Lundi, la commission parlementaire des institutions a débattu de la participation citoyenne sous la forme d’une assemblée citoyenne nationale. Cette idée remonte à une motion déposée en mars 2025 par la députée verte Sam Tanson. Le député du CSV, Alex Donnersbach, a souhaité rejeter cette proposition dès le début de la séance : selon lui, la Chambre des députés constitue déjà une sorte de conseil citoyen représentatif. « Il existe déjà des initiatives locales », a ajouté M. Donnersbach pour étayer son argument contre la création d’un organe au niveau national. Le Luxembourg compte un parlement des jeunes, de nombreux groupes d’intérêt, des ONG et d’autres formations extraparlementaires, a fait remarquer le député du DP André Bauler. On tient compte de ces groupes et on prend connaissance de leurs propositions, « cela fait aussi partie de notre culture politique ». C’est pourquoi le groupe parlementaire du DP partage l’avis du CSV.
Les partis d’opposition LSAP, les Verts et déi Lénk se sont dits surpris. Joëlle Welfring (Verts) a fait référence à l’« Étude de faisabilité d’un dispositif délibératif permanent à l’échelle nationale » réalisée par Raphaël Kies, Racha El Herfi et Emilien Paulis ; qui montre qu’une assemblée citoyenne nationale pourrait renforcer la démocratie. Des sondages auraient également mis en évidence l’intérêt pour une telle assemblée.
Par ailleurs, M. Welfring a critiqué la majorité DP-CSV, affirmant qu’elle souhaitait « exclure les citoyens au niveau national, là où sont traités des dossiers importants tels que la garantie des retraites ». « Je suis allée voir à Eupen. Les gens là-bas étaient vraiment motivés », a déclaré Taina Bofferding, présidente du groupe parlementaire du LSAP, en s’exprimant en faveur de la motion. À Eupen, 24 citoyens et citoyennes seraient élus de manière aléatoire pour siéger de manière permanente au sein d’un organe fixe. Celui-ci organiserait des assemblées citoyennes au cours desquelles des recommandations à l’intention des responsables politiques seraient élaborées. Bofferding et Welfring voient dans un tel organe un instrument permettant de lutter contre la perte de confiance dans la démocratie.
Alex Donnersbach n’a pas partagé cette analyse et a estimé que si la confiance dans la démocratie était perdue, le Parlement devait réfléchir à « comment nous pouvons faire mieux ici ». Se contenter de créer une assemblée citoyenne n’est pas une solution. Marc Baum, de déi Lénk, a quant à lui fait remarquer que le DP avait « fait un virage à 180 degrés », car c’est lui qui, au sein de la coalition tripartite avec le LSAP et les Verts, avait mis en place la commission citoyenne sur le climat. Fred Keup, chef du groupe parlementaire de l’ADR, est opposé à une assemblée citoyenne ; il prône les référendums. « Tous les citoyens y participent, de manière anonyme et à bulletin secret. » Si une assemblée citoyenne devait voir le jour, elle ne devrait être composée que de Luxembourgeois·e·s.
C’est Laurent Zeimet, chef du groupe parlementaire du CSV et président de la commission, qui a conclu par un commentaire laconique. Lorsque Joëlle Welfring a déclaré que les arguments en faveur d’une assemblée citoyenne étaient étayés scientifiquement, Zeimet a rétorqué : « Ouais, ouais, la science dit beaucoup de choses. »