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Institutions et démocratie 3 min de lecture

Des drones dans le ciel

En Allemagne et au Royaume-Uni, des drones d'origine incertaine survoleraient des infrastructures critiques, surtout le soir et la nuit, a écrit le député du DP André Bauler le 8 août dans une question parlementaire…

Article paru dans Édition septembre 2025
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En Allemagne et au Royaume-Uni, des drones d’origine incertaine survoleraient des infrastructures critiques, surtout le soir et la nuit, a écrit le député du DP André Bauler le 8 août dans une question parlementaire, précisant que les autorités policières des deux pays n’excluaient pas que ces vols de drones aient un but d’espionnage. M. Bauler a souhaité savoir si des survols suspects avaient également été enregistrés récemment au Luxembourg et, dans l’affirmative, si les drones avaient pu être saisis et identifiés.

Pas moins de trois membres du gouvernement – le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Mobilité – ont, mardi, dans leur réponse commune à la question de Bauler, largement levé l’alerte : Aucun survol suspect d’une infrastructure critique n’aurait été signalé au Haut-Commissariat à la sécurité nationale (HCPN) depuis le début de l’année. La police a été interpellée à 39 reprises au sujet de drones ; mais il s’agissait le plus souvent de drones survolant des habitations privées, des jardins ou des champs ; dans ce dernier cas, à des fins d’observation du gibier. Toutefois, des drones auraient également été repérés dans des zones d’exclusion aérienne, mais il n’existe pas de statistiques à ce sujet. Le gouvernement est néanmoins conscient du risque que représentent les drones. Le HCPN et les services de renseignement sensibiliseraient les exploitants d’infrastructures critiques, et un échange régulier d’informations aurait lieu au sein de l’UE.

André Bauler n’a pas précisé qui était habilité à abattre un drone suspect ni dans quelles circonstances. Une demande adressée par le Land à la Direction de la défense révèle que l’armée en a le pouvoir, mais « uniquement dans un contexte militaire ». Yuriko Backes aurait contribué à la réponse à la question parlementaire d’André Bauler en sa qualité de ministre de la Mobilité et des Travaux publics ; en tant que ministre de la Défense, elle n’est pas compétente en matière de survols de drones. La Direction de la défense conseille au Land de s’adresser au HCPN, au ministère de l’Intérieur ou au ministère de la Mobilité et des Travaux publics.

Il semble logique de s’adresser au HCPN, puisque celui-ci mène des actions de sensibilisation aux drones en collaboration avec les services de renseignement. Cependant, le ministère d’État répond à l’e-mail adressé au HCPN en conseillant de s’adresser plutôt à la police ou au ministère de la Mobilité et de la Construction.

Au moment de la clôture de la rédaction de ce numéro, le ministère de la Mobilité et de la Construction n’avait pas encore réagi. Le service de presse de la police a laissé entendre qu’il fournirait des informations dans le courant de la semaine prochaine. C’est peut-être une chance que le Grand-Duché soit loin de la Pologne, où de nombreux drones suspects d’origine inconnue ont été repérés ces derniers jours. Mais ceux-ci étaient sans doute plus grands que, par exemple, les appareils utilisés pour observer les sangliers luxembourgeois.