Enquête : Roberto Traversini (59 ans) ne se présentera pas aux élections communales de Differdange en 2023. D’un point de vue strictement juridique, il le pourrait, car il n’a jusqu’à présent été ni inculpé – et encore moins condamné – dans le cadre de l’affaire dite « Gaardenhaischen », qui l’avait contraint à démissionner en septembre 2019. L’enquête du parquet est au point mort, notamment parce qu’il manque toujours une loi définissant les procédures pénales permettant à l’ancienne ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg (déi Gréng), de témoigner. Le projet de loi correspondant a récemment été rejeté par le Conseil d’État, qui a formulé quatre objections d’ordre formel.
Comme l’enquête dure désormais depuis trois ans, l’impression se renforce à Differdange que les accusations portées contre l’ancien député-maire des Verts ne tiennent peut-être pas la route. Toutefois, son passé pourrait à tout moment rattraper Roberto Traversini ; c’est pourquoi une candidature à l’heure actuelle serait certainement risquée. Son parti craint qu’une éventuelle mise en accusation n’intervienne peu avant les élections de juin ou d’octobre et ne lui porte préjudice en pleine campagne électorale (Traversini lui-même a refusé de s’entretenir avec le Land).
Roberto Traversini est entré dans l’histoire à Differdange à double titre. En 2014, il a mis fin au règne de la « dynastie Meisch », qui avait débuté en 2001 avec le coup de force mené par Claude Meisch, alors assesseur aux finances du DP (avec le soutien de Tom Ulveling et Paul Rion du CSV ainsi que de Jeannot Logelin des Verts), contre le LSAP. Lorsque Meisch – après sa victoire écrasante de 2005 et sa réélection en 2011 – a démissionné de son poste de bourgmestre en 2013 pour devenir ministre de l’Éducation au sein du gouvernement bleu-rouge-vert, son premier échevin a saisi l’occasion : la section du DP s’étant désagrégée en raison de conflits internes, Traversini a formé une coalition avec le CSV et les socialistes. Afin de pouvoir revenir au pouvoir au sein du conseil communal après douze ans d’absence, le LSAP, parti majoritaire, a cédé la mairie aux Verts. Cette stratégie a porté ses fruits en 2017 : grâce au maire sortant Traversini et à trois autres têtes de liste, les Verts ont pu améliorer leur score de 15 à 36 %, remporter sept sièges et obtenir près de quatre fois plus de voix de liste qu’en 2011. Le CSV ayant lui aussi remporté des sièges, ce parti et les Verts disposaient de suffisamment de mandats pour continuer à gouverner sans le LSAP, qui n’a pu défendre son quatrième siège que de justesse. Traversini s’est attribué ce succès à titre personnel ; en 2018, il a pu le réitérer lors des élections à la Chambre, où il n’a dû céder la place qu’à Felix Braz.
Mais à peine un an plus tard, c’est lui-même qui a plongé les Verts de Differdange dans une crise profonde. Christiane Brassel-Rausch, cinquième sur la liste, est ainsi devenue bourgmestre, car Laura Pregno, qui la précédait sur la liste, s’était temporairement retirée du conseil communal en raison d’un congé parental de six mois. Six mois après le départ de Traversini, Georges Liesch, échevin de longue date, a également démissionné. Il a ainsi ouvert la voie à Paulo Aguiar, qui a d’abord remplacé Laura Pregno, puis Georges Liesch au sein du conseil des échevins, et qui mène désormais les Verts aux élections communales en tant que tête de liste, aux côtés de la coprésidente de section Manon Schütz.
Le « Traversini portugais » À Differdange, Aguiar, âgé de 45 ans, est désormais considéré comme le « Traversini portugais ». Leurs parcours présentent en effet de nombreux parallèles. Aguiar est né à São Paio de Oleiros, dans le nord du Portugal, et n’est arrivé au Luxembourg qu’en 1994, à l’âge de 17 ans. Ses parents – son père travaillait comme jardinier, sa mère comme femme de ménage – s’étaient déjà installés à Esch-sur-Alzette deux ans plus tôt. Aguiar a suivi des cours de français et de luxembourgeois, a fréquenté le Lycée technique du Centre, puis a changé d’établissement pour intégrer une école à Arlon en raison des difficultés linguistiques rencontrées. En 2000, il a été embauché par l’entreprise de recyclage Recyplast, située au P.E.D. à Rodange, qui a déposé le bilan en 2004. Pendant son temps libre, il aidait à la Maison des jeunes d’Esch en tant qu’animateur. C’est là qu’il a trouvé sa vocation. Le président de la maison des jeunes de Pétange, Marcel Baumann, que M. Aguiar considère comme son mentor, l’a embauché dans le cadre d’un contrat de promotion professionnelle. Il a suivi des formations continues et obtenu son diplôme d’éducateur au Centre de promotion sociale de Liège.
À son retour, il s’est installé à Differdange, où il a cofondé en 2011 le club de futsal Raf Differdange (Regroupement amicale de futsal) et en est devenu le président. C’est à cette époque que le très actif assesseur Traversini a remarqué ce tout nouveau éducateur. Il lui a trouvé un poste au centre de jeunesse Saba, que Traversini avait contribué à créer et dont il était encore le président à l’époque. C’est au centre de jeunesse qu’Aguiar a également fait la connaissance de Laura Pregno, qui en était alors membre du comité directeur. Aujourd’hui, Aguiar dirige la maison des jeunes de Zolw.
Sous la direction de Traversini, il est devenu vice-président de la commission d’intégration. En 2011, il s’est présenté pour la première fois aux élections municipales et s’est classé onzième. Il a rejoint les Verts parce que l’écologie et la cohésion sociale lui tiennent à cœur, explique Aguiar dans un entretien accordé au journal « Land ». Ce n’est qu’à sa deuxième tentative, en 2017, qu’il a réussi à entrer au conseil municipal, Dan Werecki ayant renoncé à son siège en raison de son emploi chez Sudgaz. À l’instar de son mentor politique, Aguiar doit son ascension (sociale) dans la politique communale avant tout à son engagement auprès des jeunes et dans la vie associative. Tout comme Traversini, il dirige, en tant qu’assesseur, les domaines de la jeunesse, de l’égalité des chances, de l’intégration et du sport.
« Je suis convaincu que nous pourrons confirmer le bon résultat de 2017 », se montre confiant Aguiar. Il compte surtout sur les voix des clubs sportifs. Selon l’assesseur, 95 % d’entre eux seraient satisfaits du « bon travail » accompli par les Verts et le CSV, comme il l’a constaté lors d’entretiens avec les responsables des clubs. Et ce, malgré le fait que la grande salle de sport d’Oberkorn ne soit pas disponible avant 2024 en raison de travaux de rénovation.
Aguiar n’a pas réussi à se forger un profil politique au cours des cinq dernières années, estime Gary Diderich, du parti d’opposition déi Lénk. Au sein du conseil communal, il se montre certes sûr de lui, mais très réservé. En effet, le tête de liste des Verts se sent plus à l’aise sur le terrain que lors des réunions officielles : « Je suis présent partout », déclare Aguiar au journal « Land ». Ce week-end, il a participé à l’inauguration du marché de Noël, s’est rendu au festival Anti-Gaspi à Oberkorn et a assisté au gala anniversaire du club de gymnastique Flic Flac : « J’ai tout posté sur Facebook, vous pouvez vérifier ». Il est important d’être proche des gens pour leur donner un sentiment de sécurité, explique Aguiar. Mais bien qu’il ne manque pratiquement aucune fête, inauguration ou assemblée générale, il est loin d’être aussi populaire que son mentor politique Traversini, affirme Ali Ruckert, qui représente le KPL au conseil communal depuis 2011. Le fait qu’il prononce souvent ses discours en français, alors qu’il maîtrise pourtant le luxembourgeois, lui est également reproché. Le LSAP lui reproche surtout de ne pas avoir quitté son poste de président du club de futsal lorsqu’il est devenu échevin. Cela pourrait tout à fait être interprété comme un conflit d’intérêts, souligne le conseiller communal Pierre Hobscheid. Dans une interview accordée au journal « Le Land », Aguiar indique qu’il démissionnera de son poste de président du Raf Differdingen s’il devient maire.
La décision des Verts de présenter Aguiar, d’origine portugaise, comme tête de liste après Traversini, d’origine italienne, s’est avérée judicieuse sur le plan tactique. Après Larochette, la ville de Differdange compte la deuxième plus grande communauté portugaise du Luxembourg. 32 % de ses habitants ont la nationalité portugaise. Depuis 2016, leur proportion a certes diminué de 4 %, mais cela s’explique sans doute principalement par la réforme de la loi sur la nationalité, qui a simplifié les procédures de naturalisation. « Le potentiel électoral parmi les étrangers s’élève à 10 819 personnes », calcule Aguiar. « Ce n’est que 300 de moins que le nombre total de personnes inscrites sur les listes électorales en 2017 ». La ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding (LSAP), ayant récemment assoupli les conditions d’inscription, presque tous les partis espèrent vivement que davantage de non-Luxembourgeois s’inscriront à l’avenir.
Au total, les Verts présentent à Differdange cinq candidat·e·s d’origine portugaise, dont Paulo De Sousa, 38 ans, qui remplace jusqu’en mars Laura Pregno, du même âge, au sein du conseil des échevins en raison de son deuxième congé parental. À Differdange, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi l’assesseure chargée de l’environnement et de l’urbanisme ne se présente pas elle-même en tête de liste, alors que Christiane Rassel-Brausch ne se représentera pas, mais laisse cette tâche à Manon Schütz (55 ans), une figure plutôt méconnue. Interrogée par le journal *Land*, Mme Pregno explique qu’en tant que mère de deux jeunes filles, la charge de travail est trop lourde pour elle. Outre ses activités politiques, elle doit également exercer son métier de professeure de géographie pour subvenir à ses besoins. Elle estime que la vie de famille et la vie professionnelle ne sont pas compatibles avec la fonction de bourgmestre. En octobre 2019, elle avait renoncé, pour les mêmes raisons, à succéder à Traversini à la Chambre des députés.
La dynastie Meisch. Les autres partis souhaitent eux aussi miser davantage sur des candidats issus de l’immigration. Pour le DP, qui a publié sa liste lundi soir, Elisabeth Da Silva (49 ans), directrice adjointe de l’École internationale de Differdange (EIDE), se présente aux côtés de François Meisch (46 ans), président de longue date du service culturel de Differdange et conseiller communal. Outre Mme Da Silva, la liste du DP compte au moins quatre autres candidat·e·s portant un nom de famille portugais. Les libéraux n’ont pas non plus voulu se passer de Christiane Saeul (67 ans), conseillère communale de longue date. On y retrouve également Eric Cillien (44 ans), ancien espoir du DP et président de section, qui a déjà siégé au conseil communal de 2011 à 2013. La candidature de Michel Meisch (36 ans), frère cadet de Claude et François, enseignant et président de l’Harmonie municipale de Differdange, montre que la dynastie Meisch continue de nourrir des ambitions politiques à Differdange, même après le décès de leur père Marcel en mars 2020. On retrouve également sur la liste du DP le pharmacien Philippe Hillenbrand (57 ans), président de l’association locale des commerçants, qui a été condamné il y a seulement deux mois à une amende de 14 000 euros pour fraude fiscale, comme l’a récemment rapporté Reporter.lu (sans mentionner son nom complet). Interrogé à ce sujet, François Meisch a confirmé que le DP n’avait aucune réserve d’ordre juridique ou déontologique à cet égard.
Le CSV, qui a participé aux deux coups d’État de ces 20 dernières années mais n’a encore jamais fourni de maire à Differdange, mise sur Emina Ceman, employée au service social de la ville de Differdange (27 ans), employée au service social de la ville de Differdange, pour mener la campagne électorale aux côtés de Tom Ulveling (62 ans), assesseur de longue date et dentiste. Les chrétiens-sociaux ne publieront leur liste définitive qu’en janvier. En 2017 déjà, ils comptaient quatre candidat·e·s issus de la communauté portugaise. Le CSV place ses espoirs dans René Macri, bassiste de blues connu bien au-delà des frontières de Differdange, qui travaille à l’accueil de la mairie. Le médecin et assesseur social Robert Mangen ne se représentera pas.
De son côté, le LSAP entend se lancer dans la campagne électorale communale avec une liste nettement rajeunie. Certes, l’« ancienne garde », incarnée par les anciens assesseurs Erny Muller et Fred Bertinelli ainsi que par le président de section Guy Altmeisch, partira elle aussi à la conquête des voix, et le conseiller communal Pierre Hobscheid, ancien journaliste à Eldoradio et aujourd’hui chargé de communication au ministère du Travail dirigé par le LSAP, se représentera également, mais pour le reste, on mise surtout sur des candidat·e·s sans expérience politique. Thierry Wagner (49 ans), coordinateur depuis deux ans de Georges Engel (LSAP), successeur de Dan Kersch au ministère des Sports, est considéré comme un espoir. En tant qu’ancien responsable de longue date du service des sports de la ville de Differdange, cet ancien joueur de handball des Red Boys et ancien vice-président de la fédération de handball entretient de bons contacts avec les clubs. Caroline Huberty est considérée comme une candidate potentielle de premier plan du LSAP ; il y a six ans, elle a repris de son frère la direction du restaurant Bache Jang, géré par sa famille depuis des générations. Âgée de 30 ans, elle est mariée à Marc Limpach, acteur et président de la Fondation Robert Krieps, proche du LSAP, et est la nièce de l’ancien maire LSAP de Kayl, John Lorent. Selon ses propres déclarations, elle ne souhaite toutefois pas se présenter en tant que co-tête de liste, mais en tant que candidate « ordinaire ».
Après les turbulences de ces dernières années, l’issue du scrutin à Differdange devrait être plus incertaine que jamais. « Pour la première fois, aucun « super-maire » sortant ne se présente », explique Pierre Hobscheid. Tant les Verts que le LSAP, qui a gouverné sans interruption à Differdange de 1938 à 2001 (le LSAP et le DP revendiquent tous deux la filiation avec Émile Mark, maire et député radical-libéral et socialiste qui a dirigé la ville de 1912 à 1935) et qui souhaite absolument revenir aux commandes, se sont largement renouvelés sur le plan des effectifs. Presque tous les partis reconnaissent notamment aux socialistes de disposer cette fois-ci d’une « liste solide », bien qu’ils ne comptent la présenter qu’après Noël. Il faudra également compter à nouveau avec le CSV, qui a gagné cinq points de pourcentage en 2017. On peut toutefois se demander si le DP parviendra à améliorer son score en misant toujours sur les frères Meisch, qui n’ont jusqu’à présent pas vraiment fait leurs preuves. À l’exception de Christiane Saeul, les libéraux ne participent pratiquement pas à la vie sociale de Differdange.
Petits partis : Parmi les petits partis, « déi Lénk » devrait être le plus fort. C’est en effet son conseiller communal Gary Diderich qui a révélé l’affaire Gaardenhaischen et qui, avec le porte-parole du DP François Meisch, a provoqué la chute du maire Traversini au sein du conseil communal. Le résultat de « déi Lénk » dépendra également de la manière dont les électeurs et électrices jugeront cette action : soit ils la considéreront comme un mérite, soit ils sanctionneront Diderich en le qualifiant de « traître » pour avoir « nui » à Traversini, qui reste très populaire à Differdange. Outre Diderich, son partenaire de rotation Eric Weirich se présentera à nouveau, tout comme le DJ Packo Gualandris et Sonya Scalise, qui étaient déjà candidats en 2017. La bibliothécaire municipale de Differdange, Fio Spada, se présentera pour la première fois sous les couleurs de déi Lénk.
On attend avec impatience de voir les résultats du KPL. Le conseiller municipal Ali Ruckert se présentera en tout cas à nouveau, comme en 2017, sur une liste ouverte. À l’époque, les communistes avaient réussi à mobiliser plus d’électeurs et d’électrices que déi Lénk. Le nombre de petits partis devrait toutefois continuer à augmenter. L’ADR, qui n’a pas réussi à entrer au conseil municipal en 2011 et 2017, se présentera avec les frères Lex et Jean-Marie Schroeder. Les Pirates et déi Konservativ souhaitent également présenter une liste pour la première fois, mais ils n’ont pas encore désigné leurs têtes de liste.
Bien qu’aucun programme n’ait encore été publié, tous les partis représentés au conseil communal sont conscients des défis auxquels est confrontée la troisième plus grande ville du Luxembourg. Claude Meisch s’était engagé en 2005 à « moderniser » Differdange, et Roberto Traversini a poursuivi sa vision. À l’exception de la capitale, aucune grande commune n’a connu une croissance aussi rapide que Differdange au cours des 20 dernières années. Depuis 2001, la population a augmenté de 57 % (à Esch-sur-Alzette, elle n’a augmenté que de 33 % au cours de la même période). Cela a des répercussions non seulement sur le trafic automobile, mais aussi sur le reste des infrastructures. Malgré 20 ans de participation des Verts au conseil communal, la ville ne dispose pas d’un véritable réseau de pistes cyclables, critique Gary Diderich ; le LSAP déplore quant à lui la mauvaise desserte ferroviaire. Le train reliant Differdange à la ville de Luxembourg met entre 40 et 50 minutes, déplore Pierre Hobscheid, alors qu’il ne faut que 20 à 25 minutes depuis la commune voisine de Petingen.
Avec le quartier d’Arboria, le promoteur immobilier Eric Lux a construit, sur le plateau du funiculaire, une véritable ville dans la ville, qui dispose non seulement d’appartements et de crèches, mais aussi d’un grand centre commercial, ce qui contribue largement à l’essoufflement de l’activité commerciale dans le vieux centre-ville. À ce jour, aucun parti n’a encore proposé de solutions efficaces pour empêcher cette dégradation imminente.
Mélange social Certains projets qui ont vu le jour ces dernières années à Differdange sont le fruit d’initiatives privées (piscine Aquasud, Lunex Sportuni) ; d’autres ont été mis en œuvre par la commune avec le soutien de l’État (École internationale, Creative Hub 1535°C). L’objectif – tant pour Meisch que pour Traversini – était de renforcer la « mixité sociale » dans cette ancienne ville ouvrière, c’est-à-dire d’attirer davantage de personnes issues de classes sociales plus aisées. La gauche suppose que ces nouvelles institutions ont attiré à Differdange des expatriés plus aisés, ce qui se traduirait par une hausse des prix de l’immobilier. Dans le même temps, de nombreuses personnes issues des classes sociales les plus modestes vivent notamment dans le centre-ville. Les partis d’opposition s’accordent à dire qu’il y a un manque de logements abordables à Differdange. Dans le cadre de l’Agence immobilière Kordall et des Gravity Towers, la ville a certes créé 180 logements abordables, mais la gauche souhaiterait construire de manière encore plus dense, tandis que le DP veut revenir sur la protection du patrimoine bâti ancien, mise en place par Traversini dans le centre-ville.
Les partis majoritaires planifient quant à eux déjà leurs prochains projets phares. Né d’une initiative privée du juriste et investisseur Nicolas Didier, le Science Center devrait, grâce à des subventions publiques, emménager dans les prochaines années dans le hall de l’ancienne Groussgasmaschinn de l’Arbed. Avec son centre de conférences et son observatoire astronomique, il devrait attirer les visiteurs et les touristes, espère l’échevin Tom Ulveling.
À Differdange, on aime voir les choses en grand. Parfois même trop grand. En janvier dernier encore, la ville a racheté pour douze millions d’euros l’hôtel Gulliver Tower, qui compte 45 chambres et cinq suites spacieuses. L’investisseur privé qui l’avait construit souhaitait y accueillir des clients du monde entier. Peu après l’ouverture, il a dû se déclarer en faillite « à cause du coronavirus ». Au moins, les réfugiés ukrainiens peuvent désormais y séjourner.