Cela s’est passé mercredi dernier sur la place du marché de Diekirch : Radio 100,7 avait invité les têtes de liste du LSAP, du CSV et du DP à un débat en direct dans le cadre de la campagne électorale locale. José Lopes Gonçalves, conseiller communal du DP, a déclaré : « Pour nous, une fusion de la Nordstad à cinq n’est plus une priorité. » Elle n’apporterait « aucune réelle valeur ajoutée aux citoyens ». Il vaudrait mieux commencer par une fusion à deux ou à trois.
La fusion a ainsi fait son entrée dans la campagne électorale communale. À Diekirch en tout cas, et probablement aussi à Ettelbruck, Schieren, Bettendorf et Erpeldange. C’était prévisible. Interrogés par le journal « Land », les maires des cinq communes déclarent que s’ils devaient constater que les citoyens ont l’impression que le projet Nordstad est au point mort, ils pourraient le comprendre. Il ne serait donc pas surprenant que quelqu’un vienne remettre en question ce « mariage communal », qui n’a encore jamais été réalisé à une telle échelle dans notre pays.
La fusion aurait toutefois également été un thème de campagne électorale si les futures communes de Nordstad étaient allées aussi loin qu’elles auraient théoriquement pu le faire. Dans ce cas, tout le monde parlerait aujourd’hui de Nordstad dans ces communes. Il y a peut-être six mois, le « processus de fusion » aurait pu être lancé : les cinq conseils communaux auraient pris cette décision dans des « déclarations d’intention », le ministère de l’Intérieur aurait alors commencé à rédiger un projet de loi sur la fusion, et les citoyennes et citoyens auraient été informés des détails des plans de fusion. Depuis fin 2018, les cinq conseils communaux menaient des « discussions exploratoires ». Un projet de plan de fusion avait été présenté aux conseils communaux. S’il avait été adopté, la campagne électorale actuelle serait également celle précédant le référendum sur la fusion.
Cette approche a toutefois été écartée. En effet, le plan initial prévoyait de présenter le projet de loi à l’été 2022 et d’organiser le référendum, puis, en cas de « oui », d’adopter la loi sur la fusion avant les élections municipales. Les cinq maires attribuent cet échec à la pandémie de coronavirus. À la charge de travail qui aurait été « sous-estimée », comme le souligne la maire de Bettendorf, Pascale Hansen. Et aussi, dans une certaine mesure, au fait que « les petites communes ne voulaient pas avancer aussi vite qu’Ettelbrück et Diekirch », comme l’explique le maire d’Ettelbrück, Jean-Paul Schaaf (CSV), avant d’ajouter aussitôt : « Je n’en tiens rigueur à personne. Le coronavirus nous a déjà paralysés. » Comme tout a pris plus de temps que prévu, il a été convenu d’attendre la fin des élections pour que les conseils communaux adoptent les déclarations d’intention relatives à la fusion. Personne ne voulait se voir reprocher d’avoir pris, quelques mois seulement avant le scrutin, une décision qui aurait simplement été léguée aux nouveaux élus si ceux-ci y avaient vu un problème politique. C’est ce qu’expliquent officiellement les cinq maires.
C’est précisément là qu’intervient José Lopes Gonçalves à Diekirch. D’un point de vue stratégique, dit-il, il ne souhaite pas faire échouer le projet Nordstad. Cet avocat de 37 ans, qui siège au conseil communal depuis 2011, souhaite obtenir « des propos clairs de la part des autres partis » qui se présentent aux élections à Diekirch. Il leur reproche de ne pas vouloir réellement d’une fusion à cinq. « Je suis fondamentalement convaincu que, au sein de l’actuelle majorité LSAP à Diekirch, personne n’y est vraiment favorable, mais que chacun affirme le contraire lorsque les micros sont allumés. » Les directions du CSV et du LSAP « verraient là une opportunité pour un maire de Nordstad issu de leurs rangs ». À Diekirch même, en revanche, le LSAP et son maire Claude Thill n’auraient « jamais complètement lâché le frein à main » concernant Nordstad. C’est pourquoi, dit-il, les autres partis devraient se prononcer aussi clairement que lui sur un référendum de fusion. Selon lui, il devrait y avoir un référendum sur la fusion à cinq, mais il conseillerait aux électeurs et électrices de voter « non ».
Il n’est pas facile de dire s’il y a là plus qu’une simple tentative originale de se démarquer des autres. Lopes Gonçalves avait déjà laissé entendre, sur la place du marché, qu’il serait prêt à faire des compromis pour former une coalition à Diekirch, lorsqu’il a répondu, à la question de savoir s’il excluait totalement une fusion à cinq, qu’« il ne faut jamais dire jamais ». Et il se pourrait bien qu’il se rallie lui aussi à la ligne de son parti après les élections : Eric Thill, président du DP Norden, a « pris note » des déclarations du tête de liste de Diekirch, mais précise que « ce n’est pas la position de notre section Nord ». Celle-ci est favorable à une fusion à cinq, tout comme Eric Thill, en tant que maire de la commune majeure de Schieren, dans la Nordstad. « Les cinq communes doivent se réunir très rapidement après les élections pour discuter de la suite des événements. »
Le processus de fusion ayant pris du retard, il est normal que des calculs électoraux s’expriment ici et là. À part Lopes Gonçalves, personne ne semble jouer le rôle d’agent provocateur. Mais lorsque le journal *Das Wort* a interviewé mardi les têtes de liste de deux des trois listes citoyennes en lice dans la nouvelle commune de Bettendorf, élue à la proportionnelle, José Vaz do Rio, de la liste « Eng Equip fir Iech », a déclaré n’avoir « aucun avis » sur la fusion. Ce qui est surprenant, car Vaz do Rio est le premier assesseur de la commune. Mais vouloir laisser la décision concernant la Nordstad « entre les mains des citoyens lors du référendum » peut aussi constituer une prise de position électorale.
À Erpeldingen, le maire Claude Gleis a quant à lui fait parler de lui la semaine dernière. Et à Ettelbrück, auprès de Jean-Paul Schaaf, l’un des pionniers du projet Nordstad. M. Gleis s’est plaint du fait qu’Ettelbrück ait délivré un permis de construire pour une éolienne à Bürden, tout près d’Erpeldingen, sans envisager d’autres emplacements possibles. La coopération avec Nordstad est par ailleurs bonne, a déclaré M. Gleis lors d’une conférence de presse, mais en ce qui concerne l’éolienne, « elle est si mauvaise que nous craignons même que nos discussions de fusion soient remises en cause ».
Schaaf aurait été furieux que Gleis ait sorti l’artillerie lourde. En public, il fait preuve de compréhension envers son collègue d’Erpeldingen : « Les habitants s’inquiètent. Je suppose que le conseil municipal et le maire vont prendre position à ce sujet. » Schaaf se rend sans doute compte qu’il serait imprudent, en ce moment précis, de monter les riverains des éoliennes – et peut-être les habitants d’Erpeldingen en général – contre la grande commune voisine : Claude Gleis, dont on dit qu’il entretient des liens stratégiques étroits avec Schaaf au sein de la Nordstad et qui déclare lui-même : « Je suis pour la Nordstad, tout le monde le sait », évite délibérément, pendant la campagne électorale, de parler de la fusion, mais évoque plutôt le « troisième pôle de développement du Land, qu’il faut renforcer ». Pourtant, « je me bats pour la fusion », mais le dire haut et fort pendant la campagne électorale à Erpeldange pourrait être interprété à tort comme une anticipation du référendum. « Tous les candidats ici ne sont pas en faveur de la fusion. » Et de nombreux citoyens se poseraient des questions. La remarque sur l’éolienne visait à montrer clairement que les responsables municipaux veillent à ce qu’Erpeldingen ne soit pas dominée par Ettelbrück et Diekirch.
De sorte que la fusion de Nordstad, à cinq, ne devrait pas vraiment être remise en cause lors des élections dans trois semaines, ni par la suite, même si le DP fait son entrée au conseil des échevins de Diekirch. Les difficultés politiques risquent de se présenter par la suite. Lorsque des projets devront être définis, « grâce auxquels nous rallierons les citoyens à notre cause », comme le voit le maire de Diekirch, Claude Thill. Des projets que, selon Jean-Paul Schaaf, « nous pourrons réaliser en tant que Nordstad fusionnée, mais pas sans cette fusion ». Ils ne sont pas encore définis. José Lopes Gonçalves ironise en affirmant que les idées présentées jusqu’à présent aux conseillers municipaux sont « des options sympathiques, mais rien qui changerait fondamentalement la donne pour les citoyens en cas de fusion ».
En cas de fusion, et qui plus est dans un délai très court, des élections pourraient peut-être avoir lieu dès dans trois ans. Si le référendum se tenait en 2025, les élections pourraient avoir lieu en 2026, estime Jean-Paul Schaaf, qui ne cesse de mettre la pression pour accélérer le processus. En effet, il ne serait pas possible de simplement regrouper les conseils municipaux des cinq communes ; avec 52 sièges, ce conseil municipal de Nordstad serait presque aussi important que la Chambre des députés.