Retour au service militaire obligatoire ?
La ministre de la Défense du DP, Yuriko Backes, « pense » qu’il y aura « un débat sur le service militaire obligatoire ». C’est ce qu’elle a déclaré samedi dernier dans une interview accordée au journal *Das Wort*. Le *Luxembourg Times*, édition anglophone du *Wort*, a ensuite titré sur son site Internet qu’un tel débat était « inévitable ».
Pourtant, le gouvernement, tout comme le CSV et le DP, préféreraient l’éviter. Lorsque le service militaire obligatoire a été aboli en 1967, l’armée a failli être supprimée elle aussi par une décision parlementaire. Depuis lors, les responsables politiques abordent les questions de l’armée et de la défense avec une extrême prudence. Même le DP, traditionnellement très pro-atlantiste, se garde bien de laisser entendre que des soldats luxembourgeois pourraient être impliqués dans une guerre. Lorsque la Chambre des députés a adopté une nouvelle loi sur l’armée il y a un an, le porte-parole du groupe parlementaire du DP chargé des affaires étrangères, Gusty Graas, a déclaré que le Luxembourg avait besoin d’une armée « bien sûr pas pour faire la guerre, bien sûr pas pour défendre son territoire, mais avant tout pour apporter sa contribution au niveau international et pour pouvoir mener des missions humanitaires, notamment en cas de catastrophes naturelles ». De son côté, le ministre de la Défense de l’époque, François Bausch (Verts), n’a finalement pas lancé, avant les élections, de « large débat sur l’importance de l’armée dans la société », comme il en avait encore l’intention en mai 2023 (d’Land, 19 mai 2023).
Yuriko Backes n’a pas l’intention de « lancer » un débat sur le service militaire obligatoire, a déclaré son attaché de presse au journal « Land » en réponse à la question de savoir comment il fallait comprendre qu’elle « pense » que ce débat va avoir lieu. La ministre s’attend à ce que la question se pose également au Luxembourg, car elle se pose déjà dans d’autres pays de l’OTAN.
Il est peu probable que le service militaire obligatoire soit réintroduit. Le débat pourrait plutôt aboutir à la création d’une réserve pour l’armée. Ce serait certes également une mesure importante, mais beaucoup plus facile à justifier sur le plan social.