UEL absent
L’Union des entrepreneurs (UEL) n’a pas participé cette semaine au « KI-Dësch », que le Premier ministre Luc Frieden avait déjà qualifié auparavant de « KI-Tripartite ». Interrogé à ce sujet, son président, Michel Reckinger, a déclaré que l’UEL serait représentée par les chambres concernées (Chambre des métiers et Chambre de commerce). Le « KI-Dësch » démarre parallèlement à la campagne Ai4Lux, un partenariat entre l’entreprise technologique Mistral et le gouvernement luxembourgeois. Bien que le Premier ministre Frieden se présente principalement comme un techno-optimiste, il a toutefois déclaré il y a une semaine, lors d’une conférence de presse à Belval, qu’il n’était « pas naïf » : le gouvernement doit préparer le monde du travail à la transformation numérique – d’où la création du « KI-Dësch ». sm
Max Hahn,
Le ministre de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil (DP) a visiblement très mal pris les critiques de l’opposition concernant l’état de certains centres d’accueil pour réfugiés. Son interview de ce lundi dans le Wort se lit comme un ralliement à la ligne dure de Léon Gloden (CSV). Les centres d’accueil sont vétustes et malpropres ? Le ministre pointe du doigt « quelques brebis galeuses » parmi les résidents qui « ne reconnaissent ni ne respectent la solidarité luxembourgeoise ». L’interview se termine par une phrase ambiguë : « Nous nous réjouissons de chaque réfugié qui ne vient pas ici ». À un moment critique, Max Hahn bafoue certains principes fondamentaux du libéralisme. Ce qui ne manque pas de faire grincer des dents au sein de son parti.
Jeudi dernier déjà, Max Hahn déclarait à la Chambre qu’il il faudrait expliquer « dès le premier jour » aux demandeurs de protection internationale « qu’il est extrêmement difficile de s’en sortir au Luxembourg ». Instaurer des quotas pour obliger les communes à assumer leurs responsabilités, voilà ce qui reste en revanche tabou. C’est qu’il n’y aurait pas de bonne réponse à la question des sanctions qui s’appliqueraient aux communes récalcitrantes, estime M. Hahn. Puis de se lancer dans un raisonnement par l’absurde : « Devrions-nous alors réquisitionner ? Prendre la buvette du foot ? Le chalet des scouts ? Les salles de sport ? » Mieux vaudrait convaincre, estime M. Hahn, qui rappelle avoir visité de nombreuses communes. « Je pourrais regarder certains ici droit dans les yeux », a-t-il lancé aux députés-maires et députés-échevins. Or, Max Hahn semble, lui-même, assez mal placé pour donner des leçons. Entre 2011 et 2023, il a occupé le poste de premier échevin de Dippach, une commune qui ne dispose d’aucune structure d’accueil pour les réfugiés. Dernier argument du ministre Hahn : les quotas ne résoudraient pas le problème dans l’immédiat. Voilà ce que ses prédécesseurs ont également dû se dire… BT
Traversini condamné
L’affaire de la Gaardenhaischen coûte cher à l’ancien bourgmestre de Differdange, Roberto Traversini (Déi Gréng). Fin janvier, le procureur avait requis quatre ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et une amende. Le juge Maas a suivi ses conclusions dans les grandes lignes. L’écologiste, qui avait fait partie des favoris pour un poste ministériel à son apogée, a été condamné à trois ans de prison avec sursis, dix mille euros d’amende et l’interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans. Un jugement finalement assez attendu, compte tenu du fait que l’accusé avait reconnu tous ses torts. Pour sa défense, il avait invoqué le pragmatisme, arguant avoir agi pour sa commune et non pour son profit personnel. Mais des infractions, dont certaines graves, ont été commises (« faux commis par un fonctionnaire », « prise illégale d’intérêts », « détournement de deniers publics »…). « Le code pénal est le code pénal », a synthétisé le juge. La compagne de Traversini, impliquée dans un volet de l’affaire, a été condamnée à une amende de cinq mille euros. Ils disposent de quarante jours pour faire appel. en
Les aides au cinéma sans fondement juridique
Dans l’affaire opposant Nowhere Land Productions au Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (ou Filmfund), la Cour administrative a mis au jour une manœuvre frauduleuse. Le règlement du 4 novembre 2014 qui encadre les aides à la production est jugé « invalide » par l’instance présidée par Francis Delaporte. La motivation d’urgence invoquée par le ministre de tutelle de l’époque (Xavier Bettel, DP) pour se passer de l’avis du Conseil d’État « est largement inventée de toutes pièces », souligne l’arrêt rendu mardi. « Les auteurs du règlement grand-ducal, qui sont finalement essentiellement les mêmes que ceux du projet de loi (régissant le Filmfund, ndlr), auraient eu largement le temps de prévoir la situation et d’agir de telle manière que l’avis du Conseil d’État, manifestement nécessaire, soit sollicité en bonne et due forme », affirme l’instance administrative. Celle-ci n’est en revanche plus en mesure d’invalider directement le règlement (une fois le délai de trois mois écoulé). En revanche, toutes les décisions prises sur la base dudit règlement, y compris les aides à la production, peuvent être contestées. C’est la porte ouverte à tous les mécontents. Du coup, Nowhere Land Productions et son patron Willy Perelsztejn obtiennent la révision de la sanction prononcée par le FilmFund. Celle-ci doit être réexaminée par son directeur Guy Daleiden (d’Land, 28 février 2025). pso
La CNPD doit revoir sa copie concernant Amazon
La sanction historique infligée par la CNPD à Amazon est annulée, a décidé ce jeudi la Cour administrative. Le géant du commerce électronique ne devra donc pas payer 746 millions d’euros… pas pour l’instant, et certainement pas un montant aussi élevé. La Commission nationale de la protection des données doit revoir sa décision. L’essentiel des violations a été confirmé par la Cour administrative, mais la CNPD n’a pas vérifié l’existence d’une négligence avérée. Elle n’a pas non plus procédé à l’examen de la mesure la plus appropriée et s’est automatiquement orientée vers l’amende, estime la Cour. Il appartient désormais à la CNPD de déterminer quelles mesures prendre pour sanctionner les erreurs commises par Amazon, en tenant compte du fait qu’elles ont été corrigées entre-temps. pso
Pas avant 2035
L’accord de coalition entre le CSV et le DP stipule que le gouvernement doit faire progresser le développement des liaisons internationales. Comme l’a rapporté le journal « Land » il y a trois semaines, une liaison ferroviaire directe pourrait voir le jour entre Luxembourg et Mannheim via Sarrebruck – cette dernière gare étant un important nœud ferroviaire pour les trains ICE. En réponse à une question parlementaire posée par Yves Cruchten (LSAP), la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes (DP), a répondu cette semaine que cette liaison ne verrait le jour qu’en 2035 au plus tôt, et ce, à condition que tous les défis juridiques et techniques avec le pays voisin puissent être résolus. sm
Premier prix
La section luxembourgeoise d’Amnesty International a de nouveau décerné cette semaine le prix Amnesty Média à des professionnels des médias. Notre journaliste France Clarinval a remporté le premier prix dans la catégorie « Presse écrite » avec « Queer in Exile », un reportage sur les réfugiés LGBTQ au Luxembourg. Au total, une quarantaine de reportages ont été soumis dans trois catégories différentes.