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Institutions et démocratie 17 min de lecture

Je trouve cela complètement absurde

Taina Bofferding, présidente du groupe parlementaire du LSAP, s'exprime sur les imbrications politiques dans l'affaire Caritas, les tensions dans le débat sur les retraites et ses relations avec Sam Tanson et Paulette Lenert

Article paru dans Édition septembre 2024
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Je trouve cela complètement absurde
Taina Bofferding, mercredi midi, dans son bureau au sein du groupe parlementaire du LSAP © Photo : Sven Becker

d’Land : Madame Bofferding, avez-vous déjà quelque chose de prévu jeudi prochain ?

Taina Bofferding : Oui, j’ai effectivement déjà quelque chose de prévu, mais cela n’a rien à voir avec le pape. Le Premier ministre organise certes un événement au Cercle Cité, mais l’un de mes collègues a accepté de me remplacer à cette occasion.

N’est-il pas ironique que l’affaire de fraude au sein de Caritas ait été dévoilée deux mois avant la visite du pape ?

L’affaire Caritas va encore nous occuper pendant un certain temps. Le LSAP a demandé la création d’une commission spéciale à ce sujet, afin que les députés puissent se pencher de manière approfondie sur cette affaire. C’est plus efficace que de convoquer cinq commissions sous l’égide de la commission de contrôle de l’exécution du budget, comme cela a été le cas cette semaine. De cette manière, nous pourrons obtenir des données et des informations, et entendre les représentants du diocèse et de Caritas, qui ne se sont jusqu’à présent guère exprimés sur cette affaire. Nous ne voulons pas nous substituer à la justice, ce n’est pas notre rôle, mais le gouvernement est impliqué dans l’affaire Caritas et il incombe au Parlement de contrôler le gouvernement. C’est pourquoi nous devons obtenir des réponses à nos questions politiques – par exemple, qui a pris quelle décision et à quel moment.

Afin de sauver Caritas, le cabinet de conseil PWC, conformément aux directives du Premier ministre, a transformé Caritas en « bad bank » et a créé, avec Hëllef um Terrain (Hut), une nouvelle structure composée d’anciens associés de PWC, d’avocats et de responsables d’assurances, chargée de poursuivre ses activités. Qu’en pensez-vous ?

Le conseil d’administration de Caritas existe toujours, mais il semble ne plus disposer d’aucun pouvoir. Parallèlement, une nouvelle entité appelée « Hut » a été créée ; celle-ci se présente comme indépendante, mais est composée de membres du CSV et du DP. Il est donc difficile d’imaginer qu’il n’y ait pas eu de discussions entre les membres fondateurs de Hut et le gouvernement. Il est important que nous obtenions des réponses à ces questions afin de comprendre le processus décisionnel au niveau politique. Lorsque le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, déclare à la radio que Caritas a annulé unilatéralement des projets internationaux, cela est peut-être vrai, mais à ma connaissance, le gouvernement a par exemple financé un hôpital au Soudan du Sud ; il s’agit donc également d’une décision politique. On est donc en droit de se demander si le ministère de la Coopération ne continue pas à soutenir ce projet par un autre biais. Le gouvernement se cache derrière Caritas, mais ce n’est pas aussi simple que cela. Après tout, le Premier ministre a fait de cette affaire une priorité absolue, il a pris en main la communication et des réunions interministérielles ont eu lieu à ce sujet. Le gouvernement ne peut donc pas rejeter toute la responsabilité sur Caritas, qui est tout de même l’un des principaux prestataires de services de l’État.

Qu’aurait fait le LSAP différemment ?

Il est important que les projets se poursuivent. Pour nous, on ne sait pas encore très bien comment se déroulera la transition entre l’« ancienne » Caritas et la nouvelle structure. Si on nous dit que le personnel sera repris et pourra peut-être rester dans ses bureaux, c’est une bonne chose, mais ce n’est pas tout. L’ensemble de l’organisation de Caritas est très opaque ; le conseil d’administration compte des membres du CSV, et il existe bel et bien des liens d’intérêt : plus on se penche sur la question, plus les questions se multiplient.

L’archevêché ne fait plus partie de la nouvelle structure « Hut » ; il a déjà cédé ce terme à un groupe multinational il y a trois ans et a également rompu en grande partie ses liens avec le CSV. Le LSAP et les organisations de la société civile qui lui sont proches se sont battus pendant des décennies pour la séparation de l’Église et de l’État. En résulte-t-il aujourd’hui l’État laïc tel que vous l’aviez imaginé et souhaité ?

Depuis que j’ai rejoint les Jeunes socialistes, beaucoup de choses ont changé. L’enseignement religieux catholique a été supprimé des écoles, les salaires du diocèse ne sont plus pris en charge par l’État, etc. Nous avons réalisé d’importants progrès. La situation reste toutefois plus délicate dans les communes, qui doivent encore prendre en charge les frais de chauffage des églises. Mais aujourd’hui, personne ne remet plus en cause la séparation de l’Église et de l’État – pas même le CSV.

Mais cette séparation a entraîné la perte, dans une large mesure, de la dimension morale et sociale de l’Église. Il ne reste plus qu’un État néolibéral qui fonctionne comme une entreprise. Était-ce là ce que vous souhaitiez ?

Nous n’avons certainement pas réclamé l’orientation conservatrice et libérale sur le plan économique de la société que défend ce gouvernement. Pas plus que le fait que le Premier ministre se considère comme le PDG de l’entreprise « Luxembourg ». Pour nous, le Luxembourg n’est ni une entreprise, ni une société anonyme ; à nos yeux, les citoyennes et citoyens ne sont pas des employés qui doivent être rentables. Cette conception fondamentale du gouvernement imprègne tous les domaines, et il fait preuve d’une grande cohérence à cet égard. En matière de politique financière et budgétaire, il mise exclusivement sur l’ancien modèle de croissance. Le Premier ministre ne fait même pas mention des répercussions de ce modèle, qui a été entretenu pendant des décennies au Luxembourg. Dans l’affaire Caritas également, il ne parle que de l’argent des contribuables, mais pas du personnel qui perd son emploi ou vit dans l’incertitude. Cela est révélateur de la vision conservatrice-libérale du monde de Luc Frieden.

Ne faudrait-il pas repenser en profondeur le système conventionnel de prise en charge des réfugiés et des sans-abri ? Peut-être le nationaliser ? Ou même le privatiser ?

L’État ne peut pas assumer seul toutes ces missions. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il collabore avec des organisations telles que Caritas et la Croix-Rouge. Le gouvernement CSV-DP a toutefois besoin d’une stratégie de lutte contre la pauvreté. Il ne suffit pas de dire que c’est une priorité, il faut aussi que des actions concrètes s’ensuivent. Nous attendons toujours le plan d’action correspondant.

Au début de l’année, l’interdiction de la mendicité décrétée par la ville de Luxembourg a suscité beaucoup de polémique. Une solution semble désormais avoir été trouvée : la ministre de la Justice, Elisabeth Margue, souhaite supprimer définitivement la « mendicité simple » du code pénal et introduire à la place la notion de « mendicité agressive ». Le ministre de l’Intérieur, Léon Gloden, souhaite recourir à l’expulsion renforcée pour prendre des mesures administratives à l’encontre des mendiants et des sans-abri. Est-ce, selon vous, la bonne solution ?

Cette solution reste purement répressive. Il ne suffit pas de cibler les mendiants et de les criminaliser. Car au final, même si on les voit moins souvent dans la ville haute, ils n’ont pas disparu : ils se trouvent simplement dans d’autres quartiers. Le gouvernement précédent avait prévu des projets tels que « Housing First », qui ont déjà fait leurs preuves à l’étranger. Il faut désormais les mettre en œuvre, parallèlement à une stratégie globale d’accompagnement social – y compris pour d’autres communes.

Le ministre de la Famille du DP, Max Hahn, compte présenter prochainement son plan d’action pour lutter contre la pauvreté.

Mais jusqu’à présent, nous ne savons même pas quelle approche il compte adopter. Dans le cadre des débats sur le budget et du discours sur l’état de la nation, nous avions déposé des motions visant à modifier la loi Revis et à exonérer fiscalement le salaire minimum. C’est ce qui va se passer maintenant, mais lorsque nous l’avions demandé à l’époque, les partis majoritaires s’y étaient opposés. Ces querelles ne font que nous faire perdre du temps, alors qu’il est important d’aider rapidement la population.

Le LSAP doit bien sûr accepter le reproche selon lequel il n’a pas mis en œuvre lui-même ces mesures lorsqu’il était encore au gouvernement.

Si le gouvernement avait été composé exclusivement du LSAP, nous les aurions mises en œuvre depuis longtemps. D’une part, le gouvernement précédent a pris de nombreuses initiatives dans le domaine social et, d’autre part, il faut sans cesse adapter les réponses politiques à l’évolution de la société. Avec le DP, cela n’a pas toujours été facile et, dans le cadre d’une coalition, il faut justement faire certains compromis. Si nous étions encore au gouvernement, nous mettrions davantage l’accent sur la lutte contre la pauvreté. Contrairement au Premier ministre, nous ne nous contenterions pas de veiller à ce que les inégalités sociales ne continuent pas à s’aggraver, mais nous nous engagerions à les réduire.

Bien que ce sujet n’ait pas été abordé pendant la campagne électorale, le gouvernement a décidé de lancer un débat de société sur la réforme des retraites, qui devrait débuter dans deux semaines. Le moment est-il bien choisi ?

Les retraites constituent un sujet politiquement très sensible. On sent que les partis commencent à s’inquiéter. Le gouvernement, qui parlait au départ d’une réforme des retraites, a depuis fait marche arrière et souhaite dans un premier temps mener un débat sur les retraites. Le gouvernement précédent avait encore décidé que le taux de cotisation de 24 % devait être maintenu jusqu’en 2032 ; parallèlement, le Conseil économique et social (CES) avait été chargé de rédiger un rapport d’expertise sur les calculs de l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS). Entre-temps, deux rapports du WSR ont été rendus, car les partenaires sociaux n’ont pas réussi à s’entendre. Je ne sais toutefois pas encore clairement quel sera l’objet de la discussion : s’agit-il de l’ensemble des régimes de retraite ou seulement d’aspects spécifiques ? Que souhaite mettre en œuvre le gouvernement et où souhaite-t-il mener cette discussion ? Qui doit participer à la table ronde sur les retraites, qui sera invité par la ministre des Affaires sociales ? Comme tout cela reste encore très vague, il nous est difficile de prendre position à ce stade.

Le secrétaire général du LSAP, Sacha Pulli, a déjà pris position. À l’instar de « déi Lénk », il a récemment proposé, dans une tribune publiée dans le Tageblatt, entre autres, de supprimer le plafond des cotisations dans le secteur privé – comme c’est le cas pour les retraites de l’État –, sans pour autant augmenter les droits à la retraite. Cette proposition est-elle judicieuse ?

Nous disposons certes du rapport technique de l’IGSS, mais il nous manque encore une analyse de l’ensemble des régimes – une vue d’ensemble des retraites dans les secteurs privé et public. Nous allons bientôt rencontrer le service scientifique de la Chambre des députés, car nous souhaitons savoir s’il dispose des ressources nécessaires pour analyser de manière approfondie les différents régimes de retraite. Nous voulons pouvoir nous appuyer sur une base de données large et solide lors du débat.

Selon Martine Deprez, ministre des Affaires sociales du CSV, le débat devrait porter principalement sur les retraites dans le secteur privé. Le LSAP souhaite-t-il également aborder la question des retraites dans le secteur public ?

Au niveau des communes, il faut discuter des contributions au fonds de dotation et de la clé de répartition. Dans le secteur communal, on observe une tendance à embaucher moins de fonctionnaires et davantage d’employés, ce qui entraîne une augmentation du déficit de la Caisse de prévoyance des fonctionnaires et employés communaux (CPFEC). Mais cette question doit être discutée avec les communes.

La CPFEC est en déficit depuis 2016. En tant que ministre de l’Intérieur, ce n’est qu’en 2023, année électorale, que vous avez augmenté le taux de cotisation des communes et celui du Fonds de dotation des communes. Pourquoi n’avez-vous pas pris de mesures plus tôt pour remédier à cette situation ?

Lorsque j’ai été confrontée à cette question en tant que ministre de l’Intérieur, j’ai abordé le sujet avec mes fonctionnaires à l’époque. Le problème, c’est que la CPFEC est encore structurée comme une ancienne caisse de mutualité : les communes, en tant qu’employeurs, ne sont pas du tout représentées au sein du conseil d’administration. Si j’avais eu plus de temps à ma disposition en tant que ministre de l’Intérieur, j’aurais changé cela.

Depuis novembre, vous n’êtes plus ministre de l’Intérieur, mais présidente du groupe parlementaire du parti d’opposition LSAP. Comment se passe la collaboration avec les autres partis d’opposition ? Existe-t-il une sorte d’alliance rouge-(rouge)-verte, comme l’a réclamé Alex Bodry après les élections ?

Nous sommes en contact étroit avec les autres partis d’opposition, à l’exception de l’ADR, qui défend des valeurs totalement différentes et a une orientation politique distincte. Nous nous concertons régulièrement avec les Verts et la Gauche lorsque nous déposons des motions et faisons inscrire des points à l’ordre du jour. Nous avons également déjà organisé des conférences de presse communes, par exemple sur l’interdiction de la mendicité, ce qui n’avait jamais été le cas sous cette forme auparavant. Nous nous soutenons mutuellement. Mais bien sûr, il serait également souhaitable que les partis de la majorité nous apportent leur soutien de temps à autre, afin que nous ne restions pas toujours prisonniers de ce jeu classique opposant la majorité à l’opposition, que je trouve personnellement extrêmement épuisant et regrettable. Les citoyennes et citoyens se moquent bien de savoir si une loi est adoptée à 60 ou à 35 voix, tant qu’elle leur apporte une amélioration. C’est pourquoi, dans l’affaire Caritas, nous avons également présenté une proposition de loi constructive visant à améliorer les mécanismes de contrôle des fondations et associations qui gèrent des montants importants.

Le fait que la majorité et l’opposition soient souvent en désaccord ne fait-il pas partie du jeu parlementaire ? Ce n’était pas différent lors de la législature précédente, ce que le CSV avait d’ailleurs souvent critiqué à l’époque.

Oui, mais dans l’ensemble, je trouve cela dommage, car souvent, ce n’est pas le fond du sujet qui prime. En période de crise notamment, il est important que les forces de l’ordre restent soudées, s’engagent ensemble en faveur des citoyennes et citoyens et ne se laissent pas entraîner dans des querelles partisanes.

Le LSAP, les Verts et la Gauche organisent-ils également des réunions intergroupes, comme le font les partis majoritaires ?

Ces échanges ont lieu de manière plutôt spontanée, sporadique et informelle. Après tout, nous nous croisons régulièrement au Parlement.

Comment se passe la collaboration avec les Pirates ?

Pour l’instant, ce n’est pas si simple : depuis quelques semaines, les Pirates sont surtout occupés à régler leurs comptes internes. Ils ont toutefois souvent soutenu nos motions et nos amendements.

Avec l’arrivée de Ben Polidori, ancien membre du Parti pirate, le LSAP compte depuis cette semaine un député supplémentaire et retrouve ainsi presque toute la force qu’il avait en 2013. Qu’est-ce que cela signifie pour le parti ?

Je vois dans le fait qu’il ait rejoint l’opposition plutôt que la majorité un signe fort. Lors des réunions de commission, on avait déjà remarqué auparavant qu’il partageait nos valeurs et qu’il était proche de nous.

En tant que présidente du groupe parlementaire du plus grand parti d’opposition, le rôle de chef de file de l’opposition vous revient. Cela vous plaît-il ? Vous sentez-vous à l’aise dans ce rôle ?

Oui, c’est quelque chose de nouveau, qu’il faut vouloir et ressentir. L’ensemble du groupe parlementaire, et moi-même, avons d’abord dû passer par un processus d’adaptation ; on ne sait pas automatiquement comment cela fonctionne simplement parce qu’on se retrouve soudainement de l’autre côté au Parlement. Mais nous formons une équipe très diversifiée, composée de nombreuses femmes et de jeunes députés, qui apportent tous leurs propres idées, compétences et profils. Je suis donc convaincue qu’à l’avenir, nous présenterons encore davantage de propositions de loi et d’autres initiatives.

Le travail d’opposition mené par la porte-parole des Verts, Sam Tanson, a été très bien accueilli ces derniers mois. Ne craignez-vous pas parfois qu’elle vous vole la vedette ?

Je ne ressens aucune rivalité de sa part ; nous avons bien collaboré au sein du gouvernement et c’est tout aussi vrai aujourd’hui dans l’opposition. Je constate toutefois que, de l’extérieur, on tente d’opposer Bofferding et Tanson l’un à l’autre. Je n’entends pourtant jamais personne comparer (Marc) Spautz et (Gilles) Baum, ou (Fred) Keup et (Sven) Clement. C’est peut-être parce que nous sommes des femmes. Je trouve cela tout à fait absurde.

En 1999, lorsque le LSAP s’est retrouvé pour la dernière fois dans l’opposition, une lutte purement masculine a opposé, après les élections, Jean Asselborn et Alex Bodry pour la présidence du parti. Asselborn l’a emporté et est devenu tête de liste en 2004. Assiste-t-on aujourd’hui à une situation similaire entre vous et Paulette Lenert ?

Non, pas du tout. La question de la tête de liste est encore loin d’être d’actualité. Paulette Lenert avait en effet renoncé à la présidence du groupe parlementaire après les élections. Lorsqu’elle m’a demandé si je souhaitais reprendre ce poste, j’ai accepté. J’avais le soutien du groupe parlementaire, il n’y a pas eu de vote serré. Paulette Lenert est vice-présidente du groupe parlementaire ; nous nous complétons bien, nous échangeons nos points de vue, nous apprenons l’une de l’autre. Pourquoi devrions-nous nous faire concurrence ?

Car la question de la candidature nationale de tête se posera inévitablement d’ici deux ou trois ans. Paulette Lenert s’était proposée en tant que présidente du parti lorsque Francine Closener avait hésité au début de l’année.

Qui sait ce qu’il se passera dans trois ou quatre ans ? En politique, les choses se passent parfois tout autrement qu’on ne le pense. Je n’aurais jamais pensé non plus que je deviendrais un jour ministre, et me voilà aujourd’hui dans l’opposition. C’est comme ça.

Cette semaine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté sa proposition pour la nouvelle Commission. Christophe Hansen devrait prendre la tête du portefeuille de l’agriculture et de l’alimentation. Qu’en pensez-vous ?

C’est passionnant et intéressant. Comme on le sait, une de ses proches occupe le poste de ministre de l’Agriculture au sein du gouvernement luxembourgeois. Martine Hansen a toujours vivement critiqué la politique agricole de la Commission européenne, estimant qu’elle complique la vie des agriculteurs. Peut-être que cette configuration contribuera à faire évoluer les choses au niveau européen. En tout cas, les fêtes de famille chez les Hansen s’annoncent passionnantes. Du point de vue du LSAP, nous regrettons bien sûr que Nicolas Schmit n’ait pas été maintenu à son poste. Je trouve dommage que la raison de parti ait primé sur tout le reste.

Vous avez déménagé il y a six mois d’Esch-sur-Alzette à Dudelange, où le LSAP gouverne de manière quasi ininterrompue depuis plus de 100 ans, mais où aucune femme n’a jamais occupé le poste de maire. Ce déménagement était-il un choix politique ?

Non, je ne me suis pas installée là-bas pour devenir maire, c’était une décision purement personnelle. Je suis consciente que déménager d’Esch à Dudelange est un péché capital, mais j’étais déjà avant cela davantage fan du T71 que du Basket Esch, donc le changement n’a pas été si radical. Dudelange est une très belle ville qui offre une riche vie culturelle ; je peux faire beaucoup de choses à pied ou à vélo, et j’habite près de la nature. Seule l’autoroute en direction de la capitale est tout aussi encombrée que celle d’Esch ; je n’ai malheureusement pas pu y échapper.