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Institutions et démocratie 3 min de lecture

D’une propreté impeccable

Le groupe anti-corruption du Conseil de l'Europe, le GRECO, était de nouveau en visite ces derniers jours. Il s'agissait du sixième cycle, et l'ordre du jour très chargé comprenait notamment des entretiens au ministère…

Article paru dans Édition septembre 2025
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Le groupe anti-corruption du Conseil de l’Europe, le GRECO, était de nouveau en visite ces derniers jours. Il s’agissait du sixième cycle, et l’ordre du jour très chargé comprenait notamment des entretiens au ministère de l’Intérieur, des entretiens d’une heure avec des fonctionnaires communaux, la maire de la capitale, le maire de Dudelange ainsi que des conseillers municipaux de l’opposition. Une procureure autrichienne, un avocat belge, un juge français et une haute fonctionnaire de l’Inspection générale de Monaco étaient venus pour cinq jours.

L’objectif de cette initiative est de lutter contre la corruption au niveau communal. Les ministres, les députés et les hauts fonctionnaires sont tous soumis à un code de déontologie. Or, un tel code n’existe pas encore au niveau des communes. Dans cette optique, l’ancienne ministre de l’Intérieur Taina Bofferding (LSAP) avait déposé il y a trois ans un projet de loi qui prévoit notamment que les élus communaux et leurs conjoints devront à l’avenir fournir une déclaration concernant leurs biens immobiliers situés sur le territoire de la commune. L’avis du Conseil d’État, rendu en novembre dernier, contenait une demi-douzaine d’objections. Le ministère de l’Intérieur de Léon Gloden entend présenter les modifications avant la fin de l’année ; il y a tout intérêt à ce qu’il le fasse, car le GRECO a fixé une date butoir : les recommandations doivent être mises en œuvre d’ici le 31 décembre 2027. Auparavant, le GRECO avait envoyé un questionnaire détaillé sur l’état actuel de la lutte contre la corruption dans le pays.

Il est intéressant de noter que la Greco ait choisi la capitale et Dudelange pour sa visite. Après tout, le provincialisme typique et la multitude de conflits d’intérêts sont des problèmes encore plus marqués en milieu rural. Carole Thoma, porte-parole de déi Lénk et conseillère communale à Dudelange, répondra aux questions de la GRECO. « En matière de politique du personnel, il reste encore beaucoup à faire en termes de transparence », déclare-t-elle dans un entretien accordé au journal « Land ». L’opposition ne participe pas à ces discussions et ses capacités de contrôle sont donc limitées – y compris en ce qui concerne les appels d’offres publics gérés par le Conseil des échevins. François Benoy, conseiller communal vert, a été désigné pour représenter la capitale. « Il y a un manque d’information », déplore-t-il. La sensibilisation aux conflits d’intérêts pourrait être améliorée.

D’un point de vue historique, les rapports du GRECO n’ont pas toujours été favorables au Grand-Duché. En 2018, les recommandations n’avaient même pas été « mises en œuvre, ne serait-ce qu’en partie ». Le GRECO avait constaté que le Luxembourg n’en faisait pas assez pour endiguer le favoritisme et les « échanges de faveurs ». À l’époque, il s’agissait notamment du contrôle du financement des partis politiques. Le gouvernement noir-bleu ne souhaite pas nuire à son image. Selon l’opposition, une certaine nervosité aurait été perceptible à l’approche de la visite.