Nouveauté Lancement du nouveau site internet du Land Voir la boutique en ligne →
Sociétal 4 min de lecture

En route avec la DP

tramway

Article paru dans Édition avril 2024
Partager l'article sur

Vendredi dernier a été une bonne journée sur le plan politique pour le DP. Lors d’une conférence de presse conjointe consacrée à l’extension du tramway de la ville, la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, et la maire, Lydie Polfer, ont dissipé les soupçons selon lesquels le court tronçon de voie ferrée longeant l’avenue de la Porte-Neuve (Neipuertsgaass) et le boulevard Royal, elles pourraient se retrouver dans un conflit similaire à celui qui avait opposé Mme Polfer au prédécesseur de Mme Backes, François Bausch (Les Verts) : elles ont expliqué que cet accès supplémentaire au centre-ville par le tramway, en plus de l’actuel via la Stäreplaz, ne serait de toute façon pas nécessaire avant 2035. Le directeur général de Luxtram et son successeur désigné ont apporté un soutien technique aux déclarations des deux représentantes des actionnaires de Luxtram, à savoir l’État et la ville.

Pour l’instant, la ministre et la maire peuvent souffler. Lydie Polfer peut continuer à maintenir la Neipuertsgaass ouverte à la circulation automobile. Yuriko Backes peut faire avancer le projet de future ligne de tramway longeant l’Arloner Straße jusqu’au CHL. Elle prévoit de déposer le projet de loi de financement à cet effet au Parlement au plus tard début 2025. Cela peut certes paraître un peu contradictoire : dans le plan national de mobilité PNM 2035, élaboré à la demande de Bausch, il est indiqué à la page 54 que la ligne CHL reliera le Kirchberg au centre-ville via la Neipuertsgaass, puis se prolongera jusqu’à l’Arloner Straße. Le gouvernement CSV-DP s’est engagé, dans son accord de coalition, à soutenir le plan de mobilité de Bausch. D’où le risque de conflit entre la ministre du DP et la maire du DP. Cependant, une loi de financement n’impose pas un tracé précis, mais fixe le montant maximal de l’enveloppe budgétaire. Et selon Luxtram, les travaux ne pourraient peut-être pas commencer avant 2033. Lydie Polfer a souligné il y a une semaine que les terrains situés le long de l’Arloner Straße devaient encore être acquis. C’est ainsi qu’est apparu le discours selon lequel tout cela pouvait encore attendre.

Reste à voir si cette marge de manœuvre s’étendra effectivement jusqu’à la prochaine décennie, lorsque, comme prévu, le premier tronçon de la ligne de tramway Kirchberg-Hollerich sera mis en service début 2028. Les travaux devraient débuter l’année prochaine. Le PNM 2035 recommande de faire également passer cette ligne par la Neipuertsgaass afin de rendre le réseau moins vulnérable aux perturbations. Luxtram estime désormais que ce risque est maîtrisable, même sans la Neipuertsgaass. Ce qui est vrai tant que cela se confirme dans la pratique. En fin de compte, tout est une question de politique : il y a 25 ans, lorsque Lydie Polfer a avancé tous les arguments possibles contre le projet BTB, l’un d’entre eux était que « des incidents sur la seule ligne principale pourraient avoir des conséquences graves » (d’Land, 25 septembre 1998). À l’époque, cette artère principale devait comporter un seul accès reliant le Kirchberg à la ville haute via la Neipuertsgaass et le Boulevard Royal.

Politique avisée qu’elle est, la maire évite aujourd’hui d’associer son « non » au tramway dans la Neipuertsgaass à un « oui » à la voiture. Vendredi, elle a plutôt évoqué le parc municipal, qui devrait être empiété et privé de plusieurs grands arbres si l’on voulait, dans la Nei-
puertsgaass, faire circuler côte à côte tramways, voitures et bus sans rétrécir les trottoirs. Comme les défenseurs de la nature avaient protesté contre l’abattage des arbres il y a deux ans, cet engagement en faveur du parc offre à Lydie Polfer la possibilité de monter les milieux écologistes contre le Parti vert et François Bausch, should ce dernier continue à faire campagne en faveur du tramway dans la Neipuertsgaass. Si, dans les prochaines années, le trafic automobile venait à augmenter autant que le prévoit le plan de mobilité de la ville, la maire pourrait revoir sa position concernant la Neipuertsgaass. Luxtram s’est engagé à revoir les plans relatifs aux voies à cet endroit et à rechercher une « meilleure solution ».

Entre-temps, le débat politique autour du tramway se déplace vers le sud : le tramway express vers Esch inspire les communes riveraines. Le journal « Das Wort » de hier, jeudi, citait le maire de Leudelingen, Lou Linster, qui a fait cette déclaration surprenante : une vitesse de croisière de cent kilomètres à l’heure pour ce tramway serait « hors de question ». Le tram express ne roulera pas plus vite que celui de la capitale. Comme M. Linster appartient au même parti que la ministre de la Mobilité, il sait sans doute très bien ce qu’il dit.