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Blog du 25 juillet 2025

Où est l'argent ? Un an après le dépôt de la plainte par la direction de Caritas, le parquet fait le point sur ce « dossier volumineux et complexe » et les « enquêtes fastidieuses » auxquelles il a donné lieu. Sachez…

Article paru dans Édition juillet 2025
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Où est l’argent ?

Un an après le dépôt de la plainte par la direction de Caritas, le parquet fait le point sur ce « dossier volumineux et complexe » et les « enquêtes fastidieuses » auxquelles il a donné lieu. Sachez que les enquêteurs de la police judiciaire – regroupés au sein de services aux acronymes dynamiques tels que Fast (« Fugitive Active Search Team ») ou Fame (« Formation, Appui et Méthodologie Éco-financière ») – n’ont pas chômé. Or, concrètement, le bilan reste maigre. Les cerveaux du réseau criminel qui a organisé le braquage de Caritas n’ont pas encore été appréhendés. La directrice financière de Caritas est, quant à elle, mise en examen « pour faux et usage de faux, escroquerie, abus de confiance, blanchiment d’argent, vol domestique et fraude informatique ». Elle a été placée sous contrôle judiciaire mais n’a pas été placée en détention provisoire. Les seuls à avoir été incarcérés sont les « money mules » bulgares, pourtant décrits par le parquet comme des « hommes de paille issus de milieux défavorisés et faiblement rémunérés ». Leur rôle s’est limité à l’ouverture de comptes bancaires en Espagne par lesquels ont transité les fonds de Caritas. Deux d’entre eux viennent d’être condamnés par jugement d’accord à 18 mois, dont quinze avec sursis. Cet arrêt suggère que les enquêteurs croient toujours à une « fraude au président », hypothèse qui serait étayée « de manière assez forte » par la perquisition et les interrogatoires de la directrice financière, écrivent les juges. Le communiqué du parquet, quant à lui, n’évoque plus cette piste sur laquelle il avait pourtant insisté en août et en octobre derniers. (Depuis, la formulation a sensiblement changé : « La directrice financière de la Fondation, qui semble être à l’origine des transferts frauduleux ».) Quant aux 61 208 830 euros, ils se sont évaporés dans les méandres de l’offshore : « En réalité, il faut se rendre à l’évidence que la grande majorité des avoirs s’est volatilisée », constate le parquet, évoquant « une cascade de virements bancaires à travers le monde portant sur des sommes de plus en plus insignifiantes, respectivement investies dans des cryptomonnaies ». Le parquet reste discret sur les pistes que suit désormais l’instruction. bt

Terrains destinés à l’industrie

Cette semaine, le gouvernement a débloqué des fonds publics pour soutenir la politique industrielle. Une offre a été soumise au liquidateur judiciaire de l’usine de galvanisation de Liberty Steel en vue de la reprise du site de Dudelange. Si la transaction aboutit – il y aurait deux autres offres
– les 16 hectares situés dans la zone industrielle de Wolser B reviendraient à l’État. Des « nouvelles activités industrielles » seraient développées, a indiqué mardi le ministère de l’Économie, ainsi que des « emplois à forte valeur ajoutée » après près de trois ans d’inoccupation. Mercredi, sur RTL-Télé, le ministre de l’Économie Lex Delles (DP) n’a pas pu préciser de quelles activités il s’agirait. Il a toutefois annoncé qu’en cas d’acquisition, certaines parties du terrain seraient « réservées à des projets liés à la défense ». Hier, jeudi, M. Delles et le ministre des Finances du CSV, Gilles Roth, ont signé un accord de principe avec la Poudrerie de Luxembourg et le groupe CDCL pour la création d’un « Space Campus » à Kockelscheuer, à proximité de l’ancienne poudrière. « Toutes les entreprises actives dans le secteur spatial » devraient y trouver leur place, a déclaré le Premier ministre Luc Frieden lors de la conférence de presse qui a suivi le Conseil de gouvernement. Outre la Luxembourg Space Agency, qui y installera son siège, sept autres entreprises auraient déjà manifesté leur intérêt. Le gouvernement espère que ce nombre pourrait « à terme » passer à 30 ou 35. PF

vidage de sens

Après que les députés du LSAP Yves Cruchten et Franz Fayot ont expliqué dans une vidéo le travail d’opposition mené par leur groupe parlementaire au Parlement concernant le génocide à Gaza et les crimes de guerre commis par Israël, ils ont été accusés d’antisémitisme par l’association « Recherche et information sur l’antisémitisme au Luxembourg » (RIAL) de l’antisémitisme. Deux semaines plus tard, Cruchten et Fayot ont pris la parole hier, jeudi, dans une lettre ouverte publiée dans le Tageblatt, après avoir refusé de s’exprimer sur ces critiques dans un article paru lundi dans le journal Wort. L’accusation était trop grave pour ne pas y réagir, écrivent les responsables politiques, qui reviennent sur l’histoire de leur parti, toujours engagé contre la discrimination. Bernard Gottlieb, président du RIAL, se ferait involontairement l’allié du gouvernement d’extrême droite israélien en instrumentalisant ce terme et attiserait ainsi lui-même la haine des Juifs. L’érosion sémantique du terme « antisémitisme » se poursuit donc. sp

« La militarisation de l’enfant »

En 1960, le Wort s’indignait de la « militarisation de l’enfant » dans la « zone Est ». Dans le même temps, le quotidien catholique s’extasiait devant les défilés militaires et les démonstrations aériennes de l’armée américaine lors des Remembrance Days à Ettelbruck. Le 8 juillet dernier, lors de la journée portes ouvertes de l’armée luxembourgeoise, les enfants maniaient des fusils d’assaut, appuyaient sur les gâchettes de mitrailleuses et jouaient avec des lance-missiles. Contactée par le Land, la direction de la Défense luxembourgeoise revendique « une approche pédagogique » sous la supervision de « personnel qualifié ». Il n’y aurait pas eu d’« interdiction générale pour les mineurs de manipuler des armes ». Il incomberait aux parents de juger « si leurs enfants ont l’âge requis pour entrer en contact plus étroit avec le matériel exposé ». En réalité, les Luxembourgeois suivent les mêmes règles que leurs voisins belges. Face au Land, la Défense belge affirme « miser sur la proximité avec le public », en laissant les mineurs manipuler des armes « sécurisées et fixées par un système antivol ». De l’autre côté de la Moselle, la Bundeswehr a édicté des règles plus strictes : « En principe, les enfants et les adolescents jusqu’à l’âge de 18 ans peuvent uniquement observer les armes, les systèmes d’armes et les simulateurs, mais ne doivent pas les toucher », explique une porte-parole de l’armée allemande au Land. Et d’assurer : « La Bundeswehr veille au respect strict de ces consignes ». (En réalité, les journées portes ouvertes en Allemagne ont donné lieu, en 2011 et 2016, aux mêmes scènes qu’au Härebierg.) Au sein de l’UE, c’est la Pologne qui va le plus loin. Depuis 2023, la matière « Éducation à la sécurité » est obligatoire dans les écoles : les élèves de quatorze ans doivent acquérir des compétences de tir avec des armes à air comprimé ou sur des stands de tir laser. bt