« J’ai mal manipulé la souris »
Lorsque Tom Weidig, député de l’ADR, a « liké » une publication Facebook appelant à la lutte contre les « LGBTQ » et à leur élimination, le Parlement a réagi rapidement. Mercredi, une résolution contre la violence, la haine et la discrimination a été adoptée à l’unanimité, et l’ADR s’y est ralliée. Tom Weidig s’est empressé de présenter ses excuses, expliquant qu’il n’avait pas « liké » cette publication intentionnellement, mais dans le « feu de l’action », et que ce commentaire était « absolument inacceptable ». Interrogé par le journal *Land*, Tom Weidig a refusé de répondre hier, jeudi, en faisant valoir que la presse devait plutôt se concentrer sur la couverture de l’attentat présumé à Munich. L’association Rosa Luxemburg a porté plainte contre lui et contre l’auteur du commentaire. Récemment, Tom Weidig s’était également renseigné auprès du ministère d’État sur le langage inclusif et sur la manière dont certains ministères l’utilisent. La réponse du Premier ministre Luc Frieden a été brève et concise : chaque ministre décide lui-même comment et sur quel réseau social il communique. Le Comité national de l’ADR se penchera par ailleurs lundi sur une procédure disciplinaire à l’encontre de Tom Weidig en raison de son « j’aime » sur Facebook. Une exclusion du parti serait la sanction la plus sévère – mais cela affaiblirait la force du groupe parlementaire –, ce qui semble donc peu probable. (Photo : Sven Becker). SP
À l’attention du procureur
Le parquet a reçu un courrier du Parlement, émanant des commissions des institutions et du contrôle budgétaire. À la suite de la réunion conjointe avec la Cour des comptes le 13 janvier, ces deux commissions ont chacune adressé une lettre au président de la Chambre, Claude Wiseler, indiquant que le rapport annuel de la Cour des comptes suggérait que l’ADR et les Pirates enfreignaient la loi sur le financement des partis politiques. L’ADR, parce que ses candidat·e·s aux élections législatives de 2023 n’ont pas fourni de déclaration sur l’honneur concernant les dons. Les Pirates, parce qu’ils ont conclu un contrat de leasing pour une voiture destinée à une élue et que ce véhicule a également été utilisé à des fins privées. En janvier, on ne savait pas encore si le parquet serait informé : dans un premier temps, le bureau de la Chambre devait en discuter. Mercredi, le service de presse du Parlement a indiqué au journal « Land », à sa demande, que Claude Wiseler avait transmis les deux lettres au parquet. pf
BioCommission
La nouvelle composition de la Commission nationale d’éthique (CNE) a été rendue publique ce jeudi. À sa présidence, Daniel Becker (secrétaire général du Conseil économique et social) succède à Julie-Suzanne Bausch (professeure de philosophie), qui reste membre. Cette commission, créée en 1988 pour traiter des questions relatives aux sciences de la vie et de la santé, ne jouit pas d’une grande notoriété. Ses avis ont toutefois ponctuellement bénéficié d’une certaine visibilité, comme récemment lors des débats sur l’allongement du délai d’avortement ou, avant cela, pendant la pandémie de Covid-19. La CNE ne dispose que de très peu de moyens, mais explore néanmoins des domaines dépassant ses prérogatives initiales, comme elle l’a montré en 2024 en ébauchant quelques réflexions sur l’intelligence artificielle. Ce domaine en plein essor reste pourtant assez éloigné de l’expertise des membres du CNE. Si Fernand Reinig (ancien dirigeant du List) et Christophe Trefois (responsable technologique au Luxembourg National Data Service) travaillent avec ou autour de l’IA, le CNE ne compte aucun expert à part entière sur ce sujet qui occupe les esprits. pso
En français, s’il vous plaît
Après que le collège des échevins noir-bleu eut bloqué la proposition à deux reprises, les séances du conseil communal de la capitale feront l’objet d’une traduction simultanée en français à partir de la prochaine séance. François Benoy (Verts), membre du conseil communal, a expliqué qu’il s’agissait d’une revendication de longue date de son parti. Dans un souci d’intégration des 70 % d’habitants titulaires d’un passeport étranger, le parti d’opposition réclame également, à long terme, une traduction en anglais. PS
Au nord également
D’ici six à huit mois, un nouveau centre d’aide aux jeunes et aux toxicomanes devrait ouvrir ses portes à Ettelbruck, à proximité immédiate de la gare. Ce centre permettra aux toxicomanes de participer à des programmes de substitution à la méthadone et de se procurer de l’héroïne sous forme de comprimés. La décentralisation de l’aide aux toxicomanes suit ainsi son cours. L’année dernière, le maire LSAP Bob Steichen s’était prononcé contre la création d’une salle de consommation, au sens d’un « Fixerstuff », dans sa commune. (Photo : Sven Becker) sp
Karine Reuter,
notaire, a été condamnée ce jeudi à une nouvelle amende pour manquement à ses obligations professionnelles en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. D’un montant de 100 000 euros cette fois-ci. On lui reproche d’avoir autorisé des investissements immobiliers au Grand-Duché avec des fonds (plusieurs millions d’euros) susceptibles d’avoir été détournés de l’International Bank of Azerbaijan. Après Martine Schaeffer et Paul Bettingen, c’est le troisième notaire condamné dans le cadre de l’affaire Bashirov, du nom de l’homme d’affaires soupçonné d’avoir mis en place un réseau de blanchiment au Luxembourg entre 2007 et 2019 (d’Land, 8 novembre 2024). Les deux premiers avaient plaidé (photo : sb) coupable et obtenu une relative clémence (respectivement 60 et 70 000 euros d’amende). Lors des plaidoiries du 20 janvier dernier, l’avocate de Karine Reuter (absente), Lydie Lorang (qui est par ailleurs membre du Conseil d’État sous la bannière du CSV), avait demandé l’acquittement et invoqué l’inconstitutionnalité des obligations découlant de la loi anti-blanchiment de 2004. Dans sa décision, le juge Stéphane Maas constate l’absence d’évaluation des risques au sein de l’étude et, compte tenu des différentes révélations journalistiques identifiant l’Azerbaïdjan comme un pays à risque, considère que la notaire avait « de bonnes raisons de soupçonner qu’un blanchiment ou un financement du terrorisme était en cours ». Il a donc déclaré Karine Reuter coupable. La notaire s’est déjà vu infliger une amende la semaine dernière (par le même juge) pour un autre manquement à ses obligations de vigilance. Dans le cadre d’une vente de maison à Neudorf pour 200 000 euros que son étude avait tenté d’accélérer. L’intéressée dispose de quarante jours pour faire appel de ces deux décisions. pso