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Institutions et démocratie 3 min de lecture

Des soldats de l’État ? Eh bien…

L'armée aura besoin d'environ 400 soldats supplémentaires au cours des dix prochaines années, mais elle rencontre d'ores et déjà de grandes difficultés à les recruter. C'est pourquoi le syndicat de l'armée Spal propose…

Article paru dans Édition février 2026
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L’armée aura besoin d’environ 400 soldats supplémentaires au cours des dix prochaines années, mais elle rencontre d’ores et déjà de grandes difficultés à les recruter. C’est pourquoi le syndicat de l’armée Spal propose de transformer le service volontaire, dont le statut est celui de « soldat », en une carrière de fonctionnaire. Classés dans le grade C2 ; au lieu des quatre années de service actuelles, un contrat pouvant aller jusqu’à dix ans, suivi d’un emploi garanti au sein de l’État, dans le secteur communal ou dans le cadre d’une carrière prolongée au sein de l’armée. La Chambre professionnelle des fonctionnaires et agents de l’État, dominée par la CGFP, soutient cette proposition et demande qu’elle fasse l’objet d’un débat politique « approfondi » (d’Land, 13 février 2026).

Cependant, parmi les partis représentés au Parlement, seuls les Pirates soutiennent clairement cette proposition. Cette approche « nous semble cohérente et s’inscrit dans la durée », déclare le député Marc Goergen. En revanche, les solutions proposées par le gouvernement – prolongation du service à cinq ans, augmentation de la solde et recrutement de frontaliers – sont, selon lui, « temporaires ».

Le CSV, le LSAP et La Gauche n’ont pas répondu à la question posée par écrit la semaine dernière à tous les groupes parlementaires et à toutes les sensibilités. Selon Sam Tanson, les Verts comprennent « parfaitement le débat lancé par le SPAL et la nécessité d’une protection à long terme » pour les jeunes. Il faudrait « des réponses plus structurelles que la simple prolongation d’un an de la durée du service ».

Reconnaître la nécessité d’un débat est une chose, adhérer à une idée en est une autre. Le groupe parlementaire ADR estime lui aussi qu’il est « tout à fait légitime » que le Spal évoque « la structure et les perspectives ». On peut également comprendre la « logique qui consiste à ne pas perdre les jeunes dans la formation desquels l’État a investi au sein de l’armée, et à leur offrir des perspectives sérieuses vers d’autres carrières ». Néanmoins, l’ADR ne passerait pas « aveuglément » à un modèle « dans lequel les soldats se verraient automatiquement offrir une carrière quasi permanente au service de l’État ». Une armée a besoin de « disponibilité opérationnelle, de discipline et de flexibilité ». Le statut de fonctionnaire pourrait « entraîner une bureaucratisation ». Et si l’on prévoit en même temps de recruter des frontaliers, il faudrait « définir clairement comment régler les questions de loyauté, de langue et d’habilitations de sécurité ».

C’est le groupe parlementaire DP qui émet le plus de réserves quant au projet Spal. Celui-ci « soulève toute une série de questions importantes ». Être soldat, c’est « être en parfaite santé et en excellente condition physique, et être en permanence prêt au combat ».

En revanche, une généralisation du statut C2 « réduirait considérablement le renouvellement des troupes, ce qui entraînerait une baisse de la capacité opérationnelle ». De plus, la carrière de caporal est déjà classée au grade C2. Si l’on souhaitait en outre intégrer des soldats en tant que fonctionnaires de grade C2 dans la fonction publique à la fin de leur carrière, cela pourrait poser de sérieux problèmes : « De manière générale, l’État n’a pas besoin de beaucoup de personnes ayant suivi une carrière de grade C2 », explique le groupe parlementaire DP.