Sasha Baillie impose sa marque sur la Maison du Grand-Duc. Lundi, devant les membres de la commission parlementaire des Institutions, la maréchale de la Cour a présenté son projet de réforme de l’institution née en 2020 après le rapport Waringo. Pas question de perdre de vue le « point de référence central » qu’est la séparation des activités publiques et privées (« dat leeft gutt »), mais de gagner en « efficacité et en fluidité ». Il faudra pour cela modifier l’arrêté grand-ducal instituant la Maison du Grand-Duc, cadre régissant le fonctionnement de la Cour et de ses 120 employés, ceci pour servir au mieux le chef de l’État dans l’accomplissement de ses devoirs. (Le projet de modification a été discuté dans un esprit de « transparence » puisque le vote des députés n’est pas exigé.)
Des doublons seront supprimés, des fonctions rassemblées et (au moins) un poste ne figurera plus à l’organigramme. Pas n’importe lequel : celui de directeur du bureau de la maréchale. Les fonctions aujourd’hui occupées par Yves Arend disparaîtront après le départ de ce dernier, le 15 juillet. Yves Arend prendra la direction du protocole du ministère des Affaires étrangères, d’où il est originaire, a informé la maréchale, elle-même issue de la diplomatie. Le futur arrêté ne reprendra pas les tâches des membres du comité de direction, comme c’est le cas actuellement à l’article 13, ont (rapidement) justifié Sasha Baillie et Michel Scholer, qui représente le ministère d’État au comité de coordination. « Flexibilité » est le maître-mot.
Oui, mais ledit article de l’arrêté grand-ducal érige le directeur du bureau de la maréchale en adjoint de la maréchale. « En cas d’absence du maréchal, il agit comme remplaçant et préside le Comité de direction », est-il écrit. Yves Arend avait d’ailleurs remplacé Yuriko Backes quand celle-ci avait rejoint le ministère des Finances. Que se passera-t-il en cas de vacance du maréchalat ? « On verra. Le processus de développement organisationnel se fait en étapes », répond Sasha Baillie au Land. Face aux députés, elle a parlé d’un processus qui « va peut-être durer quelques années ». Il aurait pris sept ans à Luxinnovation, l’agence que l’intéressée dirigeait auparavant. Mais il n’y aura qu’un seul sheriff pour conduire le chantier. Sasha Baillie a d’ailleurs jugé avoir « trop » à faire avec la coordination de la réorganisation et a commencé, devant les députés, à plaider pour un besoin en consultance externe : « Cela doit être budgétisé. » Sasha Baillie représente régulièrement la Cour sans le Grand-Duc Guillaume, le chef de l’État n’ayant pas encore d’héritier en âge de le seconder quand l’occasion ne requiert pas une présence du plus haut rang.