi-journée réservée aux femmes – quatre heures un mardi matin, qui seront désormais accessibles à tous, comme les autres créneaux horaires. À la place, il existe désormais un petit espace réservé aux femmes, comprenant un sauna finlandais, un hammam et une douche, dont l’accès est soumis au même tarif d’entrée.

Le fait que la plupart des femmes travaillent de toute façon le mardi matin est une chose. Néanmoins, cette offre témoignait d’une certaine sensibilité. La décision de ne plus proposer du tout de créneaux réservés aux femmes est donc problématique, car le centre de bien-être a déjà fait l’objet de critiques par le passé en raison du comportement importun et sexualisé de certains hommes envers les femmes. Le journal *Das Wort* ainsi que la chaîne *Land* ont rapporté que des utilisateurs du sauna enfreignaient toutes les règles du règlement intérieur, allant du regard insistant à la masturbation, ce qui a poussé certaines femmes à ne plus se rendre du tout au sauna lorsque celui-ci est mixte. Bien que la direction des thermes invoque sa « stratégie de tolérance zéro », la situation ne s’est guère améliorée, rapportent les utilisatrices du sauna.

« Par le passé, nous avons reçu de plus en plus de retours de la part du Centre d’égalité pour le traitement (CET) », répond Jutta Kleiber, directrice de la piscine, à la région qui lui avait posé la question. La décision de supprimer cette journée n’est toutefois « en aucun cas motivée par une attitude misogyne », mais constitue une tentative « de respecter l’égalité de traitement entre tous les genres ». Pour Les Thermes, la promotion de l’égalité des femmes ne signifie pas « favoriser un genre, mais traiter tous les clients de manière équitable et sur un pied d’égalité ».

Le CET indique avoir été contacté, entre 2020 et 2025, par neuf personnes au total qui se sont senties victimes de discrimination en raison de « règles d’accès spécifiques au genre » dans des saunas et des piscines. Il s’agissait de cinq hommes et d’une femme ; trois d’entre eux n’ont pas fourni d’informations personnelles. La plupart des plaintes, au nombre de cinq, ont été déposées auprès du Pidal à Walferdingen, où, en 2023, trois hommes ont saisi le tribunal d’instance parce qu’ils considéraient la « journée des femmes » comme une grande injustice, notamment financière (d’Land, 01/11/2024). Seules deux personnes se sont plaintes auprès du CET au sujet des Thermes. Il est absurde que, à cause de deux hommes – présumés –, qui se sentent exclus et menacent d’intenter une action en justice, un nombre bien plus important de femmes se voie refuser un cadre protégé. Le fait qu’aucun sexe ne doive subir de désavantages lors de la souscription d’un abonnement est ici un aspect secondaire et un problème qui peut être résolu. En 2010, le CET avait rédigé une recommandation abordant les inconvénients financiers que peuvent entraîner les horaires spécifiques à un genre. (Le ministère de l’Égalité et de la Diversité ne formule aucune recommandation à l’intention du CET, a-t-il indiqué en réponse à notre demande.)

« Il est difficile de satisfaire tout le monde », explique Nico Pundel, maire de Strassen (CSV) et président des Thermes. Le C.N.I. Les Thermes est un syndicat ; les échevins de la commune noir-rouge-verte, qui se veut ouverte sur le monde et progressiste, siègent au sein de ses instances, et la commune y verse, tout comme à Bartringen, une contribution annuelle de 1,5 million d’euros. « Je ne suis pas vraiment sûr que la décision concernant la Journée de la femme soit juste et équitable », déclare Nico Pundel. Il conteste toutefois l’idée selon laquelle la Journée de la femme serait supprimée pour des raisons financières. On ne gagne ni plus ni moins d’argent avec ou sans la Journée des femmes. Le bilan des années précédentes montre une fréquentation croissante du sauna – il n’existe toutefois pas de ventilation par sexe.

D’ailleurs, les hommes aiment aussi parfois se retrouver entre eux – ce qui est tout à fait légitime. Le sauna réservé aux hommes du vendredi soir a récemment été suspendu à Bonneweg et remplacé par des séances mixtes. Pour quelle raison ? Le service de presse de Lydie Polfer commente : « Le comportement de certains visiteurs a conduit à des changements afin de garantir un cadre respectueux pour tous. » À cela s’ajoute le fait qu’il y ait eu une forte demande de la part des visiteuses, qui souhaitaient elles aussi « bien commencer le week-end » le vendredi.