d’Land : Madame Tanson, il est impossible de ne pas aborder les élections législatives en France dans cette interview. Qu’en pensez-vous ?
Sam Tanson : Beaucoup de choses. Le pari risqué de Macron pourrait plonger la France et l’ensemble de l’UE dans une crise profonde. On voit bien à quel point il est important, dans une démocratie, de disposer de garde-fous, qui n’ont manifestement pas fonctionné dans ce cas précis. Deuxièmement, il faut garder à l’esprit que beaucoup de Français vont mal, et ce depuis longtemps, et que la politique a souvent négligé les plus vulnérables de la société. Troisièmement, je constate une normalisation des idées politiques d’extrême droite. Dans le programme électoral du Rassemblement national, on parle d’écologie comme d’« écologie punitive », ce que l’on appelait chez nous une « politique d’interdiction » ou une « politique qui agace ». La rhétorique issue de l’extrême droite est également reprise par le centre.
Voyez-vous se dessiner une tendance vers l’extrême droite ? Ce phénomène existe également dans d’autres pays. Aux Pays-Bas, le gouvernement, auquel participe le parti de Geert Wilders, a prêté serment mardi. En Allemagne, l’AFD pourrait entrer au gouvernement au niveau des Länder cet automne.
Les idées d’extrême droite sont présentes depuis longtemps. Lorsque Jean-Marie Le Pen s’est qualifié pour la première fois au second tour des élections présidentielles en 2002, j’étais encore étudiante à Paris. Je constate en tout cas que les gouvernements conservateurs ou de centre tentent de s’approprier le terrain de l’extrême droite afin de leur ravir des électeurs. Mais ce n’est pas cela qui aide. Il faut se pencher sur leurs idées, les décortiquer et montrer que leur politique ne mène à rien, qu’elle joue sur les peurs et qu’elle va à l’encontre des libertés.
Cette tendance se confirme peut-être aussi au Luxembourg. Lors du sondage réalisé en mai dans le cadre de l’étude Polindex 2024 menée par l’université, 33 % des Luxembourgeois·e·s interrogé·e·s et une proportion tout aussi importante d’étranger·e·s ont déclaré qu’il vaudrait mieux avoir moins de démocratie et davantage d’efficacité. En 2018, seuls 21 % partageaient cet avis. Et 14 % des Luxembourgeois ainsi que 18 % des étrangers ont répondu « non » en mai à la question de savoir si la démocratie – malgré toutes ses lacunes – restait néanmoins la meilleure des formes de gouvernement.
La question qui se poserait alors serait de savoir quelle serait l’alternative aux représentants élus du peuple.
Apparemment, cette question n’a pas été posée. Et on ne peut que spéculer : certains préféreraient-ils un système autoritaire, tandis que d’autres sont déçus parce que la démocratie parlementaire libérale ne résout pas les problèmes auxquels ils sont confrontés ?
Je comprends qu’on puisse se sentir frustré. Les responsables politiques peuvent l’être eux aussi : on respecte les règles du jeu parlementaire et les procédures, mais tout prend souvent beaucoup de temps. Je ne pense toutefois pas que ce soit là le cœur du problème.
Et alors ?
Je veux dire par là que la Covid-19 a marqué un tournant, remettant en question bien des choses. Le gouvernement de l’époque agissait constamment en situation de crise. Nous devions nous fier à des informations qui n’avaient pas fait l’objet de recherches approfondies, mais qui reflétaient des opinions du moment. Les avis des experts fluctuaient parfois eux aussi. Sur cette base, nous avons dû décider de mesures pesantes portant atteinte aux libertés individuelles afin de protéger la liberté collective et la santé de tous. Cela a suscité, à juste titre, de nombreux doutes, mais aussi une tendance à diffuser de fausses informations. Ce phénomène s’était déjà manifesté lors de la campagne électorale américaine de 2016, mais il a pris une ampleur bien plus grande pendant la pandémie. À ce moment-là, quelque chose a basculé à plusieurs niveaux. Par la suite, l’inflation a augmenté, la Russie a envahi l’Ukraine, et l’inflation s’est encore accentuée. Les taux d’intérêt sur les crédits ont grimpé et des personnes qui ne s’étaient jamais posé ce genre de questions auparavant ont eu du mal à rembourser leurs emprunts. Le mode de crise est un terreau extrêmement fertile pour les idées extrêmes. Et que font les extrémistes de droite ? Ils jouent sur les peurs des gens. C’est leur réservoir. Ce qui est différent, ou ce que l’on craint de manière diffuse, fait peur. On peut jouer là-dessus, et ça marche.
Pourtant, au Luxembourg, les élections européennes du 9 juin n’ont pas donné lieu à un soulèvement électoral, contrairement à d’autres pays. L’ADR a obtenu un siège résiduel. Le paradis fiscal rapporte apparemment suffisamment d’argent pour financer l’État-providence et les aides environnementales, de sorte que nous sommes encore épargnés.
Par rapport à d’autres pays, beaucoup d’électeurs chez nous s’en sortent encore assez bien, même si les écarts se creusent et que nous sommes confrontés à un problème de pauvreté. Je suis heureux que notre démocratie tienne bon. Mais cela tient peut-être aussi au fait que l’ADR n’a pas encore produit de personnalité capable d’exercer un effet fédérateur, comme on peut le voir dans d’autres pays. De par son attitude, Jordan Bardella pourrait tout aussi bien appartenir à un autre parti. Il est très actif sur TikTok et extrêmement présent auprès des jeunes. Jusqu’à présent, ce genre de phénomène n’a pas encore vraiment pris au Luxembourg, mais je n’exclus pas cette possibilité.
En parlant des jeunes : si les chiffres de Polindex pour 2024 sont exacts, le vote en faveur des Verts est particulièrement faible dans la tranche d’âge des 18-24 ans.
« Fridays for Future », c’est du passé. Mais peut-être que les jeunes ont aussi des problèmes plus urgents. Le meilleur moyen d’enrayer la tendance à l’extrême droite est de veiller à ce que personne ne se sente exclu, que ce soit sur le plan matériel ou autre. Tous les partis démocratiques sont sollicités à cet égard. La politique défendue par l’extrême droite n’est justement pas une politique pour les petites gens. C’est souvent une politique au service des grandes entreprises, une politique économique très libérale. C’est là que réside la contradiction avec leurs positions visant à restreindre d’autres libertés : la liberté de la presse, l’indépendance de la justice.
Ce n’est peut-être pas une contradiction. Les grandes entreprises fonctionnent aussi sans démocratie.
Je ne partage pas cet avis. Je suis une démocrate convaincue et je pense que notre société fonctionne mieux – même si cela implique des obstacles, des débats et des pertes de temps – lorsque nous essayons de convaincre les majorités et d’avancer dans une direction donnée. Quel que soit le domaine concerné.
Parlons des Verts. Mercredi prochain, François Bausch quittera son mandat de député. Êtes-vous la nouvelle cheffe officieuse des Verts ? Dans un parti d’opposition, c’est bien au sein du groupe parlementaire que se joue la musique.
Je me considère plutôt comme une coordinatrice. Et comme une porte-parole qui prend la parole lors des débats importants. Nous formons, y compris Tilly Metz au Parlement européen, un petit groupe et nous travaillons très bien ensemble. Je ne me place pas dans la catégorie des « figures de proue ».
Il y a quatre ans, Djuna Bernard avait déclaré au journal *Land* que, si l’on voulait faire passer quelque chose au sein du parti, cela n’était pas possible sans l’accord de François Bausch. Sera-ce possible à l’avenir sans l’accord de Sam Tanson ?
Je ne peux pas confirmer cette vision de François Bausch comme un autocrate. En tout cas, ce n’est pas ainsi que je l’ai perçu. Il a un caractère bien trempé et peut se montrer très déterminé. Mais nous avons tous appris – et c’était important – à gravir les échelons. Si je disais que cela signifie s’imposer face à lui, ce serait une formulation erronée. Il s’agit plutôt de discuter avec lui et de le convaincre d’un autre point de vue. Nous avons tous beaucoup appris grâce à lui et avec lui. Mais bien sûr : François Bausch incarne énormément de choses. Je n’ai probablement pas encore pleinement pris conscience moi-même qu’il ne fera bientôt plus partie du quotidien politique.
Mais son annonce n’était pas vraiment une surprise, n’est-ce pas ?
Non, lorsqu’en octobre, deux jeunes députés, Djuna Bernard et François Benoy, ont été élus juste derrière lui sur notre liste du Centre et qu’il est apparu clairement que nous ne ferions plus partie de la majorité, il a tout de suite dit à Djuna qu’il finirait par se retirer. Récemment, il a décidé que le moment était venu.
La présidence du parti sera-t-elle renouvelée à l’automne ?
Djuna Bernard et Meris Sehovic ne se représenteront pas. Elles ont mené cette tâche pendant longtemps et ont dirigé des campagnes électorales complexes. Djuna s’est présentée aux trois élections de 2023/24.
Il est en effet inévitable que les Verts confient un rôle à leur personnel expérimenté, au-delà de la « sensibilité » désormais réduite au sein de la Chambre et de Tilly Metz.
C’est vrai, et la présidence du parti permet à deux autres personnes de se faire connaître et les intègre dans les processus. Notre bureau exécutif est un organe très important. Il est composé de la présidente et du président du parti, de la porte-parole du groupe parlementaire, ainsi que, souvent, d’autres députés. Cela élargit le cercle des décideurs. Celui-ci ne devrait pas se limiter uniquement aux députés.
Stéphanie Empain et François Benoy se présenteront-ils à l’élection présidentielle ?
Vous avez annoncé votre candidature. Je me réjouis de votre candidature. Voyons voir qui d’autre se présentera ; l’appel à candidatures n’a pas encore été lancé. Ce qui est positif, c’est que nous entretenons toujours de nombreux contacts avec tous les anciens députés et membres du gouvernement. Cela nous permet de conserver notre savoir-faire.
Quelles ont été les conclusions de l’analyse interne de la défaite aux élections à la Chambre du 8 octobre ?
Elle est toujours en cours. Une réunion plus importante aura lieu prochainement, à laquelle tous les membres du parti pourront participer. L’idée est de remettre à la nouvelle présidence une synthèse de cette analyse et des propositions des membres.
Qu’en conclure ? Un nouveau programme politique ?
Je ne veux pas m’avancer sur ce sujet. Nous devrions en discuter lorsque nous élirons la nouvelle présidence et les nouveaux organes dirigeants. Un nouveau programme politique pourrait être une piste. J’avais participé à la dernière révision du programme politique en tant que porte-parole du parti. Ce fut un processus très intense.
On ne pouvait en réalité pas reprocher aux Verts d’être un « parti de l’interdiction ». Au contraire, pendant la campagne électorale, le parti et vous-même, en tant que tête de liste, aviez promis de nombreuses mesures d’accompagnement et aides pour la transition énergétique. François Bausch a déclaré au Land en novembre que peut-être beaucoup de gens ne voulaient tout simplement pas être emmenés dans cette voie. Déi Gréng devraient se demander pourquoi.
La protection de l’environnement et du climat est un enjeu central qui ne fait aucun doute. Mais nous devons en même temps nous attaquer aux problèmes les plus urgents auxquels sont confrontés les citoyens. Face aux nombreuses crises et à l’inflation, beaucoup s’inquiètent de savoir comment joindre les deux bouts avec leurs revenus, comment rembourser un crédit. La nouvelle réalité climatique reste encore abstraite pour beaucoup. C’est donc un défi pour nous de susciter l’envie de participer à cette transition. Nous avons essayé d’y parvenir grâce à des aides, et je regrette qu’elles soient désormais réduites. Le moment n’est pas encore venu.
On pourrait affirmer que l’électorat traditionnel des Verts n’est peut-être pas confronté à des soucis financiers aussi aigus. Lors des élections européennes, Déi Gréng ont surtout été élus dans des communes où le salaire médian est élevé, où il y a beaucoup de diplômés de l’enseignement supérieur et peu de chômeurs. Le parti doit-il désormais s’étendre au-delà de son électorat traditionnel ? S’agit-il d’une orientation stratégique ?
Cette orientation me tient à cœur. Il est important pour moi que la politique réduise le fossé entre les riches et les pauvres. Actuellement, le gouvernement déploie beaucoup d’efforts pour faciliter et améliorer la vie des personnes qui sont déjà aisées. Pour moi, ce n’est pas la bonne voie. Une politique équitable devrait, par exemple, veiller à ce que l’on puisse bien joindre les deux bouts même avec le salaire minimum. Ce n’est pas le cas actuellement, il faut donc augmenter le salaire minimum.
Les Verts doivent-ils collaborer avec le LSAP et la Gauche ?
Dans l’esprit du Front populaire, comme en France ? On ne peut pas comparer les deux, le système électoral français est très différent du nôtre. Mais sur de nombreux points, nos positions ne sont en effet pas très éloignées. La question de la transition, par exemple, est aussi une question sociale. Qui doit payer les factures d’énergie les plus élevées ? Ce sont les locataires qui vivent dans de vieux immeubles mal isolés, sans triple vitrage, mais avec des courants d’air. Nous devons tout mettre en œuvre pour que la transition soit la plus facile possible pour tout le monde. Ou prenons l’exemple de la mobilité électrique : comme tout le monde ne peut pas s’offrir une voiture électrique, nous avions proposé un « leasing social », comme cela existe en France. C’était un point important de notre programme pour les élections législatives. D’autres partis l’avaient repris à leur compte, mais je n’en entends plus parler.
La ministre de l’Environnement du CSV, Serge Wilmes, a déclaré que le « leasing social » allait voir le jour et qu’il constituerait un exemple de politique différente de celle des Verts.
Au cours des derniers mois, il a affirmé à plusieurs reprises qu’il adoptait une approche radicalement différente de celle de ses prédécesseurs. En mai, il a déclaré sur RTL que les projets pilotes issus de la « table ronde sur l’eau » de 2021 n’avaient pas été mis en œuvre et que cela était imputable à ses prédécesseurs. Or, dans sa réponse à une question parlementaire de Joëlle Welfring en avril, il avait écrit le contraire, et mardi, en direct au Parlement, il a déclaré qu’un projet avait été mené à bien, que d’autres étaient en cours de mise en œuvre, et que les blocages étaient notamment liés au classement des terrains dans les communes. Ce n’est pas ainsi qu’on fait preuve d’honnêteté. Je trouve extrêmement regrettable l’attitude polémique de Serge Wilmes à l’égard de ses prédécesseurs.
L’une de ses prédécesseurs était Carole Dieschbourg. Vendredi dernier, le parquet a classé sans suite l’enquête la concernant dans l’affaire Gaardenhaischen. Aucun élément n’a permis de prouver qu’elle aurait favorisé Roberto Traversini. Avait-elle été condamnée d’avance par le CSV ?
Oui, dès le début. Il est normal que la justice fasse son travail. Mais le Parlement ne doit pas se substituer au procureur. Or, c’est exactement ce qu’a fait Michel Wolter, et d’une manière dont aucun procureur luxembourgeois ne se serait comporté. Ce qui m’a le plus dérangé, c’est que des responsables politiques du même parti, notamment Gilles Roth, aient toujours insisté, à juste titre, sur la présomption d’innocence au sein de la commission parlementaire de la justice. Or, aux yeux du CSV, celle-ci ne s’appliquait pas à Carole Dieschbourg.
Carole Dieschbourg va-t-elle faire son retour en politique ?
Je ne peux pas me prononcer là-dessus. Elle n’a jamais rompu ses liens avec le parti. Elle soutient sa section locale et le district Est. Elle assiste aux congrès, elle était présente le soir des élections. Je l’admire pour cela. Car d’un point de vue politique, le CSV l’avait identifiée, dès l’affaire Gaardenhaischen, comme un point faible sur lequel on ne cessait de s’acharner. Puis, plus tard, sur Déi Gréng dans son ensemble, afin de briser la coalition.
Au Parlement, vous ne cessez de répéter que Déi Gréng constituent « une opposition plus nuancée ». Vous diriez au gouvernement quand il fait quelque chose de bien. Qu’est-ce qu’il fait de bien ?
Beaucoup de ses projets restent encore vagues, comme par exemple le programme de simplification administrative. Si des simplifications devaient voir le jour, ce serait bien sûr une bonne chose. À condition qu’elles ne se fassent pas au détriment de droits importants d’autrui. Si le Luxembourg faisait un grand pas en avant en matière de numérisation, cela serait également à saluer. Mais ce ne sont pour l’instant que des annonces, et nous devons attendre de voir comment les choses évoluent. Pendant la campagne électorale, on a souvent affirmé que la construction de logements n’avançait pas assez vite à cause des procédures environnementales. Lorsque je répondais que le principal défi résidait dans les procédures communales et qu’il fallait les simplifier et les harmoniser davantage, on se moquait de moi. Aujourd’hui, cette question est au premier plan, alors que les procédures PAG et PAP doivent être fusionnées. C’est une bonne chose. Mais une harmonisation des règlements communaux en matière de construction serait encore plus importante. Je suis curieux de voir jusqu’où le gouvernement est prêt à aller dans ce domaine et dans quelle mesure les communes suivront. Le fait que la majorité CSV-DP compte de nombreux députés-maires dans ses rangs pourrait peut-être y contribuer.
À mes yeux, un autre projet important est le « pacte contre la pauvreté », que nous attendons toujours. Une première annonce à ce sujet concerne le principe du « once only » – un pas dans la bonne direction pour que toute personne ayant droit à des aides puisse effectivement en bénéficier. Cependant, malgré toutes ces simplifications, il est important de renforcer les effectifs des administrations compétentes. À l’avenir, le principe du « silence vaut accord » devrait s’appliquer de manière générale. Sans renfort en personnel, les agents administratifs seraient soumis à une pression les poussant à travailler davantage pour ne rien laisser passer. Il y a donc plusieurs annonces positives de la part du gouvernement, mais nous attendons encore les détails.
Le barème fiscal a été légèrement ajusté en fonction de l’inflation.
Oui, d’autant plus que l’essentiel avait déjà été décidé par le gouvernement précédent. Et ce n’est en réalité pas une façon créative de faire de la politique. Je ne veux pas être mal compris : lutter dans une certaine mesure contre la progression à froid, c’est très bien. Mais cela prive le Trésor public de ressources. Pour une mesure qui profite surtout à ceux qui gagnent déjà beaucoup.
Pensez-vous que les résultats du CSV et du DP aux élections européennes aient constitué une sorte d’avertissement à l’adresse du gouvernement ?
Le fait que ces deux partis n’aient recueilli ensemble que 41 % des voix, contre près de 48 % lors des élections à la Chambre, m’a en effet surpris. Ils ne semblaient manifestement pas bénéficier d’un élan positif, huit mois seulement après les élections régionales. Mais il y a également eu diverses actions et incidents qui n’étaient pas vraiment louables.