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Dans l'affaire du détournement de 61 millions d'euros au sein de Caritas Luxembourg, une enquête de Radio 100,7 publiée lundi midi a remis en partie en cause les conclusions de la justice. La semaine dernière, celle-ci…

Article paru dans Édition août 2024
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Dans l’affaire du détournement de 61 millions d’euros au sein de Caritas Luxembourg, une enquête de Radio 100,7 publiée lundi midi a remis en partie en cause les conclusions de la justice. La semaine dernière, celle-ci avait indiqué que Caritas avait très probablement été victime d’une « fraude/arnaque au président ». Radio 100,7 a désormais découvert que la fraude aurait été préparée et mise en œuvre « grâce à des informations privilégiées provenant de l’intérieur ». Il est en effet difficile de croire que la directrice financière de Caritas ait pu être en contact pendant cinq mois avec un faux directeur général sans s’en rendre compte. D’autant plus qu’elle et Marc Crochet travaillaient en étroite collaboration depuis des années et se croisaient fréquemment. La directrice financière s’est présentée à la justice le week-end du 20 juillet, après que Caritas eut porté plainte contre elle quatre jours plus tôt. Elle n’est toutefois pas placée en détention préventive.

La directrice financière aurait tout mis en œuvre pour que les virements soient versés sur un compte espagnol, poursuit 100,7 ; face aux personnes qui posaient des questions critiques, elle aurait inventé des histoires pour légitimer ces transactions. Au cours des mois qui ont précédé le début de la fraude, elle aurait restreint l’accès des autres collaborateurs aux logiciels de comptabilité ; les collaborateurs considérés comme critiques et consciencieux auraient quitté le service financier au cours de cette période. Les experts financiers critiquent également les banques auprès de 100,7 : il est incompréhensible qu’elles aient systématiquement négligé, sur plus de 120 virements, le fait que le numéro IBAN et le titulaire du compte ne correspondaient pas.

Lundi en fin d’après-midi, l’Église catholique s’est exprimée pour la première fois sur cette affaire, après que la cellule de crise dirigée par l’ancien consultant en gestion Christian Billon eut rencontré l’archevêque Jean-Claude Hollerich et d’autres représentants de l’archidiocèse. Le cardinal Hollerich a fait part de son indignation face à ce détournement de fonds et a assuré la cellule de crise de son soutien total afin que la confiance en Caritas soit rétablie. L’agence de presse allemande (DPA) a relayé le communiqué de l’archevêché, ce qui a conduit les grands organes de presse germanophones à se faire l’écho, pour la première fois, de cette « fraude de plusieurs millions » mardi. Jusqu’alors, seuls des journaux de la Grande Région avaient rendu compte de cette affaire.

Mardi, le Premier ministre Luc Frieden s’est entretenu avec d’autres membres du gouvernement (le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Xavier Bettel, le ministre de l’Éducation Claude Meisch, le ministre de la Famille Max Hahn, le ministre des Finances Gilles Roth et la ministre de la Santé Martine Deprez). Après avoir été informés par la cellule de crise des derniers développements, ils ont décidé de rétablir le soutien de l’État : toutefois, celui-ci sera réservé exclusivement aux entités de Caritas qui ne sont pas touchées par le scandale financier.