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Institutions et démocratie 16 min de lecture

Période des transferts

Depuis le changement de gouvernement, les postes de hauts fonctionnaires au sein de l'État font l'objet de nouvelles nominations et de remaniements. Un état des lieux

Article paru dans Édition janvier 2024
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À l'arrière-plan : (de droite à gauche) Jacques Flies, Bob Kieffer, Jeff Feller et Tom Oswald en compagnie de René Winkin (Fedil) après une réunion tripartite- © Photo : Sven Becker

Comme c’est souvent le cas après un changement de gouvernement, le roulement de personnel au sein de l’État bat son plein. Après dix ans dans l’opposition, le CSV a le plus grand besoin de nouveaux conseillers de gouvernement, conseillers de gouvernement de première classe, conseillers de gouvernement et conseillers de gouvernement adjoints, qui veillent, au sein des ministères, à ce que les fonctionnaires « ordinaires » mettent en œuvre les orientations politiques de leurs ministres. Au sein du DP, qui a fait ses preuves au gouvernement, les conseillers de gouvernement restent pour la plupart auprès de leurs « anciens » ministres, les suivant parfois dans leurs nouveaux portefeuilles. Jusqu’à présent, on constate que les différents membres du gouvernement gèrent de manière très disparate la nomination des chefs de cabinet, des coordinateurs généraux et des secrétaires généraux. Certains tiennent à s’entourer de membres de leur parti ou de personnes de confiance et écartent les conseillers d’État de leurs prédécesseurs en les excluant du fonctionnement quotidien et du flux d’informations interne – ils les « mettent sur la touche ». D’autres se montrent plus tolérants envers les fonctionnaires expérimentés, misent sur la confiance et le dialogue – même lorsque ces fonctionnaires n’appartiennent pas à leur propre parti.

Le LSAP, en particulier, qui a dirigé certains ministères pendant près de 20 ans, a profité de sa longue participation au gouvernement pour placer des membres du parti au sein de l’administration, dont certains se sont également présentés aux élections sous ses couleurs. Cette pratique a pris des proportions démesurées ces derniers temps au sein des ministères des Sports et du Travail, sous la direction de Dan Kersch et Georges Engel, et dans une moindre mesure au sein du ministère de la Santé et des Affaires sociales. C’est au sein des deux premiers que les bouleversements les plus importants ont eu lieu depuis novembre.

Au ministère des Sports, le nouveau ministre du CSV, Georges Mischo, a tout simplement dissous le cabinet et pourvu les postes avec des proches. La coordinatrice générale Vanessa Tarantini, nommée en novembre 2022 par Georges Engel, réintègre le groupe parlementaire du LSAP, qu’elle dirigera désormais en tandem avec Nathalie Schmit, ancienne conseillère politique de Taina Bofferding au ministère de l’Intérieur. Mme Tarantini est présidente de la section sud du LSAP et s’était présentée aux élections communales à Mamer. Le nouveau coordinateur général au ministère des Sports sera François Knaff, ancien consul général à New York. Depuis septembre 2012, il occupait le poste de directeur général adjoint au ministère de l’Économie, d’abord sous la direction d’Étienne Schneider, puis sous celle de Franz Fayot. Ce qui le qualifie peut-être pour le ministère des Sports, c’est qu’il est membre du conseil d’administration de la Fédération luxembourgeoise de tennis (FLT) et père du joueur de tennis professionnel Alex Knaff (26 ans). Avec le soutien de la FLT, l’ancien maire d’Esch, Mischo, a planifié l’extension du centre national de tennis dans le quartier de Lallingen à Esch, financée à 70 % par l’État. François Knaff n’a aucun lien de parenté ni d’alliance avec Pim Knaff, échevin du DP à Esch.

Les anciens fonctionnaires communaux Steve Faltz et Thierry Wagner ont également été nommés au ministère des Sports sous la direction de Kersch et d’Engel, respectivement, afin de pouvoir se présenter comme têtes de liste du LSAP aux élections communales. Faltz, qui n’avait pas réussi en juin à détrôner l’ancien bourgmestre Georges Mischo, est désormais chef de l’opposition à Esch-sur-Alzette. Dès la prestation de serment de son adversaire politique municipal en tant que ministre des Sports, il s’est mis en quête d’un nouvel emploi et prendra bientôt ses fonctions d’ingénieur industriel auprès de la ville de Differdange. Dans cette commune, Thierry Wagner est échevin depuis sept mois. À ce titre, et en tant que membre du comité directeur des syndicats intercommunaux Minett-Kompost et Tice, il a droit à près de 40 heures de congé politique, ce qui lui permet de ne plus devoir se rendre que très rarement au ministère. Le directeur de l’Eneps, Charles Stelmes, qui faisait partie du cabinet d’Engel, s’est en revanche révélé être un sympathisant du CSV. Lors des négociations de coalition, il faisait partie d’un groupe de travail du CSV ; il devrait rester au sein du cabinet de Mischo.

Un remaniement ministériel a également lieu au ministère du Travail. L’actuel coordinateur général, Tom Oswald, que Dan Kersch avait autrefois fait venir de l’administration communale de Monnerich, est remplacé par Nadine Welter. Mme Welter est entrée au ministère du Travail il y a 20 ans sous la direction de François Biltgen (CSV) ; elle était jusqu’à présent responsable du droit du travail. Le responsable des relations publiques et des ressources humaines nommé par Dan Kersch, l’ancien journaliste d’Eldoradio et ancien conseiller communal LSAP de Differdange Pierre Hobscheit, est remplacé par Anne Heintz. Cette ancienne journaliste locale du journal « Wort » est considérée comme une proche confidente du ministre du Travail Georges Mischo. Sous son mandat de maire, elle a gravi les échelons jusqu’à devenir responsable du service de communication de l’administration communale d’Esch. L’avenir des autres membres du cabinet, à savoir l’ancien secrétaire du groupe parlementaire du LSAP Claude Tremont et Bob Greis, candidat du LSAP aux élections communales de Sandweiler, reste incertain. En interne, M. Mischo a fait savoir qu’il ne collaborerait pas avec des socialistes.

Des remaniements politiques ont également eu lieu au ministère de l’Intérieur. Alain Becker, chef de cabinet de Taina Bofferding et ancien conseiller communal LSAP à Dudelange, a été rétrogradé par Léon Gloden (CSV) au poste de chargé de mission pour la protection civile et remplacé par Steff Schaeler, membre de longue date du CSV et proche de Gloden. Le nouveau conseiller politique et chargé de communication au ministère de l’Intérieur est Claude Feyereisen, ancien journaliste au Wort et secrétaire adjoint du groupe parlementaire du CSV (d’Land, 12 janvier 2024).

Le Premier ministre Luc Frieden (CSV) semble accorder moins d’importance à l’appartenance politique qu’à l’origine bourgeoise lors de la nomination de ses proches collaborateurs. Son nouveau chef de cabinet au ministère d’État, Michel Scholer, est issu de la famille qui a fondé les Grands Magasins Monopol et implanté les premières chaînes de restauration rapide au Luxembourg (Wimpy, Quick, Chi-Chi’s, Pizza Hut). Ce politologue de 30 ans a débuté il y a sept ans en tant qu’attaché au ministère des Finances ; il y a trois ans, il a pris un congé pour occuper un poste de conseiller principal au Fonds monétaire international à Washington DC. Michel Scholer ne s’est jusqu’à présent pas engagé dans la vie politique partisane. Son prédécesseur, Jeff Feller, ancien secrétaire du groupe parlementaire du DP et ancien assesseur de la commune d’Ernztal, qui avait remplacé Paul Konsbruck en septembre 2021 au poste de chef de cabinet de Xavier Bettel, occupe depuis ce mois-ci les fonctions de coordinateur politique du ministre de l’Économie Lex Delles (DP). Feller s’est lui aussi retiré entre-temps de la vie politique active au sein de son parti.

Immédiatement après la prestation de serment du nouveau gouvernement, la diplomate Christine Goy (50 ans) avait déjà remplacé le diplomate Jacques Flies au poste de secrétaire générale du Conseil des ministres. Cette fonction est – avant même celle de chef de cabinet du Premier ministre – la plus haute de l’État. Le père de Christine Goy, René Goy, était directeur général de l’entreprise de béton Chaux de Contern (aujourd’hui Contern S.A.), implantée dans la commune natale de Luc Frieden, dont Robert Dennewald, président de longue date de la Fedil et fondateur du Business Club Contern, Robert Dennewald, en détient la majorité des parts. Son frère, Jean-Marc, est gestionnaire de fonds et président de l’Alfi. Le père et le frère de Christine Goy ont présidé le TC Spora, club fréquenté principalement par la bourgeoisie libérale luxembourgeoise, où elle joue encore aujourd’hui au tennis. Jacques Flies est désormais le premier ambassadeur luxembourgeois en Corée du Sud, une décision qu’il avait prise dès la dernière législature. Avant de rejoindre le ministère d’État de la Paix, Christine Goy était secrétaire générale au ministère de la Justice de Sam Tanson, où elle avait remplacé Véronique Bruck. Auparavant, elle était secrétaire générale adjointe au ministère des Affaires étrangères. En 2005, Christine Goy s’est présentée aux élections municipales de la ville de Luxembourg sous les couleurs du CSV. Le discret David Del Nin, qui a pris ses fonctions en juin 2020, reste secrétaire général adjoint du Conseil des ministres.

Au sein du service de communication du ministère d’État, un changement était également intervenu dès le mois de novembre. Florence Könner, ancienne avocate et diplomate au ministère des Affaires étrangères, a remplacé Céline Derveaux, qui est quant à elle devenue chargée de communication auprès de Yuriko Backes au ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Diversité. Florence Könner est secondée par Caroline Schlösser, ancienne collaboratrice du CSV et candidate aux élections communales à Walferdange.

Dans les autres ministères dirigés par le CSV, seules quelques nominations isolées ont eu lieu jusqu’à présent. Au ministère de la Justice d’Elisabeth Margue, Gil Goebbels, ancien collaborateur du groupe parlementaire du LSAP et fils de l’ancien ministre du LSAP Robert Goebbels, succédera à Christine Goy au poste de secrétaire général. M. Goebbels était déjà l’adjoint de Mme Goy depuis 2021. Pit Bouché, ancien conseiller et collaborateur administratif du CSV, que les Verts avaient recruté il y a trois ans et demi en tant que coordinateur du parti pour gérer leurs campagnes électorales, deviendra conseiller politique et chargé des relations publiques de la ministre de la Justice.

La ministre de l’Environnement, Serge Wilmes (CSV), a quant à elle nommé Charles Hurt au poste de coordinateur général. M. Hurt exerçait depuis 2010 en tant qu’avocat au sein du cabinet de l’ancien ministre du CSV Jean-Louis Schiltz, dont il est devenu associé en 2022. Entre-temps, l’ancien président du CSJ a travaillé comme conseiller pour le groupe parlementaire du CSV et a occupé pendant quelques mois, en 2013, le poste d’attaché auprès de Claude Wiseler (CSV), alors ministre du Développement durable et des Infrastructures. Les membres actuels de la coordination générale – André Weidenhaupt, Mike Wagner et Marianne Mousel – devraient rester en fonction jusqu’à nouvel ordre. Au ministère de la Fonction publique, Wilmes a nommé la directrice adjointe du CGPO, Anne Tescher, au poste de nouvelle coordinatrice générale. Son prédécesseur, Bob Gengler, qui avait été nommé par Dan Kersch en 2016, devient son adjoint. Ni l’un ni l’autre n’est actif au sein d’un parti politique.

Au ministère des Finances, Gilles Roth (CSV) a nommé Luc Feller, son assesseur de longue date et camarade de parti originaire de Mamer, au poste de premier conseiller d’État. M. Feller, qui occupe la fonction de bourgmestre de Mamer depuis l’entrée de M. Roth au gouvernement, n’a démissionné de son poste de haut-commissaire à la Sécurité nationale qu’à la suite de pressions politiques. Il a droit à 40 heures de congé politique, ce qui laisse supposer qu’il devrait avant tout jouer un rôle politique au sein du ministère des Finances. Le secrétaire général et directeur du Trésor public, nommé par Pierre Gramegna (DP), Bob Kieffer, ainsi que la coordinatrice Anne Heniqui, ancienne journaliste au Land-Journal, nommée il y a tout juste un an par Yuriko Backes et qui avait auparavant déjà occupé le poste de conseillère d’État de premier rang aux ministères de l’Éducation, des Affaires étrangères et de la Santé, devraient pour l’instant rester au ministère des Finances.

Au ministère de la Santé et des Affaires sociales également, la passation de pouvoir entre Paulette Lenert et Claude Haagen (tous deux du LSAP) et Martine Deprez (CSV) s’est déroulée jusqu’à présent sans heurts. Au ministère de la Santé, l’ancienne conseillère juridique, Sonja Trierweiler, remplacera Ian Tewes au poste de coordinateur général. M. Tewes se consacrera à plein temps à l’agence E-Santé, dont il a pris la direction en septembre. Sonja Trierweiler, qui possède une grande expérience, était membre de la direction de la CNS avant que Mme Lenert ne la fasse venir au ministère de la Santé en 2019. Ni M. Tewes ni Mme Trierweiler ne sont actifs en politique – contrairement au directeur de Santé, Jean-Claude Schmit, et à la chargée des relations publiques, Laura Valli, qui se sont tous deux présentés sous les couleurs du LSAP aux élections législatives. Ils restent toutefois pour l’instant en fonction, tout comme le coordinateur général au ministère des Affaires sociales, Abilio Fernandes, qui s’est présenté pour le LSAP aux élections communales à Mamer.

Dans les ministères dirigés par le DP, il n’y a pour l’instant pratiquement pas eu de nomination de nouveaux fonctionnaires politiques. À la place, des conseillers du gouvernement ont été mutés vers d’autres ministères. Au ministère de l’Économie, Lex Delles a ainsi remanié la quasi-totalité de son cabinet. Il a remplacé Tom Theves, chef de cabinet de longue date, par sa proche collaboratrice Françoise Schlink. Tom Theves était devenu coordinateur général en 2012 sous Etienne Schneider et avait conservé ce poste sous Franz Fayot (tous deux du LSAP). Dans l’organigramme officiel du ministère de l’Économie, il figure désormais comme secrétaire général. Françoise Schlink était secrétaire du groupe parlementaire du DP avant de devenir coordinatrice générale au ministère des Classes moyennes et du Tourisme en 2019. Depuis lors, les deux sont inséparables.
Outre Mme Schlink, M. Delles a également intégré à son cabinet au ministère de l’Économie son chargé de communication, l’ancien rédacteur du Tageblatt Damien Valvasori. Ce dernier remplace Paul Zenners, désormais responsable de la communication du ministre délégué au Tourisme, Eric Thill (DP). Olaf Münichsdorfer, ancien coordinateur général au ministère de l’Énergie (et ancien journaliste au Land-Journal), a été nommé par Lex Delles au poste de directeur du département de l’Énergie au ministère de l’Économie. Münichsdorfer avait déjà dirigé le bureau de Claude Turmes (Verts) à Bruxelles avant de devenir son premier conseiller d’État. Jeff Feller, l’ancien chef de cabinet de Xavier Bettel au ministère d’État, a lui aussi (comme déjà mentionné) rejoint le ministère de l’Économie – il est chargé de coordonner la collaboration entre les départements de l’Économie, des Petites et moyennes entreprises et du Tourisme.

Max Dörner a pris des fonctions similaires au sein du ministère de la Mobilité et des Travaux publics de Yuriko Backes (DP). Il est chargé d’assurer la coordination politique avec les deux autres portefeuilles de la ministre – la Défense et l’Égalité des genres – et de veiller à la mise en œuvre de ses priorités. Yuriko Backes a emmené avec elle Max Dörner, sans étiquette, qui travaillait auparavant au ministère des Finances, où il était son chargé de communication.

Au ministère de l’Éducation, dirigé depuis dix ans par Claude Meisch (DP), il ne devrait y avoir pratiquement aucun changement. Dans son autre portefeuille, celui du Logement, il a remplacé Mike Mathias, chef de cabinet de son prédécesseur vert Henri Kox, par Marie-Josée Vidal, coordinatrice générale au ministère de l’Aménagement du territoire de Claude Turmes et présidente d’Agora. L’ancien conseiller d’État Mathias, politiquement plus proche des Verts que sa successeure, a été « mis sur la touche » par Meisch en tant que directeur du Conseil d’analyse et de recherche au sein du ministère du Logement. En ce qui concerne Mme Vidal, un conflit d’intérêts potentiel pourrait toutefois se poser, car son compagnon exploite deux agences immobilières dans le sud du Luxembourg, dont elle a parfois partagé les annonces par le passé sur sa page Facebook, accessible uniquement à ses amis. Interrogée à ce sujet, Marie-Josée Vidal a expliqué qu’elle n’enfreignait pas pour autant le code de déontologie des conseillers d’État et que le ministre Claude Meisch n’y voyait pas non plus de conflit d’intérêts. En tout état de cause, elle n’a plus partagé aucune annonce depuis qu’elle est chef de cabinet au ministère du Logement.

Au ministère de la Culture, un changement de poste n’est prévu qu’en juillet. Le mandat du coordinateur général Jo Kox, qui a atteint l’âge de la retraite, a été prolongé d’une semaine de six mois afin de laisser au ministre Eric Thill (DP) le temps de lui trouver un successeur. À notre connaissance, aucun remaniement politique n’a encore eu lieu au sein du ministère des Affaires étrangères de Xavier Bettel.

Le gouvernement CSV-DP n’étant en fonction que depuis deux mois, on ne peut exclure de nouvelles nominations de conseillers d’État, des changements au sein des ministères, ni d’autres départs.

La pratique des fonctionnaires politiques, telle qu’elle existe au Luxembourg depuis 1974, n’est pas sans susciter la controverse. Nommés pour sept ans pour des raisons politiques, ils ne sont généralement pas tenus de passer un concours d’État (à moins d’avoir déjà travaillé dans la fonction publique avant leur nomination), gagnent bien leur vie (jusqu’à 14 000 euros par mois) et disposent d’un pouvoir important : tout comme les membres du gouvernement, les chefs de cabinet se réunissent régulièrement pour coordonner leur action sur le plan politique. À l’expiration de ce mandat de sept ans ou après un changement de gouvernement, ils peuvent rester dans la fonction publique jusqu’à leur départ à la retraite, même s’ils ne sont en réalité plus indispensables. S’ils sont mutés ou mis à l’écart, leur salaire reste inchangé.

Au cours des 20 dernières années, le plafond fixé pour la nomination de fonctionnaires politiques a plus que doublé, passant de 60 à 133 actuellement (y compris les six postes d’administrateurs généraux, qui occupent le grade le plus élevé, mais qui ne sont plus pourvus depuis des années). En 2018, le DP, le LSAP et les Verts l’ont fait passer de 88 à 126. Peu après avoir inscrit dans leur accord de coalition que « le Gouvernement s’engage à prendre des mesures pour parvenir à une représentation plus équilibrée au niveau des postes de haut niveau dans la fonction publique », le CSV et le DP ont, dans leur règlement relatif à l’organisation du gouvernement, relevé une nouvelle fois ce plafond de sept postes par rapport à celui fixé par le gouvernement précédent. Sur les 126 postes que le gouvernement DP-LSAP-Verts s’était « autorisé » en 2018 par un règlement grand-ducal, 90,7 postes à temps plein sont effectivement pourvus, a déclaré l’ancien ministre de la Fonction publique, Marc Hansen (DP), fin juin lors d’une séance plénière au cours de laquelle le Parlement a adopté une loi d’application relative à la mise en œuvre de la révision constitutionnelle. Cette loi a limité le contingent de fonctionnaires politiques à 150. Ce plafond généreux ne peut désormais être dépassé que par une modification de la loi et non plus – comme c’était le cas jusqu’à présent – par un simple règlement grand-ducal du gouvernement. p