Mars Di Bartolomeo,
Un député du LSAP souhaite savoir, dans une question parlementaire adressée à Martine Deprez, ministre de la Santé du CSV, si elle compte présenter un nouveau projet de loi sur le Covid. Il en existe encore une. Elle est en vigueur jusqu’au 30 juin et régit notamment le traitement des données liées au Covid à des fins de recherche ainsi que l’évaluation des vaccins. Cette question revêt toutefois également un caractère politique, car Mme Deprez a rejeté l’avant-projet de loi sur les pandémies élaboré par sa prédécesseure, Paulette Lenert (LSAP). Elle souhaite plutôt que les pandémies soient intégrées dans une grande loi sur la santé publique. À ce jour, aucune information n’a encore filtré à ce sujet. pf
Andriy Melnyk,
ancien dirigeant de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), a reposé pendant 61 ans au cimetière de Bonnevoie. Ce mardi, les cendres du « colonel » (et figure de l’extrême droite ukrainienne) ont été exhumées avec celles de son épouse, Sofia Fedak-Melnyk. Elles ont été transportées au sud de Kiev, où elles seront réinhumées ce dimanche au nouveau cimetière national militaire commémoratif. C’est Volodymyr Zelensky qui a annoncé le rapatriement des époux Melnyk (qu’il qualifie d’« Ukrainiens emblématiques du XXe siècle »), dans le cadre de la création d’un « panthéon des héros nationaux ». Ce mardi à Bonnevoie, la cérémonie d’hommage a réuni, entre autres, un représentant du président Zelensky, l’ambassadeur ukrainien en Belgique, ainsi que l’actuel chef de l’OUN. Bien qu’informé, le gouvernement luxembourgeois n’y a pas envoyé de représentant. Si le conseiller communal de la Ville Claude Radoux (DP) était présent, c’était en sa qualité de consul de l’Ukraine : « J’ai été sollicité officiellement par l’ambassade », explique-t-il au Land. « Aucun représentant du ministère des Affaires étrangères n’a participé à la cérémonie », confirment les services de Bettel. On se serait contenté de « orienter » l’ambassade ukrainienne vers le ministère de la Santé et les services communaux « concernant les procédures d’autorisation liées à l’exhumation d’Andriy Melnyk ».
Du côté luxembourgeois, ce malaise est compréhensible. À la tête de l’OUN à partir de 1938, Melnyk a collaboré avec l’Allemagne nazie, voyant en Hitler un allié contre l’URSS (d’Land du 18 octobre 2025). Quant à l’OUN, certains de ses membres se sont rendus complices de la Shoah, notamment en intégrant l’« Ukrainische Hilfspolizei », qui a activement participé aux persécutions des Juifs. (Un passé que Vladimir Poutine instrumentalise aujourd’hui pour faire passer sa guerre d’agression sanglante pour une prétendue opération de « dénazification ».)
En février 1944, le dirigeant ukrainien est interné au camp de Sachsenhausen, accusé d’avoir tenté d’entrer en contact avec les Alliés. Mais comment s’est-il retrouvé au Luxembourg en 1945, où il a vécu jusqu’à sa mort en 1964 ? Dans un document de la CIA datant de 1962 (et récemment déclassifié), on apprend que le mari de la Grande-Duchesse Charlotte avait invité Melnyk « en remerciement de l’aide que Melnyk avait apportée au frère du prince Félix alors qu’ils se trouvaient tous deux dans le camp nazi de Sachsenhausen ». bt
Place nette à l’uni.lu
Le recteur, Jens Kreisel, a révoqué le mandat de chef du département des finances de l’université, confié depuis 2023 à Christos Koulovatianos. Cette décision a été communiquée par e-mail juste avant le week-end dernier au sein de la Faculté de droit et de finance par le bureau de sa doyenne, Katalin Ligeti, avec laquelle Christos Koulovatianos était en désaccord sur les procédures de promotion des professeurs (d’Land, 23/01/26). Ces dissensions avaient conduit Katalin Ligeti à démissionner, une mesure prenant effet au 31 mai. Le recteur a donc « fait table rase » avant l’arrivée de son successeur, André Prüm. Contacté par le Land, Christos Koulovatianos laisse la parole à son avocat. Stéphane Sunnen fait part de son intention de saisir les juridictions compétentes : « Christos Koulovatianos avait dénoncé des irrégularités au sein de l’université et bénéficie à ce titre du statut de lanceur d’alerte et de la protection associée contre toute forme de représailles. » Contactés, les services de la ministre Stéphanie Obertin (DP) confirment avoir été informés et se bornent à rappeler que de telles révocations relèvent de la compétence du recteur, et non du ministère. pso
Encore plus de talents
Le Premier ministre y a brièvement fait allusion dans son discours sur l’état de la nation : il s’agit d’attirer au Luxembourg des « universités de renom ». Cela contribuera à attirer des « talents ». C’est ce qui ressort d’un projet d’amendement à la loi sur l’immigration, rédigé par le ministre de l’Intérieur du CSV, Léon Gloden, et examiné par le Parlement depuis la semaine dernière : Les étudiants originaires de pays tiers qui s’inscrivent pour suivre une formation dans une université ou un établissement d’enseignement supérieur ne disposant au Luxembourg que d’une « antenne » devraient également pouvoir obtenir un titre de séjour. C’est le cas, par exemple, de la Sacred Heart University, depuis trois ans de l’École supérieure des sciences commerciales d’Angers ou, plus récemment, de l’université canadienne McGill. L’exposé des motifs du projet de loi mentionne que le ministère des Finances est en contact avec plusieurs universités étrangères. Le ministère de l’Enseignement supérieur précise que ces efforts ne se limitent pas au secteur financier. « Elles couvrent tous les domaines prioritaires pour le Luxembourg sur les plans économique et scientifique. » L’offre d’enseignement supérieur devrait être complétée par « certaines formations spécialisées », « afin d’attirer et/ou de former des talents de manière ciblée ». pf
Soigné à domicile
En 2024, on comptait 7 048 « aidants » qui s’occupaient de personnes dépendantes – en les aidant à accomplir les « actes essentiels de la vie quotidienne », tels que s’habiller, se laver ou s’alimenter, ou encore en apportant une aide ménagère. Cela s’effectue sur la base d’un plan de soins, et la caisse d’assurance dépendance verse alors des prestations en espèces aux aidants. La réforme de l’assurance dépendance de 2017 leur a accordé une plus grande reconnaissance, et l’IGSS s’est désormais penché de plus près sur leur situation. Près des trois quarts d’entre eux sont des femmes. Alors qu’environ 60 % des aidants féminins ont moins de 60 ans, 60 % des aidants masculins ont plus de 60 ans. Environ la moitié des hommes s’occupent de leur épouse ou de leur compagne dépendante. Chez les femmes, la situation varie davantage. Elles s’occupent, dans des proportions similaires, soit de leur partenaire, soit d’un parent, soit de leur enfant dépendant. La plupart des aidants consacrent plus de neuf heures par semaine à cette prise en charge. En contrepartie, ils bénéficient du forfait le plus élevé versé par la caisse d’assurance dépendance. pf