Xavier Bettel,
s’est fait remarquer lundi à Bruxelles pour ses critiques à l’égard du gouvernement israélien, formulées devant ses homologues européens, notamment l’Allemagne (qu’il ne cite pas), à la suite d’attaques répétées menées par des colons violents contre des familles palestiniennes en Cisjordanie. « Au sein (du Conseil des ministres, ndlr), on n’arrive à prendre aucune mesure parce que certains pays sont éternellement redevables à Israël… mais cela n’excuse rien », a fustigé le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères. « Au Liban, on était presque en train de provoquer un deuxième Gaza », a-t-il poursuivi en espérant que le fragile cessez-le-feu tienne. En luxembourgeois (« Op Lëtzebuergesch elo nach ? »), il a (à son tour) regretté
le deux poids deux mesures. « En Ukraine, on prétend que des choses se passent ici et là, mais quand cela se produit en Palestine ou au Liban, on ferme les yeux… ça ne va pas. » Le Conseil a finalement décidé de sanctionner quelques colons violents. La haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a critiqué de manière voilée le fait que la Commission ne se saisisse pas du mandat de proposer des sanctions commerciales contre les colonies de Cisjordanie. pso
Philippe Schaack,
L’agent du Service de renseignement (SRE) qui, en 2022, avait dénoncé auprès de services étrangers des manquements dans les procédures d’habilitations luxembourgeoises doit être mis à « la retraite d’office », a décidé la Cour administrative dans un arrêt publié cette semaine. Philippe Schaack, 50 ans, aurait « porté atteinte à la renommée du Luxembourg » et au « sérieux du SRE » (institution qui, hors de contrôle, avait provoqué la chute de Jean-Claude Juncker neuf ans plus tôt) en signalant les problèmes qui menaçaient d’exclure le Grand-Duché de l’échange international de renseignements. La vice-présidente de la Cour administrative, Lynn Spielmann, a néanmoins estimé que la révocation prononcée par le conseil de discipline et confirmée en première instance était « trop sévère », notamment en raison de l’absence d’antécédents disciplinaires de la part du fonctionnaire. Face au Land, ce dernier affirme ne pas envisager de contester la décision devant la Cour européenne des droits de l’homme. pso
Pas de panique chez Tubak
Le rapport présenté au Parlement par Gilles Roth, ministre des Finances du CSV, sur les finances publiques au premier trimestre 2026 fait état d’une baisse des recettes provenant des accises sur le tabac de 42,8 millions d’euros, soit 7,5 %. Cela ne signifie toutefois pas que le tourisme du tabac vers le Luxembourg touche à sa fin, comme l’a expliqué le ministère des Finances au pays. Au 1er janvier, les accises sur les cigarettes et le tabac en vrac avaient été relevées. C’est pourquoi les fabricants de tabac auraient acheté en décembre un nombre particulièrement élevé de timbres fiscaux luxembourgeois aux anciens prix et mis davantage de ces produits du tabac sur le marché, qui s’adapte désormais à la nouvelle situation fiscale. Selon l’administration des douanes, l’objectif de recettes inscrit au budget de l’État pour 2026 reste réalisable. Il s’élève à 610 millions d’euros pour les seules cigarettes, soit 94,5 millions de plus que dans le budget 2025 (photo : sb). pf
Huit au lieu de cinq
Le Conseil national des finances publiques (CNFP) lance un nouveau signal d’alerte. Il y a deux semaines, il indiquait que le solde nominal des finances publiques de l’exercice 2025 se serait détérioré de 1,05 milliard d’euros entre octobre 2025 et avril 2026, soit une détérioration sans précédent entre deux périodes de référence. Ce mercredi, il a constaté que les dépenses étaient trop élevées – du moins au regard de la situation économique. Les dépenses primaires nettes (DPN, un concept économique et budgétaire de l’UE) ont augmenté de 8,1 % en 2025, soit 2,3 points de pourcentage au-dessus du plafond de 5,8 % fixé par le Conseil des ministres des Finances de l’UE. Tant que les critères de Maastricht ne sont pas enfreints, cela ne pose pas de problème majeur. Le CNFP souligne toutefois qu’entre 1996 et 2003, les DPN ont augmenté de 6,6 %. En revanche, le Luxembourg ne souhaite pas dépasser 4,9 % entre 2025 et 2028. Une augmentation des dépenses de 8,1 % en 2025, c’est considérable. Comme l’a déjà déclaré la semaine dernière le ministre des Finances du CSV, Gilles Roth, au Land : avec un chiffre commençant par un cinq devant la virgule en matière de croissance des dépenses, une stabilisation du déficit budgétaire d’ici 2030 serait possible, mais pas avec un huit. Le CNFP n’exclut pas que les dépenses pour 2026 soient sous-estimées. Il est donc nécessaire de procéder à une « mise à jour complète des prévisions budgétaires afin de garantir la transparence, la cohérence et la rigueur des chiffres budgétaires ». pf
Destinations en Afrique du Nord
Luxair a présenté mercredi son rapport d’activité pour l’année 2025. Le résultat d’exploitation (avant intérêts et impôts) s’est élevé à 9,2 millions d’euros, soit une légère baisse par rapport aux 10,5 millions d’euros enregistrés l’année précédente. Le nombre de passagers est resté stable, à 2,6 millions. Dans le domaine du transport touristique, les destinations nord-africaines telles que l’Égypte et le Maroc ont été particulièrement prisées. Le renouvellement de la flotte devrait se poursuivre dans les années à venir. sm
Des besoins d’accompagnement accrus
Entre 2021 et 2024, le nombre d’élèves du primaire bénéficiant d’une mesure de soutien a doublé, passant de 1 383 à 2 770. Interrogé à ce sujet, le ministère de l’Éducation explique cette augmentation par d’importants investissements : les besoins spécifiques seraient identifiés plus tôt (dépistage précoce) et dans un spectre plus large qu’auparavant ; le recours à des enseignants spécialisés (I-EBS et A-EBS) dans les écoles ; des campagnes d’information et de sensibilisation, ainsi qu’une augmentation des effectifs et une formation continue. Le ministère de l’Éducation ne mentionne pas de raisons sociétales. Serge Allard, pédiatre et président de l’Association des pédiatres, explique quant à lui que cette augmentation est « multifactorielle » et qu’il n’y a pas de réponse simple. Il estime qu’il est essentiel d’éviter tout écran avant l’âge de trois ans et de limiter son utilisation au minimum jusqu’à l’âge de six ans afin de ne pas perturber le développement cérébral. sp
Méco contre Google
Le projet de centre de données de Google à Bissen est techniquement dépassé, comme l’a déjà souligné le Méco (d’Land du 3 avril 2026). Cette fois-ci, le mouvement a demandé, par l’intermédiaire de ses avocats, l’annulation de la procédure de consultation publique. La raison ? Google a invoqué une clause de confidentialité pour dissimuler certaines données (bilan énergétique, bilan carbone…). Le Méco exige également la publication de tous les avis des ministères et des administrations émis dans le cadre de la procédure. EN