Tout est politique
Le CNS et l’Association des médecins et dentistes (AMMD) vont entamer une procédure de conciliation concernant les nouvelles conventions applicables aux médecins et aux dentistes. Ils s’étaient certes mis d’accord en mars sur de nouveaux textes comportant quelques modifications mineures. Mais l’AMMD ne les signera pas, a déclaré son président, Chris Roller, au journal « Le Land ». En effet, les revendications de l’association des médecins sont de nature politique. Cela était déjà clair en octobre, lorsque l’AMMD a dénoncé les conventions ; la conciliation s’annonce donc comme une formalité. Des groupes de travail se réunissent actuellement avec la ministre Martine Deprez (CSV). Elle a déclaré hier à RTL qu’elle était « confiante quant à la mise au point d’un ensemble de mesures d’ici fin mai ». M. Roller se montre moins optimiste : jusqu’à présent, il n’y aurait « pas grand-chose de concret, mais surtout des pistes ». En d’autres termes : le CSV, qui était prêt pendant la campagne électorale à faire « tout » « pour revenir au gouvernement » (selon Claude Wiseler), déçoit amèrement le milieu médical libéral. « Liberté pour l’initiative privée » semblait pourtant si prometteur. pf
nouvelle nomination
Au Conseil d’État, ce n’est pas seulement le poste de l’avocat Yves Wagener (mandat des Verts) qui est à pourvoir depuis mars, mais désormais aussi celui du juriste Georges Kohn (sans mandat politique). M. Kohn a démissionné la semaine dernière. Alors que, conformément au règlement, le successeur de M. Wagener sera désigné par le Parlement – et que Paulette Lenert (LSAP) manifeste un vif intérêt pour ce poste –, c’est le Conseil d’État lui-même qui décidera de la succession de M. Kohn. Son président, Marc Thewes, a déclaré au journal « Le Land » qu’avant de pouvoir définir le profil recherché, il fallait savoir clairement qui remplacerait M. Wagener. La Chambre n’a pas encore publié d’avis de vacance pour ce poste ; la décision formelle sera prise en séance plénière mardi prochain. Ensuite, conformément au règlement de la Chambre, le délai de dépôt des candidatures est de trois semaines à trois mois. Georges Kohn était devenu membre du Conseil d’État à l’automne 2024, après que le conseiller d’État du LSAP Christophe Schiltz eut été nommé ambassadeur à Rome. À l’époque, le candidat préféré du LSAP, Max Leners, n’avait pas obtenu suffisamment de voix lors de la séance plénière du Conseil d’État. pf
Non autorisé
Le Conseil de la presse estime que certaines définitions figurant dans le projet de loi sur la nouvelle autorité de régulation des médias, destinée à remplacer l’Alia, ne sont pas suffisamment claires. Ce qui pourrait être considéré comme des « contenus illicites » au motif de la sécurité nationale ou de la dignité humaine laisse trop de marge d’interprétation et pourrait être utilisé pour refuser de communiquer des informations, ont déclaré mardi des représentants du Conseil de la presse devant la commission des médias de la Chambre des députés. On peut bien sûr imaginer qu’un gouvernement aux tendances autoritaires exploite ces lacunes d’interprétation pour restreindre la liberté de la presse, mais le Conseil de la presse n’est pas allé aussi loin. Il souhaite également que l’on fasse clairement la distinction entre les journalistes et les influenceurs. La nouvelle autorité de régulation des médias devrait être compétente pour tous les médias, alors qu’Alia ne l’est que pour la télévision, la radio et les réseaux sociaux. pf
Carton rouge
Le projet de musée du sport a déjà coûté son poste ministériel à Georges Mischo (CSV), mais l’affaire est loin d’être close. Les membres de la commission de l’exécution budgétaire ont échangé lundi dernier au sujet des réponses aux 39 questions qu’ils avaient adressées au gouvernement. L’opposition est loin d’être convaincue. Sam Tanson (Déi Gréng) parle de réponses « minimalistes » qui, plutôt que de faire la lumière sur un dossier nébuleux, soulèvent d’autres questions. Claude Haagen (LSAP) se demande même de quoi il s’agit, puisque les ministres parlent tantôt d’un musée du sport, tantôt d’un centre des congrès. L’avis juridique concernant la procédure fait toujours défaut, trois mois après avoir été demandé. Celui de l’Inspection générale des finances, qui semble intéressant, est quant à lui confidentiel. Les députés souhaiteraient qu’il soit rendu public. Liz Braz (LSAP), à l’origine des critiques sur ce projet, s’interroge sur son financement. Elle se demande toujours si le promoteur du quartier Rout Lëns, IKO Real Estate, a été le seul à fixer le prix du terrain et de la Halle des soufflantes (28 millions HTVA), où le musée devait voir le jour. De manière générale, la forme de l’exercice, sous forme de questions-réponses, a irrité les députés. Le président de la commission, Franz Fayot (LSAP), a confirmé que les ministres concernés (Martine Hansen, Gilles Roth et Yuriko Backes) devront répondre en personne lors d’une prochaine séance. Si le manque de transparence persiste, la commission n’exclut pas la constitution d’une commission d’enquête. en
Frontaliers au chômage
Mercredi soir, les négociateurs du Conseil et du Parlement européen se sont mis d’accord sur de nouvelles règles visant à coordonner les systèmes de sécurité sociale, après dix ans de négociations. Actuellement, le Luxembourg verse aux travailleurs frontaliers des allocations chômage pendant trois mois au maximum. Désormais, il devra les verser pendant six mois aux chômeurs ayant travaillé au moins 22 semaines dans le pays. Le Luxembourg bénéficiera toutefois d’une période transitoire de sept ans, sous réserve que le Parlement européen et les États membres approuvent l’accord. Sous la présidence chypriote du Conseil, le texte devrait être présenté pour la première fois ce vendredi. Ce délai de sept ans a été négocié en 2018 par Nicolas Schmit (LSAP) en sa qualité de ministre du Travail. Selon le ministère du Travail, les allocations chômage versées aux frontaliers coûteront à l’État un peu plus de 59 millions d’euros en 2024. En fonction de l’évolution du marché du travail, cette réforme pourrait entraîner un doublement des coûts. De plus, les services de conseil et de formation continue de l’Adem devraient également être davantage sollicités. SM
Précédent anti-SLAPP
Le promoteur immobilier Qubic réclamait 100 000 euros à la journaliste Véronique Poujol. Il l’accusait de l’avoir diffamé et injurié dans un article publié sur Reporter.lu en juillet 2024 au sujet d’une « condamnation pour manque de transparence ». Qubic devra verser 3 500 euros à la journaliste, dont une partie à titre d’indemnisation pour une « procédure abusive et vexatoire », ont décidé lundi les magistrates de la Cour d’appel. C’est une victoire sur toute la ligne pour la presse, la liberté d’expression et la lutte contre les procédures baillons, s’est notamment félicité le syndicat ALJP. Lors de l’audience du 20 mars, la représentante du ministère public avait notamment souligné que le gouvernement souhaite aller plus loin que la directive « anti-SLAPP » afin d’étendre la protection des journalistes aux procédures purement nationales (et non transfrontalières). « Qubic » a cherché à intimider la journaliste « pour l’empêcher de débattre en public d’un sujet d’intérêt général portant sur les modes de financement des projets immobiliers », ont conclu les juges avant de condamner le plaignant. pso