Lex Delles,
Le président sortant du DP, Marc Spautz, chef du groupe parlementaire du CSV, a recommandé lundi de respecter la ligne de la coalition. « Il est très délicat de remettre sans cesse en question un projet alors que le programme gouvernemental est très clair sur ce point », a-t-il déclaré au Quotidien à propos du conflit avec l’OGBL et le LCGB concernant le droit du travail. En tant que ministre, il comprend toutefois « que les syndicats se sentent acculés au vu de certaines déclarations qui ont été faites ». Le dialogue social doit être mené « d’égal à égal », et par le passé déjà, « nous avons démontré que nous étions capables de surmonter des crises ensemble ». Un peu de soin apporté à un profil socio-libéral que le DP est en train de perdre ne peut pas faire de mal. pf
Rush hour des Lebens
Lorsque le DP a fait réformer le congé parental en 2016 sous l’égide de sa ministre de la Famille, Corinne Cahen, il visait les jeunes familles de la classe moyenne, un électorat qui lui tient à cœur. Cela semble avoir porté ses fruits, comme le montre un bilan de la réforme réalisé par l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS). L’étude portait sur les enfants nés en 2017. Après l’entrée en vigueur de la réforme le 1er janvier 2017, ils ont constitué la première cohorte pour laquelle un congé parental pouvait être demandé jusqu’à l’âge de six ans (au plus tard jusqu’au 1er janvier 2024).
La réforme a assoupli la durée du congé parental, élargi le cercle des bénéficiaires potentiels et augmenté l’indemnisation, qui est passée d’un montant forfaitaire de 1 776 euros à cinq tiers du salaire minimum mensuel. Parmi les parents qui auraient pu bénéficier d’un congé parental, 83 % des mères et 53 % des pères l’ont pris. Les mères travaillant dans le secteur public (État, communes et CFL) ont été plus nombreuses à le faire (92 %) que, comme les appelle l’IGSS, les « salariées cols blancs » et les « cols bleus » du secteur privé (respectivement 83 % et 78 %) et les indépendantes (72 %). Chez les pères, l’ordre n’est pas tout à fait le même, mais similaire : 67 % dans le secteur public, 50 % chez les « cols blancs » et 55 % chez les « cols bleus » dans le secteur privé, ainsi que 48 %% chez les pères indépendants. Lorsqu’une mère « col bleu » travaillait et que le père l’était également, la fréquence des demandes de congé parental était particulièrement faible, à 80 %. Elle n’était encore plus faible que lorsque les deux parents exerçaient une activité indépendante (75 %). C’est lorsqu’ils travaillaient tous les deux dans le secteur public que ce taux était le plus élevé, à 96 %. Lorsque le père exerçait une activité indépendante et que la mère travaillait dans le secteur public, la fréquence à laquelle elle demandait le congé parental était la deuxième plus élevée, à 94 %.
Les causes sont probablement complexes et ne tiennent pas uniquement au fait que les personnes bien rémunérées du secteur public sont les plus à même de se permettre de percevoir l’indemnité de congé parental plutôt que leur salaire mensuel. Il va de soi que des questions d’organisation se posent également pour les parents. Peut-être que les stéréotypes liés aux rôles jouent également un rôle : les mères, même lorsqu’elles gagnaient 4,5 fois le salaire minimum ou plus, ont pris un congé parental à 71 %, contre 33 % pour les pères. L’IGSS elle-même n’interprète pas les résultats qu’elle a publiés en ligne dans l’Aperçu n° 27. La mesure dans laquelle les parents isolés ont eu recours au congé parental n’a pas été déterminée. Malheureusement, cela n’a pas été possible en raison de lacunes dans la base de données, a indiqué l’IGSS au Land à sa demande (photo : sb). pf